Par bernard.kuchukian le 16/12/12

Je voudrais rappeler aux uns et aux autres l'art. 43 du traité de Rome, signé fin mars 1957, qui est le socle de l'Europe. Il institue la liberté absolue d'établissement dans les Etats de la communauté, qu'on appelle maintenant l'Union.

Au moment où il s'établit en Belgique, Gérard DEPARDIEU est Français et a donc le droit le plus absolu d'aller y vivre.

Soit dit au passage comme d'autres et notamment les propriétaires d'AUCHAN.

Le fait qu'il ait renvoyé son passeport n'est pas une déchéance de sa nationalité française, puisqu'un passeport n'établit surement pas la nationalité. Mais simplement la demande de libre circulation donnée à l'attention des autres Etats par un autre Etat au bénéfice d' un particulier.

Entre ça et le reste, on a quelquefois l'impression de grandes lacunes en droit constitutionnel et en droit des gens (comme disait dans le temps mon maitre Paul de GEOUFFRE de la PRADELLE).

Par bernard.kuchukian le 16/12/12

Je lis que Gérard DEPARDIEU a renvoyé son passeport et sa carte de sécurité sociale au premier ministre qui l'a traité de minable.

Il lui rappelle parait-il dans une lettre ce qu'il a payé en impôts directs depuis qu'il est contribuable. Du coup, j'ai fait mes calculs approximatifs, je dois être à deux ou trois pour cent de DEPARDIEU. C'est déjà pas mal. Enfin pour moi.

J'ignore si DEPARDIEU a lu mon billet d'il y a quelques jours, mais toute la suite de son histoire y est écrite.

Il n'y a donc plus pour DEPARDIEU qu'à se faire relever de ses devoirs d'allégeance envers la France, et à devenir ce qu'il voudra. Il ne manque pas d'Etats plus fiscalement sérieux que le notre dans le monde d'aujourd'hui.

C'est quoi la France d'aujourd'hui : un pays dont la seule activité est de pleurer sur toutes variétés de misères, et de fustiger tous ceux qui dénoncent la compassion institutionnellement organisée.

Par bernard.kuchukian le 15/12/12

Alors que la question n'a rien de nouveau (on l'avait traitée une des fois où le bâtonnier Dominique MATTEI m'avait invité à la commission pénale et l'avait dénoncée en termes techniques de haute qualité, avant l'O.I.P.), je refuse d'entrer dans le détail de l'affaire, mais la récente décision administrative sur l'état de la maison d'arrêt des Baumettes, comme toute autre décision à propos d'un autre établissement pénitentiaire, doit conduire aux observations suivantes.

LOCALEMENT :

1°. Elle permet et je l'en complimente, à un bâtonnier, celui sortant de Marseille (encore 15 jours à tenir) de déclarer à la presse locale (La Provence du 14 décembre) : « nous avons honte de cette administration (...) et encore « quelle honte ».

Comme il est le bâtonnier et que donc, n'est-ce pas, il est la vérité faite homme par mandat de deux ans, c'est qu'il dit de l'administration de la République qu'elle est honteuse. Et que ce n'est pas une atteinte à la règle de la délicatesse dont l'avocat serait débiteur. Dont acte.

Il a bien raison.

Sauf que je lui rappelle que c'est moi qui le lui ai appris. Quoi, seul le bâtonnier (Primus inter pares) serait-il libre de s'exprimer ?

2°. Car la liberté totale de l'avocat quel qu'il soit, est incompatible avec cette notion de délicatesse. Et doit lui permet notamment sans entrave et sans qu'on puisse lui faire reproche de manquement de dire et écrire par exemple que les barreaux de France ont tous été honteux sauf celui de Bastia, lorsque seul ce dernier est allé au Conseil constitutionnel pour critiquer avec succès au surplus, en compagnie de mon ami Philippe KRIKORIAN, les textes de la garde à vue en matière de terrorisme et la création des « super-avocats (décision n° 2011-223 QPC du 17 février 2012).

Et aussi par exemple, sur un sujet à peine moins grave, de dire quelle que soit la forme de l'expression, que les juges consulaires manquent d'impartialité font une concurrence inadmissible aux avocats en matière de prévention au point que la conséquence correspondante est dans leur saisine d'office déclarée inconstitutionnelle la semaine dernière (décision n° QPC 2012-286 du 7 décembre 2012).

3°. Je lui demande en conséquence, comme le dernier acte de son bâtonnat, d'abandonner sur le champ par voie de désistement d'instance et d'action ses poursuites disciplinaires contre moi parce que j'aurais mal parlé...

NATIONALEMENT

4° Quant au reste, INFINIMENT SUPERIEUR , il renvoie une fois encore le peuple de ce pays à ses contradictions permanentes.

On ne peut pas premièrement accueillir toute la misère du monde, du Tiers-monde, y compris les exclus dont les payés d'origine ne veulent pas parce que même là-bas ils seraient des droits communs. Au nom de l'immigration sans contrôle et sans intelligence, par principe, pour dire le contraire de l'intelligence. Car, que vous le vouliez ou pas, les statistiques sont là, la sur population carcérale de ce pays est majoritairement en rapport avec ces ratées de l'immigration. Ce qui doit bien vouloir dire quelque chose en termes d'inadaptation à la société.

Et on ne peut pas, deuxièmement, faire traiter cette question par l'administration pénitentiaire, qui deviendrait l'administration des balais, et la poubelle de la société.

Car alors, il faudrait au moins lui donner les moyens de cette politique.

Et troisièmement, on ne peut pas alors, sans se contredire, critiquer le manque ou l'absence de moyens pour la gestion des prisons.

Parce que le Français moyen, celui qui s'indigne quand on parle de contrôler l'immigration, ou à la fois de sanctionner certains délinquants, ou du laxisme lorsque d'autres délinquants en ont trop fait, ce Français moyen est le même qui s'indigne aussi de payer pour construire et entretenir des prisons.

Lui qui est le premier à souhaiter qu'on envoie en prison les délinquants surtout quand ils ont commis des actes si graves qu'ils font la une de la télévision.

Et à critiquer quand on ne met pas en prison.

Il faut être cohérent, vivre avec sa tète et pas avec ses nerfs, et faire fonctionner son cerveau autrement que pour amuser la galerie de la presse en manque de tirage. Et ainsi rechercher le sensationnel.

Par bernard.kuchukian le 13/12/12

Parce qu'il est riche, et qu'il va transférer sa résidence dans un pays de l'Union pour ne pas payer l'ensemble de ces impôts que les masses populaires font supporter aux riches.

Mais enfin, voyons, c'est idiot, absurde. Je vais être très grossier, il parait que le mot est grossier, c'est parfaitement con.

Suivez-moi. Je suis Français, très riche (pas moi, mon exemple). Alors on me retire la nationalité française.

Là deux hypothèses.

Où j'en trouve une autre de remplacement, dans un pays tranquille où on paie peu d'impôts. La Belgique, ou Andorre. Tiens, c'est bien Andorre. Sauf qu'évidemment, c'est compliqué d'accès, il y fait froid, et on en a vite fait le tour (je signale au passage que le secret bancaire andorran est l'un des meilleurs du monde). Et puis le seul impôt direct est payé par vos héritiers : c'est en effet celui qu'on acquitte pour être enterré.

Ou bien, je n'en trouve pas. Je suis alors apatride, quel bonheur, mais bourré. Ne me faites pas écrire ce que je n'écris pas. Mon exemple est bourré ... de fric. Il n'a pas besoin de sa carte d'apatride pour toucher les prestations sociales que la France accorde si généreusement à tous ceux qui passent ici.

Ensuite, je prends mon fric, ma grosse voiture (là bas on aime cela), je m'achète un appartement à Monte-Carlo, c'est très cher, mais je suis très riche. J'ai de très gros revenus. Jamais je ne serai pauvre. Et je deviens résident monégasque. Salut la belle vie. Pas d'impôt direct (sauf le droit de plaque sur ma voiture et la vignette auto, quelques centaines d'euros l'an).

Mais ce machin là est interdit si je suis Français.

Oui, mais je ne suis plus Français, alors c'est bon. Je profite donc des mêmes avantages que les Italiens, les Allemands, tiens les Israéliens.

On m'a rapporté que de très riches Juifs de Tunisie, délaissant sagement la nationalité française, avaient pris, avec la loi du retour, celle d'Israël. Et puis, avec leurs passeports israéliens, et surtout leur fortune, avaient pu s'installer comme résidents-sans-payer-d'impots en principauté, ce qui leur était interdit tant qu'ils étaient Français.

Bref, retirer la nationalité française à un très riche, c'est lui rendre un très grand service.

Rêvant à la fortune que je n'aurai jamais, j'avais imaginé la même chose.

M'appelant KUCHUKIAN, j'aurais renoncé à mes devoirs d'allégeance (ça s'appelle ainsi) envers la France, j'aurais pris automatiquement la nationalité de la République d'Arménie - du coup il m'aurait fallu apprendre l'arménien- puis j'aurais acheté un appartement à Monte-Carlo, et y aurais transféré mon bien.

Finalement, cette histoire est tout à fait idiote. Toute l'Europe pardon le monde tout entier est en effet un paradis fiscal à coté de la France.

Avec des mieux, le Portugal, l'Espagne, l'Irlande, la Belgique, voire l'Italie.

Par bernard.kuchukian le 04/12/12

Le siège parisien du parti communiste est entièrement drapé de noir.

L'admiration pour l'ancien dirigeant soviétique n'est pas cantonnée aux fidèles communistes. Elle s'étend à une grande partie de l'opinion publique.

À la Chambre des députés, à Paris, le président Édouard Herriot réclame une minute de silence en mémoire du vainqueur d'Hitler et du modernisateur de l'Union soviétique. Seuls deux députés refusent de se lever (Note du rédacteur : deux déjà, c'était peu, mais c'était l'époque).

Partout en France sont organisées de larges réunions publiques d'hommage à Staline, des arrêts de travail. Ce fut le cas particulièrement dans le département de Seine-Maritime : certains mouvements, comme ceux des travailleurs des ports de Rouen, du Havre et de Dieppe, des cheminots de Sotteville-lès-Rouen, des traminots du Havre, de plusieurs écoles et lycées, furent largement suivis.

Le titre de l'édition spéciale de L'Humanité qui annonce la mort de Staline : « Deuil pour tous les peuples qui expriment dans le plus grand recueillement leur amour pour le grand Staline ». Le journal communiste consacre plusieurs pages à l'évènement produisant des articles de Jacques Duclos, Maurice Thorez, des textes de Staline, Malenkov, l'éditorial de la Pravda, et une page entière sous le titre « Staline, notre maître en socialisme ».

Le 12 mars, Les Lettres françaises publient en première page un portrait de Staline par Picasso. Celui-ci représentant Staline jeune provoque les foudres de Louis Aragon et du PCF qui reprochent à Picasso de n'avoir pas traité le défunt avec assez de réalisme : « on peut inventer des fleurs, des chèvres, des taureaux, et même des hommes, des femmes - mais notre Staline, on ne peut pas l'inventer. Parce que, pour Staline, l'invention - même si Picasso est l'inventeur - est forcément inférieure à la réalité. Incomplète et par conséquent infidèle. » (Aragon). Cette polémique très vive à propos du réalisme soviétique porte le nom d'affaire du portrait.

Le Monde titre « Le maréchal Staline est mort » sur cinq colonnes et consacre quatre pages à l'événement. Dans un éditorial intitulé « L'homme et son héritage » on peut lire : « Staline restera sans doute l'homme qui a réconcilié la Russie et la révolution au point de les rendre inséparables. Elle a aussi permis à l'homme de remporter sur la nature quelques-unes de ses plus magnifiques victoires. »

Le journal Combat évoque « l'humble fils de paysan devenu (...) le chef incontesté et vénéré de 200 millions d'hommes » et note que « l'immense Russie est devenue une grande puissance militaire dont l'influence a gagné des continents entiers ».

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P.S. Joseph STALINE était Géorgien. J'aime les Géorgiens (je le suis pour un huitième par une Géorgienne).

Par bernard.kuchukian le 03/12/12

Cette compassion morbide, d'origine religieuse, soumise et disciplinée, il y en assez lorsqu'elle s'applique aux victimes d'actions violentes.

Car le silence est alors celui qui consiste à subir la violence des autres, surtout sans protester. A baisser la tète. A permettre finalement que ça recommence.

Alors que justement, il faudrait s'exprimer, protester, dénoncer, accuser. Le Talion,

« Mais si malheur arrive, tu paieras vie pour vie, oeil pour oeil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure. »

-- Exode 21,23-25

Par bernard.kuchukian le 24/11/12

Déjà, j'imagine mes détracteurs de l'ombre se dire, « ça y est, on l'a, il tient des propos racistes ».

Et bien, ils vont en être une fois encore pour leurs frais.

Figurez vous en effet qu'une proposition de loi est quelque part actuellement sur le bureau d'une des deux assemblées parlementaires, tendant à obliger désormais à décompter les votes blancs (soit rien dans l'enveloppe lors du vote), bien à part des nuls.

En voilà une bonne idée : les blancs, je n'ai pas mis de majuscule, c'est fait exprès (1), ne seraient plus nuls. Quel fantastique progrès ce serait.

Regardez déjà au barreau de Marseille le résultat du vote tout récent du bâtonnier nouveau, qui prendra ses fonctions le 1er janvier prochain.

Erick CAMPANA (tiens, j'ai oublié de le féliciter sur mon blog, je le fais maintenant, bravo Erick, et bon courage).

Il a fait, grosso modo, 80 % des voix d'un vote qui aurait du être une promenade, 10 % environ à KRIKORIAN, et 10 % de ... blancs et nuls. Pour avoir ouvert les enveloppes au dépouillement, je puis vous dire qu'il y avait beaucoup plus d'enveloppes vides que de bulletins nuls.

Je n'ose pas rappeler ici le score des blancs, en millions d'enveloppes vides, lors de la dernière élection présidentielle. Les puristes pouvaient aussi se découper un rectangle de papier blanc avant d'aller voter. J'en connais.

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(1) C'est important la minuscule ici, au contraire du célèbre billet de l'immense humoriste que fut Alphonse ALLAIS, vous savez celui qui voulait entre autres choses construire des villes à la campagne. Et souhaitait protéger de l'humidité la conservation des hypothèques. Il avait surtout cité un député de Salon (de Provence) et prié la composition de son journal de bien veiller à la majuscule, parce qu'écrire : « député de salon », sans la majuscule, l'aurait peut être exposé à une plainte de l'honorable parlementaire.

Par bernard.kuchukian le 08/11/12

Voici maintenant deux ans que ma nièce Isabelle m'offre à mon anniversaire le 31 aout, un roman qui devient un peu plus de deux mois plus tard le prix Goncourt.

L'an dernier, c'était « l'Art français de la guerre. »

Cette année, c'est « Le sermon sur la chute de Rome. »

Ou je vieillis, ou il y a autre chose, mais franchement je trouve ces romans illisibles.

Ni le geste ni le nez littéraire de ma nièce n'y sont pour rien, c'est sur.

Coté jurés Goncourt, c'est à revoir peut être.

Merci Isabelle en tout cas.

Par bernard.kuchukian le 05/11/12

Vous voyez qu'on avait bien raison de les « titiller ». Moi et d'autres.

Cette fois-ci, c'est celui de BORDEAUX, qui ne veut pas être en reste par rapport à TOULOUSE, tant il est vrai que BORDEAUX est plus prestigieuse que la populaire TOULOUSE, et que d'ailleurs le Tribunal de commerce y siège dans un palais consulaire superbe construit par GABRIEL. Tandis qu'à TOULOUSE c'est petit et près du marché...

La Q.P.C. est désormais arrivée à la COUR DE CASSATION, et on attaque maintenant les caisses des congés payés du bâtiment et des travaux publics. Un ENAURME gâteau.

Voici.

1°- « Les dispositions de l'article L 3141-30 du Code du travail, en tant qu'elles sont de nature à permettre d'imposer un maintien d'affiliation obligatoire de l'employeur auprès d'une caisse de congés payés alors même que l'entreprise aurait changé d'activité et ne relèverait plus des secteurs professionnels concernés et que l'ensemble de son personnel relèverait d'une convention collective autre que celles du bâtiment, sont-elles conformes au principe d'égalité et au droit de propriété privée garantis par la Constitution » ?

2°- « En n'encadrant pas suffisamment le dispositif de l'article L 3141-30 du code du travail et en confiant ainsi au pouvoir réglementaire la détermination des professions, industries et commerces concernés sans définir aucunement le domaine et les principes d'une adhésion forcée aux caisses de congés payés, le législateur a-t-il méconnu sa compétence et porté une atteinte disproportionnée au principe d'égalité et au droit de propriété privée au regard des objectifs poursuivis ainsi qu'au principe de prévisibilité de la règle juridique garantis par la Constitution ? »

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Non, Monsieur RICHELME, non, je ne déblatère pas. Je me bats. Et d'autres aussi.

Par bernard.kuchukian le 18/10/12

L'édition papier de Newsweek sera terminée le 31 décembre prochain. Grand signe, après d'autres.

Je ne sais pas ailleurs, et il n'y a aucune raison que ce soit différent, je constate que les kiosques à journaux de Marseille ferment les uns après les autres. Et des gros : celui devant la Banque de France, qui n'a pas même trouvé d'acheteur, le grand magasin de presse, le plus grand de Marseille, quai des Belges, transformé en glacier.

La presse, spécialement celle écrite, est en grande crise. Le phénomène a bien commencé outre atlantique, où les kiosques sont inexistants.

Il restera les Voici, Gala and co., qu'il faudra traquer, la presse technique sur abonnement.

Et les quotidiens locaux, à acheter chez le boulanger ou à la station service ou chez le marchand de légumes, peut être, pour les avis de décès (qu'on ne peut pas mettre en ligne), les faits divers, les annonces immobilières (mais il y a des gratuits), le P.M.U. et le sport. Encore que les mordus s'abonneront à l'Equipe, et encore peut être en ligne.

Voici le P.A.F. français dans peu de temps.