Nov
08
MISCELLANEES :BREVE DISSERTATION SUR LES CONS

 

Le mot con est devenu bien banal, Georges BRASSENS l’avait même chanté jadis.

On a finalement eu bien plus tard le mur des cons des magistrats, sans compter le pov’ con de SARKOZY qui a tout de même conduit la Cour européenne des droits de l’homme si sensible à l’art. 11 de la déclaration des droits et à la liberté d’expression, à devoir condamner la France.

Les tribunaux français,  du moins la chambre criminelle de la Cour de cassation, qui est le sommet  de la pyramide, s’y sont mis et en définitive   voici quelques semaines à peine, on a jugé en principe dans l’affaire de mon ami politique Robert MENARD,  que tout était libre, sauf les propos haineux ou appelant à la violence.

Dire de quelqu’un qu’il est con  n’est donc  pas dans ce périmètre, c’est non seulement banal mais légalement encore toléré.

Je pensais à ce billet lorsque j’ai retrouvé l’album consacré à la carrière du plus exceptionnel des bâtonniers du barreau de Marseille de ces dernières 50 années, je parle d’Edouard ALEXANDER.

Son fils Raymond, avocat aussi,  mon condisciple et ami de faculté, a eu l’idée de collecter les témoignages des membres du barreau sur son père. Il y a là notamment  ce que je lui ai écrit. Je cite.

« De ton père, je conserve le souvenir d’un homme à la fois sympathique, et autoritaire, et surtout juste et courageux (…)

(…) Je commençais à faire mon trou, ton père était devenu bâtonnier, un confrère aixois avait porté plainte contre moi au prétexte  que dans la constitution d’une      S.A.R.L., je n’avais pas accompli je ne sais quelle formalité.

« Le con ne savait pas qu’il existait sur le sujet une réponse écrite du garde des sceaux à la question précise, et qu’on y disait  exactement comme moi.

« J’avais rencontré ton père. Il m’avait dit « petit, ce n‘est rien, je vais arranger ça ».Quatre jours plus tard, il m’avait appelé et m’avait copieusement engueulé. « Dis-donc, tu crois que c’est moi qui vais écrire la lettre ? » J’avais répondu que je n’osais pas, je n’étais pas le bâtonnier. « Et bien, tu vas préparer la réponse, que je recopierai. Mais attention, je te connais, c’est moi qui suis censé avoir rédigé la lettre, mets les formes en lui expliquant que c’est un con ».

« Ce qui fut fait.

« Reçois mon meilleur souvenir pour ton père, personnage exceptionnel, et pour moi mon amitié fidèle. » »

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Commentaires

Nom: 
Bâtonnier GIROUD

Il faut effectivement reconnaître la banalisation de l'emploi du mot "con".

Ce n'est pas une raison, à mon sens, de l'utiliser systématiquement pour qualifier les personnes avec lesquelles on n'est pas d'accord.

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