Par nicolas.creisson le 11/11/09

Dans une semaine commencera le tournage du premier épisode de « La loi selon Lucas », nouvelle série mettant en scène un juge d'instruction.

De nombreuses scènes doivent être tournées au palais Verdun que les lecteurs de mon blog connaissent bien.

Plus de détails sur le site de la Provence : Le nouveau héros de TF1 est juge d'instruction à Aix

Par nicolas.creisson le 26/05/09

Vue aerienne, avec Virtual Earth. Mon Cabinet et entouré de rouge. En arrière plan, la Cour d'appel.

Par nicolas.creisson le 07/01/09

Ce matin, tout était blanc...

Par nicolas.creisson le 09/09/08

Gaspard de Venel fut reçu conseiller au Parlement de Provence en 1633. Mais c'est grâce à ses niches et mystifications qu'il a pu rester dans l'histoire.

Voici le récit d'une de ses farces, sous la plume de Roux Alphéran (Les rues d'Aix).

« ... Une autre fois, ce fut un pauvre paysan que M. de Venel aperçut, à l'entrée de la nuit, étendu ivre-mort sur un banc, au coin d'une rue. Vite il court chez lui, appelle quelques domestiques, vient enlever le soulard, le fit transporter dans le plus bel appartement de son hôtel et le fourre dans le meilleur lit. Le lendemain, le paysan avant cuvé son vin, se réveille et ne reconnaît pas le lieu où il se trouve. Les portes en étaient fermées; il appelle et quatre laquais accourent pour demander les ordres de monseigneur le duc de ....., qui a fait l'honneur à leur maître de descendre chez lui. Comme il est un peu sale, on lui fait prendre un bain, on le parfume d'essences, on le revêt d'habits magnifiques. Interdit de ce qu'il entend et de ce qu'il voit, le bonhomme croit rêver, et sur ce qu'on lui dit qu'il est fort bien éveillé, il se laisse persuader qu'il est en effet un très grand seigneur, et, comme s'il l'avait toujours été, il se fait servir impérieusement à déjeuner. M. de Venel arrive avec quelques amis, chapeau bas, et entame la conversation que le paysan soutient de la manière la plus risible par son langage, ses gestes et son maintien. L'heure du dîner sonne et il fait honneur à son hôte par son appétit dévorant; puis l'heure du souper, auquel assistent une foule de dames et de jeunes seigneurs, tous richement parés.

La musique se fait entendre dans la salle voisine ; c'est un concert auquel on invite monseigneur et qui est suivi d'un bal très brillant. Les domestiques de la maison ont la permission de laisser les portes ouvertes et de regarder de l'antichambre ce qui se passe. Parmi eux se trouve une femme du peuple, qu'une servante avait reçu l'ordre d'attirer auprès d'elle. Cette femme reconnaît son mari dans le prétendu seigneur, traverse l'assemblée et se jette à son cou. " Ah! mon mari, s'écria-t-elle, moi qui te croyais depuis hier au cabaret, selon ta coutume, lorsque tu étais ici, et dans quel équipage ! Est-il possible que tu aies fait fortune, sans m'en faire part et sans en faire jouir tes enfants ! "

- Quelle est cette aventurière ? dit le paysan d'un ton dédaigneux; qu'on la fasse sortir d'ici. Vas, malheureuse effrontée; vas chercher ton mari parmi tes pareils. Moi le duc de ....., le mari d'une telle femme ! Non, je ne le suis pas. Retire-toi, te dis-je; je ne te connais pas. - Tu ne me connais pas, reprit la femme, je vais te faire voir qui je suis.

Et, sur ce discours, elle fait pleuvoir une grêle de coups de poings et de soufflets sur le pauvre mari qui a bien de la peine à s'en garantir et qui ne riposte que faiblement. On peut juger du rire fou que cette scène fit naître parmi les convives. Jamais ils n'avaient assisté à une tragi-comédie pareille. Cependant un somnifère qu'on avait fait avaler au paysan commençait à produire son effet. La femme lasse de le battre s'était retirée en le maudissant mille fois, et lui, chancelant, s'assied et s'endort. On le dépouille de ses beaux habits, on lui rend ses haillons et on le reporte au lieu même d'où on l'avait tiré la veille. A son réveil, plus de laquais, plus de bons repas, plus d'habits galonnés, plus de concert ni de bal. Il retourne chez lui. " Ah ! ma chère femme , s'écrie-t-il en entrant, si tu savais le beau rêve que j'ai fait ! " - " Ce n'est point un rêve malheureux, c'était bien une réalité. Et ta pauvre femme comment l'as-tu traitée ? Mais elle t'a bien récompensé de tes dédains. " - " Ma femme! je ne l'ai pas vue, je me trouvais en si belle compagnie, qu'elle ne pouvait être là; etc. " Nous ne poursuivrons pas le récit de cette nouvelle scène, non moins curieuse, dit-on, que celle de la veille »...

D'autres farces de Gaspard de Venel ici.

Par nicolas.creisson le 09/09/08

Toute la ville est en émoi !

Quelques pierres se sont détachées du balcon de la porte d'entrée du Palais comtal, du côté de la place des Prêcheurs. L'une d'elle a brisé la cuisse d'un pauvre homme qui était là par hasard.

Nous sommes au mois d'août 1775, à Aix-en-Provence.

La rumeur gronde... Et si cet accident était prémédité ?

La suite de l'histoire le laisse penser...

Jugez plutôt :

En, mars 1776 le Parlement de Provence délibéra d'abandonner ce palais « en ruine » et transfère ses séances dans le couvent des dominicains. Celles du tribunal de la sénéchaussée déménage au collège BOURBON (l'actuel collège Mignet)

Mais pourquoi ces magistrats voulaient-il fuir ces lieux, craignaient-ils réellement la menace de la ruine ?

L'histoire retiendra que cette délibération fut prise en haine du parlement Maupeou.

Les hauts magistrats de la ville ne voulaient plus siéger dans un palais qui avait été occupé par ceux qu'ils considéraient comme des intrus...

C'est donc la fierté de cette noblesse Provençale qui est à l'origine du désastre.

Ce "Palais des comtes de Provence et des Cours souveraines" était en grande partie l'ouvrage des romains, édifié à une époque incertaine.

Nous savons que deux tours (tour du Trésor et tour du Chaperon), dataient du temps de Marius, général romain bien connu des Aixois pour avoir vaincu, en 102 avant J.-C, l'armée teutonne installée sur les bords de l'Arc, à quelques kilomètres d'Aix-en-Provence. (Dans une grande bataille, dont le lieu reste toujours un mystère, les Teutons sont massacrés. Plutarque raconte que le nombre des morts est tel « que l'on peut voir plusieurs années après les habitants de la plaine enclore leurs vignes avec des haies faites d'ossements humains »).

Ces deux tours servaient de défense à la porte principale de la ville. Entre elles, cheminait la voie romaine (l'actuel souterrain qui relie les deux palais est construit sur cette voie. Des pierres monumentales témoignent de cet ouvrage).

L'une de ces tours abritait le cachot de Saint mitre (accusé de sorcellerie, il avait été enfermé, avant d'être décapité dans la cour du prétoire. On raconte qu'il ramassa alors sa tête, la serra contre sa poitrine et la porta jusqu'à l'autel de l'église de Notre-Dame de la Seds dont il devait devenir le patron, avant d'expirer).

La troisième, la Tour de l'Horloge était un mausolée élevé à trois patrons de la colonie, vers le milieu du II ème siècle.

Les comtes de Provence avaient bâtis autour de ces trois tours un vaste palais qui leur servait de demeure.

Ils y établirent le siége de toutes les juridictions de la Provence et les rois de France y fixèrent la résidence des grands corps de magistrature (Parlement de Provence, la Cour des Comptes, Aides et Finances, le Bureau des Trésoriers-généraux de France et tribunal de la Sénéchaussée).

Mais revenons à la destruction de ces monuments, antiques témoignages de la grandeur romaine.

Elle fut résolue et terminée en 1786. Louis XVI ordonna alors la construction d'un nouveau palais sur l'emplacement de l'ancien.

Le nouveau palais devait être plus beau, plus grandiose, plus que l'ancien. Le projet fut confié à Nicolas Ledoux.

Les plans initiaux témoignent du prestige de ce Palais, d'un style néoclassique.

Mais la révolution fit suspendre les travaux pendant plus de trente ans, Ledoux étant accusé de pousser le Trésor à des dépenses inconsidérées.

C'est ainsi qu'une génération d'aixois a connu un champ de ruines au centre de la ville.

Le superbe palais ne verra jamais le jour.

Le palais actuel, élevé sur les fondations commencées en 1786, n'a en effet plus rien à voir avec le faste annoncé. Ce simple cube, orné de sept colonnes, est beaucoup plus petit. Il est vrai que cette capitale d'une grande province n'était plus qu'un chef-lieu de sous-préfecture.

Mais la place vint bientôt à manquer.

On érigea alors un étage. On déménagea les tribunaux, ne laissant sur place que la Cour d'appel. On déménagea encore les chambres sociales. Puis on transforma la prison en un deuxième palais. Enfin, ce furent une fois encore les chambres sociales qui durent s'exiler...

A l'heure de la réforme de la carte judiciaire, Aix conserve la deuxième Cour d'appel de France, mais la démolition guette notre Tribunal de Grande Instance.

Comme en 1786, il a été présenté aux aixois un projet d'architecture tout à fait grandiose.

Mais l'heure est à l'économie et l'on commence à murmurer que le projet sera modifié, les dimensions étant revues à la baisse...

Note :

Les détails historiques proviennent de l'ouvrage « Les rues d'Aix » de Roux Alphéran (1846). Un livre de référence qui n'est, malheureusement, plus édité.

Les illustrations sont ici.

Par nicolas.creisson le 04/09/08

Son nom officiel : "Palais des comtes de Provence et des Cours souveraines"... Photos prises au musé du viel Aix (avec l'amable autirisation de la dame de l'accueil). Le diaporama en plein écran est ici.