Par brigitte.bogucki le 03/11/09

Le Ministère de la Justice vient de publier le rapport 2009 des chiffres clés de la Justice (que vous pouvez télécharger ci-dessous).

En droit de la famille, on apprend qu'en 2008 il y a eu

369 396 Saisines du juge aux affaires familiales

dont 57 218 Demandes postérieures au divorce [autorité parentale, contribution à l'entretien, droit de visite, ...]

137 682 Demandes relatives aux enfants nés hors mariage [autorité parentale, obligations alimentaires, droit de visite, ...]

132 594 Divorces prononcés dont 70 235 Par consentement mutuel

Par brigitte.bogucki le 03/11/09

Ce phénomène, nouveau en France, dont j'ai déjà parlé ici, a fait l'objet au Canada d'une étude très complète en 2005 que vous pouvez lire ici ou télécharger ci-dessous en version PDF.

Par brigitte.bogucki le 28/09/09

Il appartient aux parents, co-titulaires de l'autorité parentale, de décider de la pratique religieuse éventuelle de leurs enfants. Cette décision doit bien entendue être commune.

En cas de désaccord entre les parents séparés, le juge devra trancher en tenant compte notamment (mais pas seulement) de ce qui se passait durant la vie commune.

C'est pourquoi il est souhaitable lors d'une séparation ou d'un divorce de prendre en compte les pratiques religieuses existantes et de les prévoir.

Par brigitte.bogucki le 26/09/09

Nous parlons ici des époux en cours de divorce ou divorcés qui ont un domicile conjugal qui leur appartient, en commun ou en indivision qui va être occupé par l'un d'eux.

Comme je l'ai déjà expliqué ICI, le juge lors de l'ordonnance de non-conciliation va octroyer la jouissance du domicile conjugal et déterminer si cette jouissance est payante ou onéreuse.

La particularité de la jouissance à titre onéreux, est ... de ne pas être payante immédiatement. En effet, le juge dans ce cadre ne peut déterminer le montant de l'indemnité due. Donc le principe est posé mais ne sera mis en application qu'ultérieurement, après le divorce. Et il est impossible, sauf accord entre les époux, d'en déterminer précisément le montant.

Et même lorsque cette jouissance est gratuite, elle ne le reste que durant la procédure de divorce, donc après c'est onéreux.

En parallèle, il est également fréquent que le juge prévoit que l'époux qui n'y demeure pas soit tenu au paiement du crédit, mais à charge de remboursement ultérieur.

Enfin, fréquemment, l'époux dans les lieux ne se sent pas obligé, parfois par manque de moyen, de participer aux charges de copropriété ou aux paiements des taxes foncières; mais il ignore qu'à terme ces sommes lui seront demandées.

C'est au moment de la liquidation du régime matrimonial que la dure réalité apparaît et, plus l'occupation a duré, plus dure est la chose. En effet, c'est l'heure des comptes. On calcule donc les indemnités d'occupation mensuelles, les remboursements de crédit, les charges et taxes avancées ... et on retire la somme de la part de l'époux.

C'est la maison de pain d'épices, petit à petit le conjoint qui est resté dans la maison a grignoté sa part, sans toujours s'en rendre compte et à force il va percevoir beaucoup, beaucoup moins qu'il ne croyait.

Il faut donc être très conscient du coût réel d'une occupation du domicile conjugal et en mesurer les conséquences avant de la poursuivre trop longtemps.

Par brigitte.bogucki le 25/09/09

Il est possible lors de l'audience de conciliation d'accepter le principe du divorce, je l'ai déjà expliqué.

Mais il faut savoir parfois être prudent et le juge aux affaires familiales se doit d'être particulièrement attentif à la compréhension par le justiciable de ce qu'il accepte.

Ce n'est pas un credo, c'est un choix qui doit être libre et éclairé.

Il faut savoir être à l'écoute de la personne qui se trouve stressée par l'audience, qui n'a aucune connaissance du monde judiciaire ni de son langage et pour laquelle il est parfois difficile de répondre non à un juge qui insiste.

Alors aujourd'hui, pour la première fois de ma carrière j'ai poussé une cliente à refuser de signer ce procès verbal. C'est une femme intelligente mais qui est en grande souffrance et très stressée par sa situation actuelle, au point de perdre tous ses moyens. Lorsque nous en avions parlé à mon cabinet, elle voulait faire reconnaitre les fautes de son époux, cela lui semblait nécessaire à sa reconstruction. A l'audience elle ne savait plus, le juge insistait sur l'intérêt supposé de cette acceptation et tentait de faire pression en utilisant un langage technique et juridique.

Elle semblait perdue, ne comprenait pas si cela allait jouer sur ses demandes en conciliation, n'osait pas.

Mon rôle d'avocat est d'aider mes clients à prendre des décisions en toute liberté, c'est pourquoi je lui ai conseillé de refuser de signer, d'attendre d'avoir mûrement réfléchi puisque cette acceptation peut se faire plus tard.

Par brigitte.bogucki le 24/09/09

Ca y est, vous avez entre les mains le jugement de divorce tant attendu, ouf, c'est fini...enfin presque.

Tout d'abord il faut que le délai de contestation passe. Pour cela soit vous êtes d'accord et vous signez un acte d'acquiescement, soit la décision est notifiée par huissier pour faire courrir le délai.

Une fois le délai passé, il faut demander un certificat de non appel (ou de non pourvoi selon les cas) ce qui permet de s'assurer que la décision est définitive.

C'est fait, vous voilà réellement divorcé.

Mais ce n'est pas tout à fait fini. Il faut encore faire transcrire à l'état civil ce divorce pour qu'il soit opposable au tiers.

Le travail de l'avocat qui se charge de votre divorce s'arrête là, ensuite vous pouvez également lui confier le suiver de vos opérations de liquidation de régime matrimonial car c'est un droit très complexe. Vérifiez qu'il connait bien cette matière, différente du divorce et n'hésitez pas à le consulter car les erreurs en cette matière coûtent cher.

Par brigitte.bogucki le 22/09/09

La justice n'est pas juste car ce n'est pas son rôle m'a t'on appris à la fac. La justice serait une sorte de ciment social, conforme à la société dans laquelle elle vit. Exit le rôle de Zorro redresseur de torts, nous ne serions que de l'huile dans les rouages de notre société.

Cette phrase m'avait frappée et j'y repense chaque fois qu'un parent vient désespéré de savoir que l'autre parent a décidé de déménager loin et qu'il risque de ne plus voir ses enfants, chaque fois que je suis obligée d'informer un conjoint qui vient d'apprendre qu'il est "remercié" qu'il n'y a en réalité quasi aucune conséquence à la faute et que le divorce est inéluctable si l'autre le désire.

Les lois récentes en droit de la famille tentent de calmer les différends, et c'est une excellente chose. Mais oublier la réalité psychologique de ceux qui souffrent c'est aussi prendre le risque d'une escalade différente mais tout aussi violente.

Le sentiment d'injustice est parfois pour le justiciable d'une telle force qu'il a besoin d'en appeler à Justice, et si cela n'est pas possible, il peut alors entrer dans une véritable guérilla familiale, dont les enfants sont souvent les plus grandes victimes.

La "mode" législative est à forcer les gens à être raisonnable, on envisager le recours forcé à la médiation et l'on nie purement et simplement les douleurs morales que causent une séparation.

S'il est clair qu'il est souhaitable de pacifier les relations et que le rôle de la justice (et de l'avocat) n'est surtout pas de "mettre de l'huile sur le feu" mais au contraire d'appeler à la raison et de calmer les esprits autant qui possible, il n'en demeure pas moins que l'on ne peut ignorer la réalité psychologique d'une famille et qu'il serait parfois plus judicieux de circonscrire le débat au lieu judiciaire plutôt que d'amener la famille entière dans l'arène, chacun devenant un gladiateur involontaire.

Par brigitte.bogucki le 21/09/09

Tant qu'aucune decision judiciaire n'est rendue, il n'existe pas de règles spécifiques entre les époux qui se sépare. C'est la loi du plus fort ou celle de la raison.

Il est évident que les décisions à prendre dans cette période délicate seront lourdes de conséquences pour la famille et les finances d'autant que l'on ne peut forcer l'autre à rien.

Il est donc impératif de prendre au plus vite conseil d'un avocat spécialiste du droit de la famille pour déterminer ce qui est faisable et les risques inhérents aux choix envisagés.

Par brigitte.bogucki le 11/09/09

Je sais, c'est regrettable mais c'est ainsi. Demander à un avocat de vous défendre ne vous exonère pas de lui fournir les explications factuelles et de lui transmettre les éléments écrits permettant de justifier de vos arguments.

Pour défendre un dossier, l'avocat doit impérativement s'appuyer sur des documents, des preuves écrites qui doivent lui être fournies par son client et ne peuvent l'être que par lui car, l'avocat n'a aucun pouvoir pour faire des recherches ou obtenir des documents quels qu'ils soient d'une quelconque autorité et dans les affaires civiles, le juge ne fait pas non plus de recherches.

Il n'est donc pas possible de se contenter de dire: "le juge n'a qu'à demander à (la banque, la ville, l'hôpital, ...)" car ni l'avocat ni le juge ne peuvent le faire. Il appartient donc au client d'apporter à son avocat tous les éléments justificatifs, attestations, relevés, documents, ...

Sans eux rien n'est possible car le juge pour statuer favorablement doit impérativement avoir les documents justificatifs des arguments soulevés.

A vous de voir...

Par brigitte.bogucki le 09/09/09

A un moment ou un autre, il faut discuter du divorce avec son conjoint, non seulement du principe lui-même mais encore des conséquences sur les enfants, les biens, le quotidien...

C'est chose difficile, terrible même et les craintes concernant les conséquences juridiques de chaque chose n'aident pas. Mais y arriver c'est faire un pas vers l'amiable, si tel est votre souhait, il faut donc essayer.

Quelques règles simples peuvent vous y aider.

Avant tout, voyez votre avocat pour faire le point de vos droits et obligations, de vos forces et de vos faiblesses. N'hésitez pas à lui parler à coeur ouvert, honnêtement, de vos craintes quelles qu'elles soient. Plus vous aurez d'information objective, plus vous vous sentirez à l'aise pour discuter.

Lorsque vous discutez avec votre conjoint, évitez les règlements de compte, parlez à la première personne (je désire, je ressens, et non tu ceci, tu cela...).

Faites des propositions raisonnables mais toujours oralement, n'écrivez rien sans l'avoir préalablement soumis à votre avocat pour accord, vous pourriez le regretter ultérieurement.

Si vous bloquez sur un point, mettez-le de côté et proposez qu'il soit discuté avec les avocats.