Par brigitte.bogucki le 04/10/07

Une fois encore, je m'aperçois que nos clients oublient parfois de nous demander conseil, alors même que nous sommes leurs avocats.

Et souvent c'est dramatique.

Ainsi aujourd'hui ai-je reçu une de mes clientes, charmante mais énervée par l'attitude de son ex-mari. Troublée par les lettres qu'il lui envoie, elle a cru devoir lui répondre, une lettre plutôt "musclée".

Elle y reconnaît des fautes qu'il n'aurait sinon jamais eu la possibilité de prouver, le menace de lui interdire de voir les enfants, bref une vraie catastrophe.

Bien entendu elle ne s'est pas rendue compte des conséquences de ses écrits et elle compte sur moi pour "rattraper le coup".

Mais cela serait tellement plus simple si elle m'avait demandé mon avis sur la lettre avant de l'envoyer, je suis là pour ça.

Alors s'il vous plait, avant de faire quoi que ce soit dans une affaire pour laquelle vous avez un avocat, demandez lui son avis.

Par brigitte.bogucki le 04/10/07

Le principe du contradictoire est un élément fondamental de notre droit et de notre quotidien. Mais parfois, son utilisation laisse rêveur (cauchemardeur même)

Il est gentil mon client, et patient. Il n'a pas pu voir son enfant depuis presque un an parce que la mère s'y oppose. Alors, après avoir tenté l'amiable sans succès, nous avons saisi le JAF d'une demande de fixation du droit de visite et d'hébergement.

A la première audience, nous sommes alors en mars, un avocat me contacte, il vient d'être saisi, j'accepte le renvoi, confraternité oblige.

A la seconde audience, nous sommes alors en avril, l'avocat de Madame me communique la veille de l'audience, tard le soir, ses écritures (évidemment longues) et ses pièces nombreuses. Je dois accepter un nouveau renvoi pour les étudier avec le client.

A la troisième audience, en juin Madame décide soudainement de changer d'avocat et le nouvel avocat sollicite un renvoi pour prendre connaissance du dossier. Je m'y oppose, voyant là une manoeuvre dilatoire mais le juge accepte un "dernier" renvoi.

A la quatrième audience, début octobre, j'apprends que Madame a déménagé en province et ... qu'elle vient de contacter un nouvel avocat qui veut un report... Je m'y oppose farouchement, je vais à l'audience et ... le JAF fait un "ultime" renvoi à un mois...

(ultime est évidemment ici différent de dernier)

Le contradictoire n'est pas envers l'avocat mais la défenderesse et à changer sans cesse d'avocat, nous pourrions bien atteindre la majorité de l'enfant avant de plaider.

L'intérêt de l'enfant appelle notre attention et il doit voir son père.

Combien de renvois et de mois faut il pour s'en apercevoir?

oct
01

ceci est

Par brigitte.bogucki le 01/10/07
Par brigitte.bogucki le 01/10/07

Il y a un bug dans les modalités concernant les blogs les + actifs,

on trouve parmi les sites les + actifs, le site d'un confrère qui dans un premier temps a été accessible au public mais uniquement composés d'articles de journaux ou de site internet recopiés,

puis les nouvelles pages étaient simplement composées d'un .

et maitenant le site n'est plus accessible au public mais reste parmi les plus actif.

cela n'est pas représentatif et pas bon pour l'image de la profession surtout en cette période de communication et de semaine des avocats, merci de réagir et de faire le nécessaire

je pense que pour éviter les dérives telles que celle que nous subissons actuellement il est souhaitable d'écrire au webmaster du blog, voici les coordonnées

blog@cnb.avocat.fr

avec copie à la personne qui s'occupe de la com de la semaine des avocats

semaine2007@partiesprenantes.com

Par brigitte.bogucki le 01/10/07

l'objectif de cette blogosphère est de faire connaître les avocats et les compétences qu'ils peuvent apporter au public.

que penser alors de ces sites parfaitement creux qui reprennent (illégalement) des articles de journaux, véritables spammeurs d'un nouveau genre.

et que dire quand l'un de ces sites se propulse parmis les sites les plus actifs de la profession avec ...........rien et que ses pages nouvelles apparaissent car il a juste mis un .

le site n'est pas accessible au public

il y a visiblement un bug dans le calcul des sites les + actifs, esperont que le webmaster va agir rapidement car durant la semaine des avocats cela ferait particulièrement mauvais effet.

Par brigitte.bogucki le 30/09/07

Depuis la réforme du divorce du premier janvier 2005 et l'entrée en vigueur du règlement européen Bruxelles IIbis , j'ai entendu des propos aussi bêtes que macho (désolée messieurs mais c'est souvent vous): "le divorce c'est un truc de minette" (sic un batônnier de la grande banlieue parisienne), "de toutes façons la nouvelle loi ne change pas grand chose (un confrère à l'audience d'un jaf parisien sidéré par le propos) ou, pompon absolu "le droit de la famille, c'est un truc de femme, dans mon cabinet le seul homme auquel je confie ça est un collaborateur de première année" (confrère du centre de la France).

Tout cela ne serait rien, si l'on ne commencait à percevoir les dégâts, malheureusement humains, des conseils incohérents et procédures baclées ou simplement loupées par des confrères ignorants des spécificités des nouveaux textes et des particularités du divorce.

De la simple bévue (un client expatrié au Japon me dit qu'il attendait depuis 6 mois d'avoir un domicile en France pour pouvoir divorcer...et ce sur les conseil de l'avocat de son entreprise) à la véritable faute (oubli de biens dans une liquidation amiable de régime matrimonial) en passant par la catastrophe pure et simple du double débouté.

Alors chers confrères, ayez pitiez de vos clients. On ne peut pas faire correctement un divorce de temps en temps surtout sans connaître parfaitement les nouveaux textes de droit interne et européen.

Osez refuser, ou si vraiment vous ne pouvez pas, sous traiter.

Par brigitte.bogucki le 26/09/07

Ce soir je me sens d'humeur à pester, contre ces confrères qui pensent qu'en vous pourrissant la vie ils vont gagner le dossier.

* ils ne vous envoient les pièces que le plus tard possible,

* ils "omettent" de vous transmettre copie des assignations qu'ils font délivrer,

* ils vous envoient 200 pages de conclusions la veille de l'audience par fax à 23 heures

* ils demandent le renvoi au tribunal et "oublient" de vous en informer

* et bien entendu, si vous venez d'un barreau éloigné (et pire, de Paris), ils ne tiennent aucun compte de vos contingences de déplacement.

C'est vrai que justement aujourd'hui j'ai réservé mes billets de train pour la semaine prochaine.

Pour plaider à Annecy en fin d'après midi, je vais devoir partir de chez moi à Paris vers 9 heures et serais de retour au mieux vers 23 heures après plus de 7 heures de train.

Pour cela il est probable qu'en plus je devrais faire une quarantaine de kilomètres pour attraper un train de retour, sinon c'est la nuit sur place.

Il est vrai qu'un confrère agréable, connaissant sa ville et tenant compte d'autrui, aurait pu envisager une audience en début d'après midi, me permettant de revenir à Paris à une heure familialement acceptable.

Mais il fait parti de ceux qui "oublient" cette confraternité là. (pièces non communiquées, assignation délivrée sans m'en informer, heure d'audience en fin d'après midi, allégations sans fondement...)

Je vais faire avec, comme nous tous, mais qu'a t'il à y gagner?

Pour son dossier, rien.

Pour sa cliente, rien non plus, elle ignore tout de cela et c'est bien normal.

Vis à vis du juge, rien, il l'ignore et s'en moque.

En ce qui me concerne, il y gagne mon inimitié (je sais, il s'en moque) et probablement un certain énervement.

Je serais prête et mon dossier aussi, et le fait que ma soirée soit gâchée et ma vie de famille aussi ne saurait lui apporter quoi que ce soit.

Alors? Nous avons un métier parfois difficile, pourquoi le compliquer par des relations conflictuelles ou désagréables envers des confrères le plus souvent inconnus?

Et si, je sais je rêve, chacun de nous essayais de prendre un (tout) petit moment pour rendre la vie plus douce à tous...

Par brigitte.bogucki le 22/09/07

Cette semaine m'a amené devant 5 juges différents dans 3 tribunaux de la région parisienne. Audiences surchargées, clients énervés ou abattus, juges parfois aimables, souvent impatients que l'on a l'impression d'agacer lorsque l'on plaide plus de 30 secondes.

Mon métier n'est pas de me battre contre la montre de juges submergés par la masse des dossiers mais de faire entendre la voix et les demandes de mes clients, ces êtres humains qui sans cela auraient sans doute l'impression d'être broyés par la machine judiciaire.

Mesdammes, Messieurs les Juges aux affaires familiales, pensez à nos clients qui sont aussi vos justiciables et prenez le temps de l'écoute et de la compassion.

On se sépare, on se déchire, on va voir un avocat en espérant qu'il va savoir vous faire toucher du doigt la réalité de cette famille.

Puis vient l'audience. Ils arrivent, parfois de bon matin, dans un état de stress absolu.

Aujourd'hui un inconnu va décider du sort de leurs enfants, sans rien connaître d'eux ni de leur vie familiale.

Alors pensez à eux lorsque vous arrivez en retard et arrêtez de trouver normal la demi-heure ou ils vous ont attendu, sans explication. Ils en sont malades de cette attente.

Vous avez une matinée chargée, c'est certain et votre tribunal manque de personnel. Mais eux, c'est leur vie qu'ils jouent, la prunelle de leurs yeux, leurs enfants. Alors évitez les marques d'impatience.

Repensez à ce jour ou votre fille a été hospitalisée, ou alors que vous étiez dans la chambre, l'infirmière est rentrée avec le médecin, sans même dire bonjour, ils l'ont ausculté, le médecin a donné des ordres et est sorti. Il a été très efficace mais il n'a même pas jugé utile de vous parler, pourtant cela vous aurait rassuré.

Ne faites pas comme lui, écoutez les un peu, ne prenez pas un air blasé et énervé, évitez de les brusquer.

Bien sur, vous n'avez pas besoin de toutes ces informations verbales pour prendre votre décision, évidemment, vous étudierez le dossier.

Et il est normal que vous les canalisiez et gériez votre audience afin qu'elle reste d'une durée acceptable et utile.

Mais sachez faire la part entre l'inutile et l'inhumain.

Etre efficace ne suffit pas à rendre la justice sereinement.