May
02
BCE - BAISSE DU PRINCIPAL TAUX DIRECTEUR A 0,5%.

http://www.huffingtonpost.fr/2013/05/02/bce-baisse-taux-croissance

-draghi-fed-chomage-monnaie_n_3199557.html?utm_hp_ref=france

La BCE baisse son taux, mais la croissance aussi

Le HuffPost | Par Grégory RaymondPublication: 02/05/2013 13:58 CEST

BCE - C'est une décision historique qu'a pris la Banque centrale européenne

(BCE) ce jeudi 2 mai.

L'institution de Francfort a décidé de baisser son principal taux directeur

à 0,5%, contre 0,75% jusqu'à présent.

Jamais elle n'était allée aussi bas.

Cette baisse intervient au lendemain du maintien de

la Réserve fédérale américaine de sa politique de soutien

à l'économie.

En maintenant son taux proche de 0% (comme c'est le cas

depuis fin 2008), son homologue américaine a décidé l'Europe

à se lancer.

Sauf que ça ne va servir à rien... ou presque.

Concrètement, les banques de la zone euro vont pouvoir

emprunter dans des conditions plus avantageuses,

afin de favoriser la croissance et ainsi améliorer le retour

de l'emploi.

Selon Anne-Laure Delatte, chercheuse à l'Observatoire

français des conjonctures économiques et professeur

à la Rouen Business School, l'action de la BCE "donne

au moins un signal".

"Ne rien faire serait encourir le risque d'un euro encore

plus fort et surévalué, handicapant les exportations,

et ce en pleine récession de la zone euro, poursuit-elle

dans Le Monde.

Un nouveau relâchement des taux n'aura cependant

que peu ou pas d'effet sur la situation économique,

tant que la BCE n'aura pas résolu son problème

de transmission de sa politique monétaire.

* Les banques ne répercutent pas la baisse sur les entreprises

Car l'institution a beau inonder les banques de liquidités

bon marché, ces dernières peinent à prêter aux ménages

et aux entreprises, en particulier les petites et moyennes,

dans les pays les plus en difficulté, ou alors à des taux

rédhibitoires.

Traduction: malgré l'accès au crédit facilité, les banques

des pays du sud de la zone euro se refusent toujours

à transférer cette souplesse dans l'économie réelle.

"Une baisse de taux non accompagnée de mesures exceptionnelles

pour réparer le mécanisme de transmission ne fait pas sens",

estime ainsi la banque ING.

Début avril, le président de la BCE Mario Draghi avait souligné

que son institution réfléchissait à la manière adéquate

de surmonter ce souci, sans développer davantage.

Selon les analystes, la BCE aurait le choix entre plusieurs recettes

miracles:

* conditionner ses prêts aux banques en échange d'aides aux entreprises

* participer à un plan d'aide en faveur des PME

* racheter directement des actifs émis par les entreprises

Autant de mesures qui risquent de susciter l'opposition de la

Bundesbank, l'instance monétaire allemande, selon qui

la BCE ne serait pas dans son rôle.

En effet, le mandat de la BCE est de maintenir la stabilité

des prix dans la zone. Ni plus, ni moins.

Pourtant, l'inflation est en constante chute, ce qui pourrait

légitimer un coup de pouce de la BCE.

* L'euro fort laisse craindre le pire pour les exportations

Le taux d'inflation annuel mesuré par l'évolution des prix

a fortement décéléré en avril à 1,2%, contre 1,7% en mars.

C'est son plus faible niveau depuis février 2010 et sa plus forte

baisse mensuelle depuis plus de quatre ans, selon les

données d'Eurostat.

Cela a pour conséquence de faire grimper la valeur de l'euro

face dollar, actuellement situé à 1 euro pour 1,3027 dollar.

Selon l'économiste Marc Touati, contributeur au HuffPost,

la baisse du taux à 0,5% n'aura qu'un effet symbolique,

"tant que ce dernier ne reculera pas à 1,15 dollar pour

1 euro, la zone euro ne pourra pas retrouver le chemin

de la croissance forte et durable, restant donc coincée

dans la crise de la dette."

Le chômage a lui atteint un nouveau record en mars,

touchant 12,1% de la population active totale de la zone

euro, mais 26,7% en Espagne, 27,2% en Grèce

ou 17,5% au Portugal.

"La longue période de faiblesse économique s'étend

désormais aux pays les plus solides de l'Union monétaire,

avec pour risque que le moteur de sa croissance

ne s'essouffle", note Annalisa Piazza, de Newedge.

La reprise attendue à partir du printemps perd en crédibilité

à mesure de publications décevantes.

En particulier, l'activité privée s'est encore contractée

en avril, n'épargnant plus l'Allemagne.

La première économie de la région dépend pour une part

très significative de la compétitivité des prix -et donc du

taux de change de l'euro- pour ses exportations hors zone euro.

Mots-clés: 

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA