Oct
26
LE SANHEDRIN

Les droits de la défense en l'an trente.

Très instructif, cette pièce de théâtre : LE PROCÈS DE CAÏPHE de Charles Samuel.

Cet auteur (ancien Bâtonnier à Aix-en-Provence) nous conte l'histoire du grand prêtre qui a présidé un tribunal, célèbre pour avoir jugé JESUS (la sentence étant exécutée par les Romains), et qui demande à son tour d'être jugé par ses pairs. Procès, évidemment, tout à fait imaginaire, organisé à la demande même de CAIPHE qui ne comprend pas la désapprobation de son entourage et qui entend s'expliquer et se justifier devant la juridiction qu'il préside habituellement, LE SANHEDRIN.

Cette lecture est l'occasion de découvrir une curieuse juridiction : le SANHEDRIN.

Chose étrange, les membres de ce tribunal religieux cumulaient les fonctions de juges et d'avocats

Au début du procès, l'assemblée se divisait en deux parties, selon l'opinion initiale de ses membres (culpabilité ou acquittement).

Chacune de ces parties disposait d'un temps de parole identique, quel que soit son effectif.

Si un des juges changeait d'opinion au cours de débats, il quittait les bancs de l'accusation pour rejoindre les bancs de la défense. De juge, il devenait avocat et devait et alors prendre la parole pour plaider la cause de l'acquittement (et vice versa).

Le procès se terminait lorsqu'une majorité était atteinte, soit en accusation soit en défense.

Mais une des particularités les plus remarquables était l'interdiction de l'unanimité.

Suspecte, l'unanimité trahissait une volonté coordonnée de condamner. Elle était le signe d'une collusion des juges.

Aussi, l'unanimité pour accuser et condamner entraînait impérativement l'acquittement de l'accusé car il n'était pas concevable que ce dernier n'ait trouvé un seul défenseur.

Un système tout à fait protecteur des droits de la défense...

Mais alors, pourquoi JESUS a été condamné ?

J'ai trouvé une réponse sur GALLICA 2, en parcourant le procès de Jésus-Christ par le chanoine Constantin Chauvin, (1859-1930), 1904

Le livre est intégralement reproduit. On peut connaître la composition exacte du SANHEDRIN et du tribunal romain, on y découvre les interrogatoires de l'accusé, les témoignages, la scène où CAIPHE se déchire la tunique pour cause de blasphème de l'accusé etc...).

Voir page 42 et suivant : la procédure était entachée de nullité ! (interrogatoires de nuit, délibération avant la comparution de l'accusé etc...).

En définitive, il semble bien que nul système ne soit parfait...

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Commentaires

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Tagada
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On peut être jugé par ses paires (de chaussettes) à défaut de compter parmi les Pairs du Royaume.

(Vous pouvez effacer mon commentaire).

...d'enlever votre commentaire ! C'est la première fois que l'on corrige mon orthographe de manière aussi ironique...

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