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BRUXELLES ET BIENTOT LE FMI? COMPETITIVITE - LES 3 URGENCES - RETRAITES - EMPLOI - MARCHE DES BIENS ET SERVICES

LES TROIS EXIGENCES DE BRUXELLES

IL EST TEMPS DE REAGIR ET VITE ! ALLER A L 'ESSENTIEL

PLUS DE POLEMIQUE NI DE POLITIQUE POLITICIENNE

DU RESULTAT!

Source: http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/05/09/france-les-trois-

reformes-exigees-de-bruxelles_3174114_3234.html

France : les trois réformes exigées par Bruxelles

LE MONDE | 09.05.2013 à 10h22 * Mis à jour le 09.05.2013 à 15h54

Par Philippe Ricard

Bruxelles, bureau européen

François Hollande a prévenu son gouvernement : le délai de

deux ans offert à la France pour ramener son déficit en

deçà de 3 % de son produit intérieur brut (PIB) d'ici à 2015

ne signifie pas la fin des efforts de redressement esquissés

depuis son élection. Au contraire.

Olli Rehn, le commissaire européen chargé des affaires

économiques et monétaires, a accepté d'étaler dans le

temps les chantiers ouverts, en échange d'engagements

les plus précis possibles de Paris en matière de réduction

des dépenses publiques, et, surtout, de réformes structurelles.

Cette approche a été agréée, dans ses grandes lignes,

avec le ministre des finances Pierre Moscovici, juste avant

l'annonce surprise du nouveau délai, vendredi 3 mai.

Mais les détails seront précisés au fil d'un dialogue informel

qui s'annonce nourri entre Paris et Bruxelles.

Le sujet devrait d'ailleurs être au menu de la prochaine visite

de M. Hollande à la Commission, mercredi 15 mai.

Bruxelles doit, pour sa part, préciser ses attentes dans une série

de recommandations détaillées, le 29 mai.

Le nouveau délai devrait ensuite, sur cette base, être entériné

par les ministres des finances courant juillet.

"Cela ne va pas sans contrepartie", prévient Herman Van

Rompuy, le président du Conseil européen.

Sans plus de précisions, M. Rehn a indiqué qu'il attendait du

mouvement dans trois grandes directions :

la réforme des retraites, le marché du travail

et une plus grande libéralisation des services et des biens.

De manière générale, on salue à Bruxelles les premières

décisions de Paris, sur la base du rapport Gallois sur la

compétitivité, ou de l'accord sur la sécurisation de l'emploi

négocié par les partenaires sociaux.

Mais on considère que le "programme national de réforme" -

un document de plus de 80 pages envoyé le 30 avril par le

gouvernement français - manque de précisions.

"C'est un bon résumé de ce qui a été fait depuis un an,

mais cela reste un peu faible sur le plan prospectif", dit-on

dans l'entourage de M. Rehn.

 Assurer un financement pérenne des retraites

Là dessus, au moins, Paris et Bruxelles sont d'accord.

Mais sur ce dossier explosif, le gouvernement français prévient

ne pas être en mesure d'être plus précis à ce stade, "afin de ne

pas préjuger des modalités du compromis espéré d'ici à l'été

entre les syndicats et le patronat", répètent en choeur

les officiels français.

Pour la Commission européenne, la mauvaise conjoncture

empêchera la réforme précédente, menée par Nicolas Sarkozy,

d'assurer, comme prévu à l'origine, le retour à l'équilibre

du régime des retraites en 2018.

Il reste donc, selon elle, à assurer la "durabilité du système

des pensions".

M. Rehn se garde cependant d'indiquer s'il souhaite le relèvement

de l'âge de départ légal de départ à la retraite à 67 ans, comme

dans certains pays européens.

"La Commission n'a pas les pouvoirs pour cela.

Elle identifie les grands enjeux, mais ne fait là comme ailleurs

aucune prescription sur les moyens, observe un proche des discussions.

C'est une façon pour les gouvernements de s'approprier les réformes."

 Engager la réforme du marché du travail

Celle-ci est destinée à améliorer la compétitivité des entreprises

françaises.

C'est une priorité pour la Commission, mais aussi pour l'Allemagne,

où la chute des parts de marché de la France à l'export est jugée

très préoccupante.

Bruxelles considère que les dirigeants français doivent, sans toucher

aux salaires, réfléchir à abaisser le coût du travail, en allégeant

les charges, et la fiscalité.

"Le coût du travail est une des clés de la compétitivité", vient de

rappeler José Manuel Barroso, le président de la Commission,

dans un entretien à L'Express :"Les pays où la dette s'est envolée

sont ceux où le coût unitaire du travail a le plus augmenté", argue-t-il.

Pour Bruxelles, les jeunes et les actifs âgés sont de surcroît trop

souvent exclus du marché du travail en France.

Ce dernier serait enfin trop segmenté : les chances de passer

d'un contrat précaire à un contrat à durée indéterminée (CDI)

ont fortement baissé ces dernières années, notait la Commission

dans ses précédentes recommandations à la France en mai 2012.

Elle préconisait une révision du haut niveau de protection des

contrats temporaires et permanents ainsi que de la législation

sur les licenciements, jugée "dissuasive" pour les employeurs.

 Accélérer la libéralisation des marchés des biens et services

Sur le dossier de la mise en concurrence, la Commission compte bien

revenir à la charge.

Elle espère la levée de "restrictions inutiles dans les industries de réseau".

Son objectif : permettre l'arrivée de nouveaux opérateurs sur le marché

de l'électricité, dominé par EDF, et sur celui du transport ferroviaire, où

la SNCF reste toute puissante.

Des réformes plus ou moins engagées en France. Bruxelles vise aussi l

es professions "excessivement réglementées", comme les avocats et les

vétérinaires.

 Mettre la pression sur le gouvernement français

Après avoir créé la surprise, en proposant d'accorder deux ans

supplémentaires à Paris, M. Rehn est revenu à la charge :

la France doit profiter du délai imparti pour "mener des

réformes structurelles de grande ampleur. (...)

C'est important pour les Français, pour que la France puisse

débloquer son potentiel de croissance pour créer des emplois",

a-t-il insisté, mardi 7 mai, à Bruxelles.

Ce nouveau délai "n'est pas pour nous une incitation au relâchement,

ou à la paresse", a répondu Pierre Moscovici à Berlin, tout en indiquant

ne pas vouloir de "surajustement pour notre pays, de plans d'austérité

qui vont plus loin que ce qui est nécessaire".

A ses côtés, son homologue allemand, Wolfgang Schäuble, a dit "faire

confiance à la Commission et à la France" pour préciser la feuille de route

en discussion en échange du sursis de deux ans proposé à Paris.

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