Par carole.ghibaudo le 24/11/10

Prudemment, de grâce !

Au terme d'un Décret n° 2010-1390 du 12 novembre 2010 portant diverses mesures de sécurité routière, et notamment d'un article 17 qui modifie l'article R.415-11 du Code de Route, désormais Tout conducteur est tenu de céder le passage, au besoin en s'arrêtant, au piéton s'engageant régulièrement dans la traversée d'une chaussée ou manifestant clairement l'intention de le faire ou circulant dans une aire piétonne ou une zone de rencontre.

Or selon l'article R.412-37 du code de la route, Les piétons doivent traverser la chaussée en tenant compte de la visibilité ainsi que de la distance et de la vitesse des véhicules.

Ils sont tenus d'utiliser, lorsqu'il en existe à moins de 50 mètres, les passages prévus à leur intention.

Aux intersections à proximité desquelles n'existe pas de passage prévu à leur intention, les piétons doivent emprunter la partie de la chaussée en prolongement du trottoir.

Les dispositions du présent article ne s'appliquent pas aux aires piétonnes et aux zones de rencontre.

En l'absence de tout possibilité de traverser sur un passage protégé, ou lorsque le véhicule se situe dans une zone piétonne ou de rencontre, il n'y aura pas de difficulté compte tenu de la priorité laissée au piéton dans ces espaces protégés.

Le problème risque donc de se poser en centre ville, et notamment lorsque le piéton rechignera à faire quelques mètres de plus pour emprunter le passage protégé à proximité, mais à une proximité qu'il juge trop éloigné pour s'y rendre.

Cela laisse présager le développement d'un contentieux en matière de responsabilité pour savoir si le piéton incivique n'a pas daigné emprunter le passage clouté situé à proximité et à une distance de moins de 50 m, ou si le conducteur n'a pas respecté l'obligation qui a été mise à sa charge à savoir laisser la priorité au piéton.

Certes, un principe bien connu veut que tout conducteur se mue en monstre d'agressivité et d'imprudence lorsqu'il pénètre dans son véhicule terrestre à moteur, encore que cela reste à prouver pour les tracteurs..., ne respectant aucune priorité, ni piéton, il y a cependant de ces piétons qui n'hésitent pas à traverser sans regarder se jetant presque sous les roues de votre engin.

Désormais, il va falloir confronter les deux articles, rédigés en termes identiques sur l'obligation de chacun, à savoir qu'il est « tenu de » pour connaître l'étendue de la responsabilité de chacun.

Par carole.ghibaudo le 07/02/10

Deux termes antinomiques ?

Sûrement pas si l'on s'en réfère au Code pénal qui réprime les délits de pure omission tel l'abandon de famille, l'abandon moral des enfants par les père et mère, la non-représentation d'enfant, la non-dénonciation de crime, la non-dénonciation de sévices à mineurs de quinze ans, le non-obstacle à la commission d'un crime ou d'un délit contre l'intégrité corporelle de la personne, l'omission de porter secours à une personne en péril.

L'impératif de solidarité sociale vient légitimer ces dénonciations. Celui qui dénonce s'absout, celui qui s'abstient se condamne.

En cas d'accident de la route, il est fréquent que l'on témoigne sur ce que l'on a vu, pour identifier le fuyard, pour confirmer les dires de la victime accidentée.

A ce propos, il est bien un lieu commun où la criminalité potentielle est présente à tous les coins de rues : la voie publique où l'animalité de l'homme ressurgit une fois ses mains posées sur son volant.

Et s'il est aisé de faire une association d'idée entre délinquant routier et «d'jeun cakos qui se la pète au volant de sa Renault Fuego kitée sport et qui écoute rihanna à fond la caisse», que l'on ne se méprenne point. Tel mère-grand, le loup peut se cacher dans une fragilité ou innocence apparente.

En effet, contre toute attente, le délinquant prend aussi la forme :

- de la jeune bimbo slimée, cheveu plaqué à mèche non rebelle disciplinée sur le côté opposé à l'oreille aimantée au téléphone,

- de la grand-mère post botoxée qui garde les séquelles d'un mérou abîmé par le temps,

- du quarantenaire qui peine à vieillir et continue sans que le ridicule ne le tue à garder même en hiver le bras gauche posée sur la vitre ouverte de son pseudo bolide d'ado attardé genre Audi TT, qui tient sa main droite sur son volant d'une telle manière qu'il pourrait vous en donner five à chaque fois que vous le croisez,

- et enfin de l'hypertrophié de la prostate que l'on pense daltonien tant il ne reconnait plus les couleurs des feux tricolores, qui manque tout simplement et cruellement du discernement visuel.

Alors, si comme moi, vous les avez tous croisez, vous les reconnaitrez comme ceux qui vous ont fauché en vélo, écrasé le pied de surcroît sur des clous, manqué de vous envoyer dans les airs sans filet.

Et si pour lutter contre la délinquance routière, on introduisait dans notre droit la possibilité de faire de la dénonciation civique.

Nous avons tous notre appareil photo intégré dans notre téléphone portable. La dénonciation reviendrait à photographier le délinquant et à remettre la photo à l'autorité compétente afin de nous permettre de récupérer nos points perdus stupidement.

Slogan : Une infraction constatée, un point gagné !

Réflexion dominicale :

Quelle brillante idée saugrenue de laisser croire que le rédempteur de la route que nous sommes est exempt de toute faute, puisque par définition s'il dénonce c'est qu'il a des points à récupérer, donc qu'il est délinquant routier...face à cette conclusion kafkaïenne, retour à ma léthargie dominicale...