Apr
23
La fille prodigue

Aparté avant d'aborder le sujet demain (assurance médicale et responsabilité), histoire de remonter un peu dans les popularités ! :


Me revoilà Confrères, clients (ça j’y crois pas trop) clients potentiels (c’est mieux), lecteurs fidèles, surfeurs fous pour errer sur nos sites juridiques sans intérêt et ennuyeux, dont finalement le seul attrait reste les articles hors d’à propos, les élucubrations, les sans rapport avec le sujet, les photos des uns, les voyages des autres, les villages perdus, les projets d’architecture « tribunalesques », les coups de gueule, les cris du cœur, les instants de vie de confrères marseillais, les fleurs, les paysages, les tests, les sondages, les rencontres blogosphériques, les cocasseries d’audience, les tribulations de jeunes confrères, les anecdotes farfelues vécues dans l’intimité de nos cabinets, les passions des uns, les indignations des autres, les commentaires qui révèlent nos personnalités.

J’étais partie dans d’autres sphères, je croyais m’être évadée de ce monde de droit, mais la raison a eu raison de moi, et me voilà revenue telle une fille prodigue, la tête lourde et les idées peu claires.

Car c’est mon univers, c’est mon moteur diesel que je voudrais turbo. Ce droit, ce blog, c’est comme un aimant qui nous attire inéluctablement, après qu’on l’a retourné pour qu’il nous repousse, c’est lui qui se retourne pour nous attirer. Et à cet instant, on a beau vouloir s’en éloigner, on y revient malgré tout, et malgré nous, parce que l’attraction est trop forte, parce qu’il nous fait vivre, nous anime, nous procure la satisfaction d’une création, d’un écrit, d’une audience, d’un compliment, d’un remerciement.

Pourtant quel autre métier stupide nous oblige à rester au bureau jusqu’à pas d’heure pour dicter des mots qui seront jaunis dans un mois, dont personne ne se souviendra de la signification, jusqu’aux magistrats qui auront oublié la nature de l’affaire. Quelle autre métier nous fait faire des devoirs si tard le soir, que finalement nous restons des étudiants attardés, fatigués par les années perdues à profiter du temps (à ce titre, vous pourriez vous reporter à ma précédente chronique relative à la mise en ligne d’un article de Sénèque dont la lecture douloureuse vous (me) renvoie à cette incapacité à appliquer les préceptes qu’il prône alors que l’on sait que le temps qui nous est imparti sur cette terre est tellement incertain, mais que malgré tout nous vivons comme si nous étions éternels).

C’est mon métier, c’est mon petit drame, c’est aussi ma grande joie de lire un jugement qui me donne tellement de satisfaction qu’il me faut sur le champ au risque de ne pas paraître assez professionnel, appeler le client sur son téléphone portable pour lui communiquer cette émotion, lui faire partager cette victoire, lui faire vivre sa victoire par nous.

Mais le calme revenu, nous sommes si petits, si rien, si éphémères, si inconséquents, si interchangeables.

Je regardais les noms des Bâtonniers sur le mur de la maison de l’avocat à Grasse, et je constatais avec tristesse que je ne connaissais que les derniers…

Mots-clés: 

Commentaires

Tout ce qui me lie me rend fou, et c'est pourquoi je rejette toutes les chaînes, fussent-elles dorées et douces. Je suis plutôt gentil garçon avec les demoiselles tant que le plaisir et la tendresse guident mes pas. Mais, pourquoi se laisse-t-on enchaîner...par peur de la liberté. Pourquoi ? Parce qu'elle permet alors de prendre conscience, douloureusement, de notre vacuité. Restent les moments de bonheur discontinus, faits de tendresse et de voluptés mais ils devraient être plus nombreux...non ? Cela ne tient qu'à nous disent les sages...mais le courage nous manque, leur manque, te manque...

Nom: 
brongniart éric
Site: 
http://

Je trouve que vous faites votre métier avec passion, ca transparait au travers de votre personne. La vie professionnel s'agrémente comme vous dites de petit plaisir que vous divulguer quand c'est possible auprès de vos patients ou vos clients.

Belle nuit

N'oubliez pas de jeter un oeil sur le rapport de la Cour de cass.

Nom: 
isabelle.laratte
Site: 
http://

Mercredi, journée d'un avocat ordinaire. Je cours et je cours encore. Les rames de métro, les touches de mon clavier. A toute bombe. Conclusions j'ai deux heures. On m'appelle, un contrat, c'est urgent. Je vous le ferai demain. Ah non Maître, c'est trop urgent. Maintenant, ca n'attend pas. Et puis il y a ce client qu'il faut appeler, la gêne au coeur celui là, parce qu'il y a aussi ces décisions que l'on attendait pas. Lui dire, cet article 700, incompréhensible, injuste, trop lourd. Et puis re, ce téléphone, qui sonne, ce fax, qui crache trop de papier noir. Je regarde un arbre, je voix du A4. Demain, je serai tranquille. Mais non. 19.00h, on m'appelle. Il faut assurer une audience, demain, en urgence. Personne, alors je prends, parce que je suis comme ca. Parce que j'ai encore tout à prouver aussi. Et puis je rentre, tard, ouf, enfin tranquille, chez moi. Mais non, j'arrive, et là, ma rue en chantier, et ma voiture, au milieu du chantier, avec un sticker, préfecture, rouge...ENLEVEMENT! Stupeur, abattement. C'était indiqué il me dit mon gentil voisin. Mais comment j'ai fait, pour ne pas voir le panneau .. peut être parce que mes journées parlent déjà trop d'interdits..

Et ce matin, j'ai pas envie.. mais je lis votre billet, et je la retrouve ma petite foi tout au fond. Et c'est elle qui nous anime, non? Alors merci de la partager.

je le lis avec attention.

Vous êtes le premier de mes clients qui commente ce blog, je reste donc optimiste !

Clic!

en un clien d'oeil!

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA