Par brigitte.bogucki le 18/11/07

Etre avocat n'est pas exclusif de loisirs et lectures comme on peut le voir parfois, sur le site des uns et des autres.

Je suis fan de science fiction et de fantastique depuis toujours et cela m'a amené très naturellement à lire, pour voir, le premier volume d'Harry Potter.

Quelle excellente surprise, amusant, enlevé, sympathique, j'ai été séduite (je ne suis pas la seule, j'en suis consciente) et depuis, je suis une lectrice assidue.

C'est donc naturellement que j'ai acheté, dès sa sortie en Français (car mon anglais magique est insuffisant), le dernier opus de la série, qui ne m'a en rien déçue.

En parlant autour de moi, je me suis apercue, avec une certaine surprise, qu'il y a en gros, notamment chez les confrères, deux "camps": les pour, qui attendaient la sortie du numéro 7 avec fébrilité et ce sont jetés dessus et les "adultes" qui nous regardent comme des dégénérés, légèrement débiles de s'interesser à ce qui doit rester de la littérature enfantine à notre âge...

Ces derniers bien entendu, ne se sont même pas donné la peine de lire (ou au moins d'essayer) l'ouvrage qu'ils critiquent ainsi.

Le seul fait d'avoir une activité qui ne leur paraisse pas digne de la double qualité d'adulte et d'avocat est rédhibitoire...quelle tristesse.

Je suis adulte, ca n'est pas un choix mais un état et mon vieillissement inéluctable ne saurait être une cause de fierté ni de contentement d'ailleurs. Je ne raisonne plus comme à l'adolescence et j'ai, année après année appris de la vie des choses qui ont changé ma façon de voir, tout cela est évident. Mais en quoi dois-je m'arrêter pour autant d'être amusée, surprise, rafraichie???

Seul le bridge serait un jeu (oh, pardon) une activité acceptable?

La on passe du politiquement correct au mortellement ennuyeux car si le bridge est un jeu (j'y tiens) interessant, il ne saurait être exclusif du minigolf ou de l'usage de la Nitendo.

Etre avocat c'est, bien souvent, savoir faire preuve d'inventivité et d'ouverture d'esprit, comment ne pas appliquer ces qualités dans la vie courante? et surtout pourquoi?

Pour faire sérieux? Mais nous sommes sérieux, notre travail le prouve journellement, pas besoin de brider nos loisirs pour cela.

Alors pitié, doctes confrères, si votre fantaisie vous fait peur, laissez nous la nôtre.

Par brigitte.bogucki le 18/11/07

Ce soir au musée Jacquemart-André à Paris, j'ai entendu le trio Makarenko.

Anne au Piano, Micha à la balalaïka et leur fils Pierre au Hautbois.

C'était fabuleux, à la fois beau, sensible et vivant sans oublier quelques traits d'humours.

Si vous en avez l'occasion, n'hésitez pas à aller les entendre, c'est toujours un moment rare.

Pour en savoir plus sur les Makarenko, voyez ICI et LA.

Ce concert était organisé, parfaitement, par l'association "Autour du Piano", de beaux concerts sont prévus dans les mois à venir, vous trouverez ICI toutes les dates et tous les programmes.

Par brigitte.bogucki le 16/11/07

Mesdames, Messieurs nos Clients

Lorsque vous appelez à nos cabinets pour prendre rendez-vous, nous essayons de vous donner une date et une heure qui ait votre convenance.

Souvent, pour vous être agréable, nous aménageons nos horaires pour être compatibles avec vos besoins.

Alors un minimum de respect et de courtoisie, venez ou annulez!

J'en ai soupé de courir pour arriver au cabinet à l'heure pour mon rendez-vous et de voir ...personne. Le rendez-vous n'est pas là, et ne vient pas. J'attends un quart d'heure, une demi-heure, je téléphone pour m'enquérir du retard ou du problème (car il arrive que vous ayez réellement un problème) et le plus souvent voici ce que l'on me répond:

* j'ai oublié je vous rappelerai (on ne le fait jamais)

* allo, allo, je n'entends pas (véridique)

* un répondeur (personne ne rappelle)

Jamais ou presque un mot d'excuse pour n'être pas venu sans même avoir pris soin de prévenir.

Pourquoi ce manque de la plus élémentaire des courtoisies, par bêtise, lâcheté, ignorance???

Sachez-le, nous avons des agendas chargés et compliqués, nous devons travailler pour vivre et certains clients (qui eux viennent aux rendez-vous) ont besoin de nous voir en urgence.

En ne venant pas et en n'annulant pas, vous nous causez un vrai préjudice.

Puisque j'attends un client, je ne commence pas un dossier complexe,

puisque j'ai un rendez-vous, je dois me précipiter pour rentrer au cabinet après l'audience,

puisque je vous attends, je n'ai pas pu acceder à la demande d'un autre client...

Pourquoi cet énervement me direz-vous? Parce que, période de grève oblige, ma secrétaire a appelé tous les clients de la semaine pour leur rappeler le rendez-vous et leur demander si, compte-tenu des difficultés de transport ils maintenaient leurs rendez-vous. Pourtant hier, à 17 heures, Madame M... n'est pas venue, n'a pas annulé et ne s'est même pas excusée!

nov
14

Grève

Par brigitte.bogucki le 14/11/07

La grève des transports gène le fonctionnement de nos cabinets mais pas seulement, elle cause aussi un préjudice au justiciable.

Qu'il ne puisse aller à l'audience ou que le juge soit absent, son audience est souvent repoussée.

Or pour certain, l'audience est reportée à plusieurs mois.

Que l'on soit ou non en accord avec leurs idées, voici une manifestation que je pense utile.

GRANDE

MANIFESTATION

CONTRE TOUS LES BLOCAGES

ECOLE,

JUSTICE,

UNIVERSITES,

TRANSPORTS,

SERVICES PUBLICS...

le dimanche 18 novembre

15h00

RASSEMBLEMENT :

PLACE DE LA REPUBLIQUE

DEFILE JUSQU'A NATION

Par brigitte.bogucki le 12/11/07

Notre consoeur Michèle BAUER du barreau de Bordeaux nous fait part dans son article d'une polémique concernant la prochaine revue des avocats bordelais, intitulée "Pas ce soir, j'ai mes Rachida".

D'aucuns esprits chagrins trouvent le titre...sexiste et raciste... et voudraient le censurer.

Je trouve ce titre vulgaire c'est évident, mais pour autant je ne vois pas pourquoi il serait censuré.

Je n'apprécie guère ce type d'humour, et alors...

Je tiens beaucoup à notre démocratie et elle me semble ici en cause, le sujet n'est pas si léger qu'il y parait.

Je ne vois pas en quoi le titre est raciste ni sexiste. La caricatures et l'exagération, si chères à la presse, sont les piliers de ces revues de l'avocat qui ont pour but de brocarder la vie judicaire, locale et nationale.

Un jeu de mot grossier suffirait à justifier une censure???

A force d'être politiquement correct on devient mortellement ennuyeux, comme une dictature.

Messieurs les censeurs, comment auriez-vous réagit si la demande était venue du Ministère??? Auriez-vous hurlé à l'ingérence inacceptable, à la censure illégale??? Je l'espère et veut le croire, c'est notre fierté d'avocat que de se battre pour l'ouverture et la démocratie.

oct
27

VACANCES

Par brigitte.bogucki le 27/10/07

mais oui c'est exceptionnel, c'est décidé.

l'épuisement est là, pas d'arrêt, esclave de l'ordinateur et du téléphone, je n'ai pas arrêté depuis ... oh ... bien plus d'un an.

alors là j'ai promis, je pars ce soir, je rentre le 7 novembre et entre temps, rien. je ne téléphone pas, je ne lis pas mes emails, je ne gère pas le blog...

le cabinet n'est pas abandonné, mes deux vaillants collaborateurs veillent au grain mais sauf urgence grave, on ne m'appelle même pas.

bref, je . me . re-po-se.

Bonsoir à tous, bonne nuite et bonnes vacances pour ceux qui osent...

Par brigitte.bogucki le 24/10/07

Attention à ne pas confondre vitesse et précipitation, surtout dans un divorce, même amiable.

Un divorce est une chose sérieuse, comme l'est le mariage lui-même, plus peut être car les décisions qui sont prises à l'occasion du divorce sont lourdes de conséquences et parfois sans recours.

Certains choix de la décision de divorce sont définitifs et ne peuvent pas être modifiés ensuite (la prestation compensatoire, le divorce lui-même, le partage des biens). D'autres peuvent faire l'objet de changements mais à condition de prouver que la situation n'est plus la même que lors de la décision de divorce (tout ce qui concerne les enfants).

Il arrive souvent que nos clients, notamment dans les procédures par consentement mutuel, soient pressés, très préssés même et désirent en finir au plus vite, parfois à n'importe quel prix. C'est leur droit, mais notre devoir est d'attirer leur attention sur les conséquences plus ou moins définitive de leurs choix.

Car un divorce mal construit, trop vite signé, peut avoir des conséquences dramatiques. L'époux qui a l'impression d'avoir été "blousé", manipulé, va en vouloir à l'autre et souvent ce sont les enfants qui en patiront, avec à la clé de nombreuses procédures post-divorce, aussi douloureuses que coûteuses.

En outre, un divorce amiable mal commencé se termine souvent par un divorce contentieux des plus violents.

Je ne compte plus les dossiers ou l'un des époux, au début des discussions accepte ou promet n'importe quoi pour être tranquille et pouvoir régler au plus vite le problème de la séparation au quotidien, malgré les conseils avisés de leurs avocats. Puis la séparation se met en place sur ces aberrations et quelques semaines plus tard, l'époux revient voir son avocat et déclare que cet accord est invivable et qu'il va falloir en trouver un autre...et là, les difficultés commencent car l'autre époux ne l'entend pas de cette oreille et à l'impression de se faire littéralement "escroquer". S'ensuivent des mots doux, des noms d'oiseaux et, le plus souvent, au grand dam de l'avocat, une procédure contentieuse des plus violente car toute volonté amiable a disparu et la confiance ne revient pas facilement entre des époux qui se séparent.

Comme nombre de mes confrères spécialistes en droit de la famille, je suis très favorable au consentement mutuel et je fais toujours tout ce qui est en mon pouvoir pour que les négociations aboutissent.

Alors prenez votre temps, écoutez nos conseils avisés et ne croyez pas que nous voulons vous empêcher de trouver un accord, ce que nous voulons c'est trouver un accord viable et pérenne qui permette à vos enfants de vivre sereinement l'avenir.

Par brigitte.bogucki le 17/10/07

Le CNB va faire paraitre demain un article dans le Monde et dès aujourd'hui nous précise le succès de la semaine des avocats et du droit.

Juste pour la petite histoire, sachez qu'en fait, cela a été plus qu'un succès puisque le standard a été débordé et que le CNB a demandé à des journalistes de NE PAS parler de la semaine des avocats et du droit...

Bref, ce succès c'est bien mais je dois dire que je ne comprends pas bien l'intérêt pour les avocats en général.

Cela prouve que les gens ont besoin de conseils juridiques (ça n'est pas un scoop) et qu'ils préfèrent les obtenir gratuitement (ça non plus ça n'est pas une surprise).

Mais en terme d'image, rien. De très nombreux avocats ont participé gratuitement à cette journée, sans contrepartie aucune, leur nombre est indiqué approximativement et entre parenthèse sur le site et pas du tout dans l'annonce du Monde, qui se contente de mettre en gros le chiffre des appels... Belle preuve ...du fonctionnement du téléphone?

Et l'on remercie (toujours dans l'annonce) ceux qui ont appelé de leur confiance. Mais l'appel était non surtaxé et le conseil gratuit, de quoi les remercie t'on? d'avoir profité d'une opportunité pour vérifier les dires de leur avocat, de leur voisin, de leur femme ou avoir eu une info gratuite?

Sur notre compétence, notre formation continue, le fonctionnement des honoraires, notre responsabilité...rien

Décidemment j'ai du mal à saisir cette débauche de dépenses publicitaires.

Mais il est vrai que je ne suis qu'un avocat sur 45.000, on ne me demande pas mon avis.

Par brigitte.bogucki le 16/10/07

Voici encore un joyau de notre législateur moderne, un article tout neuf dont la rédaction on ne peut moins juridique laisse pantois nos professeurs de droit les plus émérites.

Le peu de précision du texte laisse l'opportunité à toutes les interprétations.

Pour la plus minimaliste, ce texte est totalement sans intérêt puisqu'il se place au niveau de la contribution à la dette.

Mais qui pourrait imaginer que notre législateur a voulu faire un texte sans effet ni intérêt ;-)

Reste donc l'autre théorie, qui place ce texte au niveau de l'obligation à la dette et permettrait d'effacer purement et simplement la dette de l'un des époux vis à vis de son créancier, ce qui serait une entorse hallucinante à l'article 1134 du code civil.

En outre, cerise sur le gateau, aucune mesure transitoire n'est prévue.


CODE CIVIL

Article 1387-1

(inséré par Loi nº 2005-882 du 2 août 2005 art. 13 Journal Officiel du 3 août 2005)

Lorsque le divorce est prononcé, si des dettes ou sûretés ont été consenties par les époux, solidairement ou séparément, dans le cadre de la gestion d'une entreprise, le tribunal de grande instance peut décider d'en faire supporter la charge exclusive au conjoint qui conserve le patrimoine professionnel ou, à défaut, la qualification professionnelle ayant servi de fondement à l'entreprise.

Article 1134

Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites.

Elles ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel, ou pour les causes que la loi autorise.

Elles doivent être exécutées de bonne foi.

Par brigitte.bogucki le 15/10/07

voilà un sujet qui fâche et qui fait couler de l'encre. L'image de l'avocat est brouillée, à la fois défenseur de la veuve et de l'orphelin et horrible capitaliste ne pensant qu'à l'argent...

Pourtant la situation est fort simple et il suffit d'un peu de bon sens.

Les avocats sont des êtres humains (mais oui, quelle surprise) comme les autres et, comme c'est étonnant, ils doivent travailler pour se nourrir et entretenir leur famille.

Et s'il travaille le soir ou la nuit, alors il risque, comme nous tous, de perdre sa famille.

Avocat est un métier au même titre que boulanger, employé de banque, dentiste ou vigneron.

Pour l'exercer il faut non seulement avoir pris le temps de faire des études mais encore les continuer quotidiennement car les lois changent, de même que les pratiques des tribunaux et la jurisprudence de la Cour de Cassation. Et ce temps, c'est du travail.

En outre, les avocats sont professions libérales ce qui veut dire qu'ils sont entrepreneurs et ont des salariés, qu'ils doivent (et c'est bien normal) rémunérer.

Ils paient aussi les locaux dans lesquels ils travaillent (loyer, EDF, téléphone, internet...) et les fournitures (papier, informatique...).

Et bien sur des cotisations sociales élévées.

Au final, il est fréquent qu'un avocat parisien ait de l'ordre de 70% de frais, taux un peu moins élevé en province (les loyers sont moins chers).

Résumons, faire des dossiers, donner des conseils, aller en audience, aller aux réunions, écrire des lettres, répondre au téléphone à ses clients, lire la documentation professionnelle pour se tenir informé des nouveauté, aller à des formations et des colloques... tout cela c'est le travail de l'avocat.

Comme tout travail mérite salaire, l'avocat perçoit des honoraires.

Rappelons que ces honoraires sont soumis à la TVA c'est à dire à une taxe à 19.6% reversée par l'avocat à l'Etat.

Sur le reste des honoraires, 70% partent en frais.

Et le reste rémunère le travail de l'avocat.

Alors lorsque vous demandez à un avocat de vous répondre gratuitement, vous lui demander de travailler gratuitement . Pire en fait vous lui demandez de payer pour travailler car les frais, eux, continuent à courir et doivent être payés régulièrement (la secrétaire doit elle accepter de travailler gratuitement, le propriétaire de ne pas percevoir de loyer...).

Je sais, vous vous dites, elle exagère, un petit conseil ça n'est rien du tout, ca lui prendra une seconde. Mais vous n'êtes pas seul, vous êtes nombreux à faire ces demandes et, j'ai pu le voir la semaine passée, il a fallu prendre sur mon temps libre pour vous répondre, au détriment de ma vie de famille.

Alors franchement, vous trouveriez normal que je doive travailler gratuitement, sur mon temps libre, et en payant mes frais de ma poche.

Moi pas (et je crois que vous non plus vous ne l'accepteriez pas)

Alors si vous avez des questions, posez les sur mon site cyber-avocat.com et notez que je ne réponds pas gratuitement, j'ai besoin de travailler pour vivre, comme vous.