Nov
05
De l'intérêt des plaidoiries en droit de la famille

Les plaidoiries sont pour le profane, la quintessence du travail d'avocat. En réalité ce n'est plus le cas aujourd'hui et l'avocat fournit un gros travail d'étude et de recherche, ainsi qu'un suivi important du client mais les plaidoiries restent un moment important du dossier, tant objectivement que subjectivement.

Pour le client, les plaidoiries sont fondamentales, elles permettent de présenter son vécu, la réalité de sa situation, de réagir à l'attitude de l'autre si c'est nécessaire.

Pour le tribunal, les plaidoiries présentent le dossier, lui en donnent une image, lui permettent le cas échéant un échange éclaircissant des points que les écrits n'avaient pas pu faire apparaître.

Il est possible oralement de dire des choses que l'on ne peut écrire, de l'ordre souvent du ressenti.

En outre, plaider c'est aussi l'occasion pour les dossiers très complexe, de présenter les choses différemment de sorte que le juge ait plusieurs éclairages.

Mais surtout, c'est selon le type d'audience que changent les plaidoiries et il faut un vrai rapport de confiance entre l'avocat et son client.

Car si dans un divorce au fond, on plaide sur la base des arguments échangés préalablement, sans surprise, il en va différemment des audiences de non conciliation, de référé, ou d'enfants naturels. Là c 'est l'échange qui créé la plaidoiries et si l'on a un canevas avant de partir du cabinet, il faut l'adapter en fonction de la situation, des réactions des uns et des autres, pour bien faire comprendre la position du client.

C'est un exercice que j'aime pratiquer, il nécessite une grande concentration et une connaissance parfaite de son dossier et de la matière pour ne pas se faire surprendre. C'est un moment d'adrénaline ou il ne faut jamais se départir du respect du client, des personnes présentes et concernées.

Pour le client présent c'est un moment fort et douloureux, il a besoin de l'aide et du soutien de son avocat et, comme l'a rappelé récemment (ici) un lecteur de ce blog, cela joue fortement sur le moral de l'époux, du parent concerné.

Être un plaideur, c'est aussi en avoir conscience et savoir s'adapter au besoin particulier de chaque client, de chaque dossier tout en gardant sa combativité.

Commentaires

c'est la touche en plus, ce qui fera vibrer ou réagir et permet d'instaurer un débat à qui n'en veut pas aussi !

Nom: 
Kat Bel
Site: 
http://

Comme vous le dites fort bien, c'est un moment crucial que celui de la plaidoirie.

Malheureusement, mon avocate ne m'inspire aucune confiance, n'est d'aucun soutient d'aucune sorte, et n'est absolument pas intéressée par mon dossier, que finalement, personne ne connaît mieux que moi.

Ai-je le droit de plaider moi-même le jour de l'audience si je le souhaite?

Si oui, dois-je en informer officiellement à l'avance l'avocate? La partie adverse? La JAF?

Par ailleurs, la date d'audience obtenue par l'avocate lui "appartient"-elle ou à son cabinet? (Si je décide de ne pas continuer de travailler avec elle, devrais-je reprendre date avec la JAF et tout recommencer à zéro?)

Merci pour votre blog, informatif et vivant.

Nom: 
Omega
Site: 
http://

Pour ce qui est de plaider alors que votre avocat ecoute, cela doit etre possible, mais je crains que cela manque d'efficacite.

Pour autant que je comprenne votre situation, je vous conseille de changer d'avocat au plus vite. Commencez par en contacter un autre, en lui indiquant la date de l'audience (qui n'appartient en aucune maniere a votre avocate actuelle) afin d'etre sur qu'il soit libre a cette date. Votre nouvel avocat contactera alors l'ancien qui lui fera parvenir le dossier. Aucun probleme dans cette operation.

Mais ne perdez surtout pas de temps, et ne sous-estimez pas l'importance de l'avocat lors d'une audience.

De plus, rien ne vous empeche de vous exprimer durant l'audience. Indiquez a votre avocat que vous pouvez avoir envie de vous exprimer : il pourra chosir le bon moment durant l'audience pour vous proposer de vous exprimer.

@Omega a raison, changez d'urgence d'avocat car la confiance est un impératif entre un avocat et son client.

Quand à plaider à sa place, tout dépend de la procédure concernée. En divorce ou à la Cour non, pour le reste en principe oui.

La date d'audience "n'appartient" pas à l'avocat, elle est liée au dossier donc vous pouvez faire ce que vous voulez et mettre fin à votre collaboration avec cet avocat librement.

Nom: 
HOFFMANN
Site: 
http://HOFFMANNMARTINE@AOL.COM

L'audience de plaidoirie à la suite de la demande de divorce de mon époux est fixée au 27 de ce mois, J'avais l'intention d'y assister mais mon avocate s'y oppose prétextant que c'est une audience formelle qui n'est pas ouverte aux particuliers. Donc il ne sert à rien de se déplacer puisse je ne pourrais pas être présente aux débats. Quels conseils pourriez-vous me donner ? MERCI A L AVANCE

Nom: 
el vautour
Site: 
http://

d'expéricne c'est trés frustrant , parfois traumatisant et vous risquez de vous nuire. si vous voulez être utile relisez bien vos conclusions donner des billes à votre avocat. Vous risquez de vous traumatiser et de perdre du temps tout en ne pouvant rien faire pour faire avancer vos théses.

Nom: 
Information
Site: 
http://

Sans vouloir généraliser, beaucoup d'avocats ne veulent pas de notre présence lors de ces plaidoiries.

Selon ce que j'entends et ce que je sais et à moins d'être caractériel, il est toujours préférable d'y assister. Le Juge pourra éventuellement vous poser des questions, sinon au moins savoir qui vous êtes, mettre un visage sur un dossier, ce n'est pas négligeable. Malgré l'avis contraire de mon avocat, j'y ai moi-même assisté et je ne le regrette pas.

Aujourd'hui j'ai récupéré mon dossier mais je regrette de n'avoir pas changé d'avocat plus tôt.

Pourquoi donc ne voudrions nous pas de votre présence, bien au contraire. Vous pouvez ainsi mieux comprendre ce qu'est une audience, sa réalité, ce que nous y faisons et comment vous avez été défendu. Vous savez exactement ce qui a été dit...

Ce sont souvent nos clients qui ne désirent pas venir, pour éviter de se confronter à l'autre.

En ce qui me concerne vous êtes les bienvenues, c'est votre affaire, votre vie, votre famille, il est normal que, premier concerné vous soyiez présent.

En ce qui concerne les magistrats, je ne pense pas que la présence soit un réel facteur de décision car ils savent que pour beaucoup c'est un exercice moralement douloureux et qu'en ces temps difficiles il n'est pas toujours aisé de prendre une demi-journée de travail (voire plus) pour se déplacer à l'audience.

Une seule règle, être calme, posé, respectueux.

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