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LISEZ-MOI

Par carole.ghibaudo le 16/01/08

« Rappelle-toi quand tu t'en es tenu à tes décisions, quel jour s'est passé comme tu l'avais arrêté, quand tu as pu disposer de toi-même, quand ton visage est resté impassible, ton âme intrépide, quelle a été ton oeuvre dans une si longue existence, combien de gens ont gaspillé ta vie sans que tu t'aperçoives du dommage, tout ce que t'ont soustrait de vaines contrariétés, une sotte allégresse, une avide cupidité, un entretien flatteur, combien peu de toi-même t'est resté : tu comprendras que tu meurs prématurément. »

Quelle en est la raison ? Vous vivez comme si vous alliez toujours vivre, jamais vous ne songez à votre fragilité, vous ne considérez pas tout le temps qui est déjà passé ; vous perdez comme si vous aviez un trésor inépuisable alors peut-être que ce jour que vous donnez à un homme ou à une occupation quelconque est le dernier. Vos terreurs incessantes sont d'un mortel, vos désirs incessants d'un immortel.

On entendra la plupart dire :

« A cinquante ans je prendrais ma retraite, la soixantième année m'affranchira de toutes mes obligations. ». Et qui t'a garanti cette prolongation de vie ? Qui souffrira que tout marche suivant tes plans ? N'as-tu pas honte de te réserver les restes de ta vie et de destiner aux méditations vertueuses le temps où tu ne seras plus bon à rien ? C'est un peu tard de commencer à vivre à l'heure où il faut cesser. Le sot oubli de sa condition mortelle, de remettre jusqu'à cinquante ou soixante ans les saines résolutions et de vouloir commencer à vivre à un âge où peu sont parvenus ! ».

« ENTRETIENS », « La brièveté de la vie », SÉNÈQUE, collection BOUQUINS 1312 pages.

Par carole.ghibaudo le 10/01/08

Apologie du Sud

Journal d'un navoca : Le 10 janvier 2008 :

Voici revenir le navoca qui hante les pages de ce blog, tant et si bien qu'il a attrapé le syndrome de la blogosphérite aigüe ! C'est-à-dire qu'il use son temps libre à surfer pour laisser traces de ses impressions, et voui !

Hors d'à propos :

En ce qui concerne le voui, c'est une expression typiquement de chez nous qui veut dire « certes ! » en langage populaire voire roturier, mais le navoca du sud, vient, vous savez, de là où l'on ne travaille pas, où l'on surfe (comme le navoca, ben voui), où les neurones vivent au ralenti, pour autant que l'on considère qu'elles vivent, du lieu de privilège de la « jachère intellectuelle ». Vous l'aurez compris, il s'agit là d'une plaisanterie.

Ceux qui croient cela font fausse route, parce que parole d'un navoca : il y a quand même un artéfact d'activité intellectuelle dans nos cabinets ensoleillés, qui en plus d'allier la compétence, le labeur, l'envie de faire main faire bien (hymne aux artisans), la vigilance et la veille juridique, les formations, les colloques, les congrès, bénéficient du soleil, de la mer, de la montagne, de la campagne, de la lavande, de la fleur d'oranger, des champs, des sources parfumées, des oliviers, des pins parasols, des plages, des criques, des calanques, des îles, du littoral, du mimosa, des jujubes, des nèfles, des grenades, des figues, de la ratatouille, des panisses, de la socca, de la polenta, de tout ce que fait que notre région du sud est l'objet de toute convoitise !!! Est-ce-qu'on aurait l'idée d'aller au nord, nous autres ???

Va pas lù cépùn ! M'agrada pas ! (c'est du patois, cela veut dire, « Diantre, y pensez-vous ? Avez-vous perdu la raison ? Cela ne me sied point, très cher ! ».

À bientôt pour de nouvelles élucubrations.

Par carole.ghibaudo le 08/01/08

Journal d'un navoca : Le 8 janvier 2008

Me voilà, et malheureusement tel un oiseau de mauvaise augure, avec une nouvelle peu réjouissante ! Ah ça non, pas réjouissante du tout du tout la nouvelle !

Je ne sais même pas comment vous le dire !!! Ça c'est le problème majeur, ça ! Le comble pour un navoca de ne jamais savoir comment dire quoi. Alors il va vous l'écrire, et puis tant pis si vous jetez ce journal aux épluchures comme une vulgaire feuille de chou flétrie !

Le chou de toute façon, ce n'est pas fameux, mais bon celui-ci avait l'espoir d'être original parce qu'un peu rose dans ce monde d'ostensible sinistrose !

Tant pis, il est tenace, il résiste, un vrai petit bull, mais pas pitt ! lui en faudrait un, tiens, pour ses contrées beyroutesques...(un dozer bien sûr).

Alors voici la nouvelle : le navoca s'est définitivement fissuré craquelé lézardé effrité effondré éboulé!!

Et oui !!

En effet, certains ont sans raison légitime cessé toute mesure de protection tant et si bien que, boum, maintenant il est tout cassé le navoca !

Il avait pourtant cru éviter les obstacles, mais non, le navoca ne pourra bientôt plus divorcer, ne pourra bientôt plus vendre aux enchères, ne pourra bientôt plus plaider... pfffff, il aurait du éviter d'éviter !

Fatale conclusion : la survie veut que pour vivre avec une petite pièce, il faut éviter d'éviter et se prendre de face les obstacles !!! c'est dingue ! tu parles d'un avenir!!!

Ps : Il y a peut-être une solution pour vendre tout court, mais le navoca a promis de ne pas vendre (zut) la mèche à celui qui se reconnaîtra, alors silence...

À bientôt pour de nouvelles élucubrations.