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Par nicolas.creisson le 10/09/07
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Par nicolas.creisson le 08/09/07
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Par nicolas.creisson le 08/09/07
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Par nicolas.creisson le 08/09/07
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Petit jeu :

Pourriez-vous identifier les avocats présents sur ces photos ?

Plus de photos ici.

Par nicolas.creisson le 08/09/07
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Récit historique (une précédente réforme de la carte judiciaire).

Nous sommes en Thermidor de l'an VI de la République Française, il fait très chaud.

En file indienne, nous grimpons péniblement, transportant à dos d'homme de lourds sacs remplis des pièces de procédures puisque les mules ne peuvent pas passer.

Ces maudits parisiens, avec leur nouvelle carte, nous ont imposé une frontière départementale entre notre village de Puyloubier (dernier à l'est des Bouches du Rhône) et celui de nos voisins, Pourières (premier village à l'Est du Var).

Pour notre malheur, le tribunal de la Sénéchaussée n'existe plus.

L'article 212 de la Constitution veut qu'il y ait un juge de paix « dans chaque arrondissement déterminé par la loi ».

Puisqu'il n'y a plus d'avocats, c'est l'avoué qui nous a expliqué qu'une loi du 16 août 1790 a institué notre nouveau juge.

Ce juge de paix connaît donc toutes nos causes personnelles et mobilières, sans appel, jusqu'à la valeur de cinquante francs et à charge d'appel jusqu'à la valeur de 100 francs.

Mais notre juge de paix siège à Vauvenargues !

Les députés de l'assemblée Constituante ont dû regarder une carte et en conclure qu'il y a approximativement une même distance de 3 kilomètres à vol d'oiseau entre Puyloubier/Pourrière et Puyloubier/Vauvenargues.

Mais en réalité une gigantesque barrière (non pas administrative, mais rocheuse) sépare maintenant le plaideur de son juge : la formidable chaîne que les anciens appelaient le Mont Venturie mais qui est plus connu aujourd'hui sous le nom de montagne Sainte Victoire.

Ainsi, pour présenter toutes nos causes relatives aux dommages des hommes ou des animaux, aux champs, fruits, récoltes, ou bien encore aux déplacement de borne, usurpation de terre, arbre, haies, fossés et autres clôtures, mais aussi pour les entendre juger de contraventions et, parfois même de délits, il leur faudra franchir la Sainte Victoire.

Voilà pourquoi toutes les semaines, une longue procession de plaideurs quitte Puyloubier, part vers l'ouest avant le lever du soleil et grimpe jusqu'à l'Hermitage de Saint Ser, à flanc de montage.

A Saint Ser, le chemin des muletiers s'arrête et nos montures doivent faire demi tour.

Le premier effort passé, l'étrange procession doit, dans la clarté du soleil levant, suivre le petit chemin qui serpente, entre les chênes kemes, le long de la barre rocheuse, jusqu'au Couloir des justiciables.

Là commence l'escalade entre les pierriers. Dans ce couloir bien nommé, les justiciables sont en prise avec la paroi qui abrite l'aigle de Bonelli

La blancheur éblouissante du calcaire accroît un effort si pénible que bien souvent les plaideurs, écrasés de soleil, n'atteignent pas le sommet, un arrangement étant trouvé dans ce couloir abrupt.

Si la conciliation n'est pas possible, le couloir des justiciables leur permet d'atteindre la crête, au niveau du Col de Vauvenargues, et de la longer pour atteindre le Col de Soubéroque. Chaque versant de la montagne s'offre maintenant à leur regard et la vue s'étend jusqu'aux Alpes.

A Soubéroque, la procession a enfin rejoint le long sentier des Plaideurs.

Instinctivement, le groupe se ressert. Il est vrai que les enfants retardataires pourraient être la proie des loups (plus à l'est, le Garagail de Cagoloup est leur domaine).

C'est ce sentier des Plaideurs qui les conduit en pente douce jusqu'à Vauvenargues.

Les vieux, les éclopés, ne pourraient arriver à temps. Ils ont depuis longtemps renoncé à la justice.

Il est vrai que les « riches » ont des attelages pour faire le tour de la montagne et passent par Pourrières pour prendre la route de Rians, laissant sur la droite le « Pain de munissions » (dernier soubresaut de la chaîne de montagne qui s'adoucit à l'Est).

Avant d'arriver à Rians, les plaideurs fortunés peuvent obliquer à l'Ouest, en direction des ruines de l'antique Citadelle, et rejoindre Vauvenargues par le Col des portes (mais quel détour... Ce trajet est cinq fois plus long !).

A Vauvenargues, ils se font rendre justice, mais sitôt la sentence rendue, le prétoire se vide et chacun se met en route.

Car les plaideurs pensent déjà l'effort du retour....

200 ans ont passé, mais le chemin qu'empruntent les justiciables pour venir plaider leur cause, en esperant la faire entendre, ressemble encore trop souvent à un calvaire (serait-ce cela le progrès!!!) et l'accès à la Justice nous semble toujours si difficile et semé d'embûches..

Bien entendu, vous venez de lire un récit historique. Toute ressemblance ou similitude avec un projet de réforme serait purement fortuit.

Vous pouvez consulter, sur amisdesaintevictoire.asso.fr : Le Sentier des Plaideurs ; Le Couloir des Justiciable se situe sur le tracé Noir, de la Chapelle Saint Ser au Col de Vauvenargues

Vous pouvez également jeter un oeil sur notre blog sur la Sainte Victoire .

Le Calvaire des plaideurs en images, c'est ICI .

Par nicolas.creisson le 07/09/07
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Par nicolas.creisson le 07/09/07
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Par nicolas.creisson le 07/09/07
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