Par caroline.legal le 28/01/10

Certaines Cours d'appel avaient déjà statué sur la question de la prescription de la demande devant le FIVA (fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante).

A partir de combien de temps s'applique-t-elle ? A partir de quand s'applique-t-elle ?

POSITION DE LA COUR DE CASSATION :

La demande au FIVA doit être effectuée dans un délai de 4 ans suivant la consolidation de la maladie liée à l'amiante ou suivant le décès (si le décès est causé par la maladie liée à l'amiante) reporté au 31 décembre de l'année concernée.

exemple : victime consolidée le 12 juin 2004. 12 juin 2004 + 4 ans = 12 juin 2008 donc expiration du délai au 31 décembre 2008.

Ainsi doivent être impérativement formées avant le 31 décembre 2010, les demandes concernant des maladies liées à l'amiante dont la consolidation a été constatée en 2006 et concernant les décès survenus en 2006.

Attention :

Le recours de la victime ou de ses ayants droit devant le tribunal des affaires de sécurité sociale pour faire reconnaître le caractère professionnel de la maladie ou du décès ainsi que celui en reconnaissance de faute inexcusable de l'employeur n'interrompt pas la prescription.

Cela signifie qu'il ne faut pas attendre la fin de la procédure devant le tribunal des affaires de sécurité sociale pour formuler sa demande au FIVA.

POSITION DE L'AVOCAT :

Notre cabinet s'oppose à l'application de la prescription et engage des recours contre les décisions du FIVA qui se fondent sur la prescription pour refuser d'indemniser les victimes ou leurs ayants droit.

Selon les cas, la demande aboutit.

Caroline LEGAL

Avocat

Par caroline.legal le 25/01/10

Le 10 décembre 2009, la Cour de Cassation a rendu un arrêt intéressant concernant l'assistance par un avocat devant la Cour nationale de l'incapacité et de la tarification des accidents de travail (CNITAAT).

Une assurée avait contesté une décision d'une caisse de sécurité sociale devant le tribunal du contentieux de l'incapacité (TCI).

Elle avait formé ensuite un appel de la décision du TCI devant la CNITAAT.

La CNITAAT avait rejeté la demande de l'intéressée ainsi que sa demande de désignation d'un avocat au motif que cette demande était tardive et que l'assistance d'un avocat n'était pas obligatoire.

La Cour de cassation a cassé cet arrêt.

En effet, la haute Cour a jugé que la demande de désignation d'un avocat impliquait une demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle et pouvait être formulée utilement jusqu'au jour de l'audience.

Ainsi, la Cour reconnaît le droit à l'assistance d'un avocat devant les jurictions de sécurité sociale jusqu'au jour de l'audience où l'affaire va être jugée. Dès lors que la volonté de l'assuré s'est exprimée, le juge ne peut pas juger sans que l'assuré ait fait appel à l'avocat.

Par caroline.legal le 04/01/10

Un décret du 16 décembre 2009 vient de créer le répertoire national commun de la protection sociale. Nouvel article R 114-19 du CSS.

Il faut rappeler que ce répertoire avait été institué par la LFSS de 2006. Il a fallu 3 ans pour que ce décret voie le jour.

Il s'agit d'un répertoire de données personnelles en matière de retraite, assurance-maladie/invalidité, accidents du travail/maladies professionnelles, assurance-chômage, prestations familiales ou de minima sociaux tels que le RSA.

Les données répertoriées sont notamment :

- le numéro de sécurité sociale

- les nom, prénom, adresse, sexe, date de naissance

- les prestations sociales perçues par chaque assuré : nature des droits ou prestations et leur date d'effet, qualité du bénéficiaire, adresse déclarée pour l'ouverture du droit à la prestation.

Ainsi les organismes sociaux, c'est-à-dire les CPAM, les CRAM, les CNAV, les URSSAF, les CAF, les Pôles Emploi, pourront consulter en temps réel leurs données sur les assurés, les cotisants, les allocataires et les pensionnés.

L'objectif du décret est de mieux lutter contres les anomalies et les fraudes en centralisant toutes les données.

La CNAV (caisse nationale d'assurance vieillesse) sera chargée de mettre en oeuvre ce répertoire.

Les données seront conservées pendant 5 ans.

Caroline LEGAL

Avocat

Par caroline.legal le 15/12/09

La circulaire du 21 octobre 2009 précise les modalités de mise en oeuvre de l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés (OETH) 2009 et pour les années suivantes.

Quelle que soit la durée ou le type de contrat (CDD, CDI...) le salarié bénéficiaire de l'OETH compte pour :

- 1 unité (si la durée de travail est égale ou supérieure à la moitié de la durée légale ou conventionnelle) x le nombre de jours de présence effective du salarié dans l'établissement rapporté à l'année.

- 0,5 unité (si la durée de travail est inférieure à la moitié de la durée légale ou conventionnelle) x le nombre de jours de présence effective du salarié dansl'établissement rapporté à l'année.

Ne sont pas comptabilisés les travailleurs handicapés dont le contrat de travail est suspendu sans salaire versé par l'employeur et qui n'ont jamais été présents au cours de l'année civile.

A savoir : la reconnaissance de la qualité de bénéficiaire de l'OETH attribuée en cours d'année est valable pour toute l'année.

Nouveauté : l'employeur peut remplir son obligation d'emploi de travailleurs handicapés en accueillant des stagiaires souffrant de handicap dans la limite de 2% de l'effectif total de l'entreprise. Il s'agit notamment des stages organisés par l'AGEFIPH et ceux prescrits par le Pôle Emploi.

La durée du stage doit être au minimum de 40 heures.

Attention, l'accueil des stagiaires handicapés ne permet que partiellement de satisfaire à cette obligation d'emploi. Cela signifie que si l'entreprise n'a pas par ailleurs embauché de travailleur handicapé ou n'a pas passé de contrat avec le milieu protégé pendant plus de 3 ans, elle devra s'acquitter de la contribution AGEFIPH de 1500 fois la valeur du SMIC horaire.

Caroline LEGAL

Avocat

Par caroline.legal le 15/12/09

Dans un arrêt récent la Cour de Cassation a jugé que la faute inexcusable de l'employeur pouvait être reconnue même si l'accident n'a pas été reconnu comme un accident du travail par la caisse de sécurité sociale.

Il faut toutefois que l'action en reconnaissance de faute inexcusable engagée par la victime ou ses ayants droit l'ait été dans le délai de prescription de deux ans.

Caroline LEGAL

Avocat

Par caroline.legal le 15/12/09

Pour qu'une maladie professionnelle soit reconnue dans le cadre du tableau 57 (affections périarticulaires), l'assuré doit avoir effectué un travail figurant sur une liste limitative.

Ce travail doit avoir été réalisé de manière habituelle dit le code de la sécurité sociale.

La Cour de Cassation est venue préciser que si le travail doit être habituel, il n'est pas nécessaire qu'il occupe une part majoritaire dans l'activité du salarié.

Ainsi une boulangère qui souffre d'une tendinopathie de la coiffe des rotateurs (lésions à l'épaule) et qui effectue un travail de service au client, de conduite du véhicule et qui est amenée dans le cadre de cette activité à manipuler régulièrement le hayon et la porte latérale du véhicule, pourra demander la reconnaissance de cette maladie en maladie professionnelle.

Caroline LEGAL

Avocat

Par caroline.legal le 15/12/09

Attention, lorsqu'un salarié exécute son travail dans les locaux d'une autre entreprise, son employeur a le devoir de se renseigner sur les dangers encourus par son salarié.

S'il existe des dangers pour la sécurité dudit salarié, l'employeur doit mettre en oeuvre, le cas échéant, en coopération avec les organes de cette entreprise tierce, des mesures propres à préserver le salarié.

A défaut et en cas de survenance d'un accident du travail, l'employeur du salarié pourra voir sa responsabilité engagée pour faute inexcusable.

Caroline LEGAL

Avocat

Par caroline.legal le 10/12/09

A l'occasion du vote du PLFSS 2010, les sénateurs ont proposé que les indemnités journalières versées aux victimes d'accidents du travail ne soient pas soumises à l'impôt sur le revenu dans leur totalité comme le souhaitait le gouvernement.

Les sénateurs ont proposé un abattement de 50% pour toutes les victimes d'accident du travail, à la différence des députés qui souhaitaient que la CPAM calcule pour chaque cas, la part représentée par l'indemnité de réparation qui varirait selon le montant des revenus.

Les indemnités journalières ne constituraient donc un revenu de remplacement que pour une partie, l'autre serait constituée par la réparation d'un préjudice. A mon sens, la question de la nature de ce préjudice pourrait faire débat.

Caroline LEGAL

Avocat

Par caroline.legal le 27/11/09

Note de l'auteur du 24 août 2010 : la réforme a eu lieu le 5 juillet 2010. Consultez ma publication du 29 juillet 2010 intitulée "NOUVELLE TARIFICATION DES ACCIDENTS DU TRAVAIL/MALADIES PROFESSIONNELLES".

La réforme de la tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles est en route. Elle vise, selon la CNAM, à simplifier les règles de tarification des AT/MP.

Selon le projet, le seuil de tarification individuelle actuellement fixé à 200 salariés serait abaissé à 150 salariés tandis que le seuil de la tarification mixte passerait de 10 à 20 salariés. Autre point majeur de la réforme : l'inscription au compte employeur des conséquences d'un accident de travail ou d'une maladie professionnelle ne serait plus fixée en fonction de la gravité des sinistres ni en fonction de l'importance des prestations servies aux salariés au cas par cas mais fixée selon 10 catégories de coût moyen correspondant à un barème qui serait revalorisé annuellement.

Pour ce qui concerne l'incapacité temporaire, autrement dit les indemnités journalières, 6 catégories de coût seraient créées en fonction de la durée de l'arrêt de travail.

Le coût irait de 200 euros pour un arrêt de moins de 4 jours à 27 256 euros pour un arrêt de plus de 150 jours.

A la différence du système actuel qui conduit à imputer le montant des prestations à l'euro-l'euro aussi longtemps que le sinistre entraîne des dépenses, la réforme prévoit que le sinistre ne serait plus imputé qu'une seule fois au titre de l'année de survenance ou de la reconnaissance de la maladie professionnelle sur la base de la durée d'arrêt de travail prescrite.

Seraient donc exclues les rechutes qui n'entraîneraient donc pas de nouvelles imputations au compte employeur. Leur coût pour la branche serait toutefois intégré dans le calcul des différents tarifs forcément.

Pour ce qui est de l'incapacité permanente, autrement dit pour les rentes ou les capitaux versés aux salariés, 4 catégories de coût moyen seraient fixées selon la gravité du sinistre.

Ce coût irait de 1 926 euros à 356,403 euros en fonction du taux d'incapacité !

Là encore, l'imputation serait réalisée à titre définitif.

Il s'agit à mon sens d'une réforme qui entraînera des conséquences financières importantes pour les entreprises avec un risque d'effet de seuil évident.

Il conviendra aux entreprises d'être vigilantes dans le traitement de leur tarification et plus particulièrement dans le suivi des accidents du travail et des maladies professionnelles survenus à leurs salariés.

Des recours contentieux devront peut-être être mis en oeuvre.

Les accidents du travail et les maladies professionnelles vont donc coûter beaucoup plus cher aux entreprises qu'actuellement.

Il est prévu également par la réforme la possibilité de passer d'une tarification par établissement à une tarification par entreprise.

Cela signifie qu'une société qui possède trois établissements, pourrait faire appliquer une tarification commune pour les trois établissements à partir du moment où l'activité professionnelle des trois établissements est la même.

Enfin, il est prévu également par le PLFSS 2010 un système d'injonction et de majoration (sorte de bonus/malus) auprès des entreprises dans lesquelles il existe des situations de risques particulièrement graves pour la sécurité des salariés.

Il serait donc possible de prononcer des injonctions auprès de ces entreprises afin qu'elles prennent des mesures de suppression ou de réduction du risque.

Dans l'hypothèse où ces mesures ne seraient pas prises, la cotisation accident du travail pourrait être majorée de 25 % pendant au moins 3 mois.

Toutes ces dispositions devraient faire l'objet de décrets et s'appliquer à compter du 1er Janvier 2012.

Caroline LEGAL

Avocat

Par caroline.legal le 27/11/09

Les chiffres publiés par la CNAM pour la branche AT/MP montrent pour 2008 (par rapport à 2007) :

- une baisse du nombre d'accidents du travail avec arrêt de travail de 20,2%

- une baisse du nombre de décès liés au travail de 8,5%

- une baisse du nombre de nouvelles incapacités permanentes de 5,1%

- une augmentation du nombre d'IJ accident du travail de 4,3% (pour la 3ème année consécutive)

- une hausse des accidents du trajet de 2,8%

- une hausse des maladies professionnelles de 3,6% (13,5% d'augmentation sur la période 1998-2008)

- une hausse du nombre du nombre d'IJ maladie professionnelle de 11,1%

- que les affections périarticulaires et les maladies liées à l'amiante sont les maladies professionnelles les plus fréquentes.