drones-et-droit

Par ariel.dahan le 17/07/14
Dernier commentaire ajouté il y a 3 années 3 mois

Le JIBO est un petit robot "statique" d'interaction multi-informations avec les occupants d'une maison, allant de la reconnaissance faciale, à la surveillance des entrants, de la visio-conférence à la lecture pour les enfants.
Il semble être doté d'une intelligence émotionnelle artificielle capable de lui faire reconnaître l'état émotionnel des humains.
Ses fonctions d'assistant vocal semblent particulièrement bien développées, ainsi que sa capacité à comprendre ou faire de l'humour au bon moment.

Sa technologie d'interaction avec l'utilisateur, strictement vocale, semble très évoluée et permettre une interaction totalement naturelle avec son "maître" ou tout autre utilisateur.

Une préfiguration très intéressante de ce que pourra être le serviteur robotique du futur. Il ne lui manque qu'un module de déplacement pour dépasser R2D2 et 6PO...

La vidéo qui est mise en ligne sur le site est très parlante.
http://youtu.be/3N1Q8oFpX1Y

Bientôt en vente, visiblement. Son financement se fait par mode participatif.

Par ariel.dahan le 12/07/14
Dernier commentaire ajouté il y a 7 années 2 mois
Premier vol en formation d'un drone de combat français (Neuron de Dassault)

Dassault rapporte avoir fait voler le 20 mars 2014 son drone de combat nEUROn en formation au-dessus de la Méditérannée en patrouille avec un Rafale et un Flacon 7X, (outre deux avions de prise de vue). Le nEUROn évoluait en mode totalement automatique (non-piloté, mais avec un vol paramétré), et les avions pilotés formaient une formation autour de lui.

Ce vol, présenté comme une première mondiale (même si certaines armées volent déjà depuis longtemps avec un drone de reconnaissance en amont de l'escadrille) s'inscrit dans un scénario de recherche pure pour l'instant, en partenariat avec la DGA.

Je m'interoge sur le scénario qui a été utilisé, sachant que la Méditerrannée est une zone soumise au contrôle aérien qui ne contient que très peu de zones d'exclusion militaire. Fatalement, le nEUROn a évolué à un moment ou à un autre en zone peuplée. Il me semble donc indispensable que nous connaissions les paramètres du scénario qui a été déposé à la DGAC pour autoriser ce vol en formation. A moins que Dassault n'ai obtenu la qualification militaire de l'opération pour s'affranchir de l'arrêté de 2011.

Pour la technique, le nEUROn est un drone bombardier furtif. Il emporte avec lui exclusivement des capteurs passifs. Son seul capteur externe était un capteur optique IR passif. Compte tenu de sa furtivité il ne communique pas avec les autres appareils ni avec le sol. Ce qui explique son vol en mode totalement paramétré, sans contrôle visuel d'un pilote.

Dans de telles conditions, le faire voler en formation suppose que le drone soit le leader de la formation, n'obeissant qu'à ses paramètres programmés avant le décolage, et que les pilotes des aéronefs patrouillant avec lui se calent sur son comportement. La base de contrôle au sol n'est là que pour valider le passage d'une phase à une autre, dans une configuration où le pilote ne reprendra la main qu'en cas de besoin ou après la mission furtive accomplie.

Psychologiquement compliqué pour une patrouille hiérarchisée, mais pas nécessairement impossible. Dassault en a donné la preuve.

NB : nEUROn est un aéronef de 10m de long, 12 m d'envergure et 7 tonnes au décollage, pour 5 tonnes à vide. On est dans l'une des configurations les plus restrictives pour un vol en espace contrôlé civil. Bien évidemment, lorsqu'il accomplira une mission purement militaire, l'Arrêté de 2012 ne s'appliquera pas...

 

Ariel DAHAN
Avocat