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DEFICIT PUBLIC FRANCE - DELAI DE 2 ANS - REGLE DES 3% - BRUXELLES

Source: http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/

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FRANCE ACTUALITÉS

Déficit : Bruxelles donne un répit de 2 ans à la France

Par Renaud Honoré | 03/05 | 11:59 | mis à jour à 15:04 |

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn

estime que compte tenu de la situation, il est "raisonnable"

d'accorder à la France un délai supplémentaire de deux ans

pour réduire son déficit.

La France pourrait avoir jusqu'en 2015 pour ramener son déficit

sous les 3 %.

Pour l'anniversaire de son arrivée à l'Elysée, François Hollande

a reçu un cadeau presque inespéré de Bruxelles.

La Commission européenne a ainsi annoncé ce vendredi

qu'elle envisageait de donner à la France deux ans de plus,

à l'horizon 2015, pour ramener son déficit sous la barre des 3%.

« Compte tenu de la situation économique, il serait raisonnable

de prolonger de deux ans le délai », soit 2015, a expliqué lors

d'une conférence de presse Olli Rehn, le Commissaire aux

affaires économiques.

La mesure doit encore être confirmée fin mai par le responsable

finlandais, qui fait ainsi un pas en direction de Paris.

Cela fait en effet plusieurs semaines que le gouvernement

français plaide en coulisse, selon des sources européennes,

pour que la Commission fasse un geste.

La France se refusait d'évoquer le délai de deux ans

publiquement, selon ces mêmes sources, de peur de

provoquer un doute sur la crédibilité de sa politique

économique.

Bruxelles avait-elle le choix ?

Au vu des chiffres dévoilés aujourd'hui, on ne voit pas

de toute façon pas bien comment l'objectif d'un retour

sous les 3% en 2014 aurait pu rester réaliste.

Selon les prévisions de la Commission, la croissance

de la France serait négative en 2013 (-0,1%), et de

1,1% en 2014 .

Des chiffres en retrait par rapport à ce que prévoit Paris,

qui table sur une croissance de 1,2% l'an prochain et une

croissance de 0,1% cette année.

Dès lors Bruxelles s'attend à voir les finances publiques

hexagonales dériver à court et moyen terme, dans des

proportions assez importantes : le déficit attendu est de

3,9% en 2013 et 4,2% en 2014 !

Pour mémoire, la France a promis de le ramener à 2,9%

en 2014, un niveau qui paraît hors d'atteinte.

Un plan de stabilité loin d'avoir convaincu

Pour autant, ce cadeau fait à François Hollande n'est pas

désintéressé.

« Il n'est pas question d'accorder ce délai sans engagement

fort de la France », assure un expert des questions

économiques.

Paris pensait avoir fait le nécessaire en transmettant

cette semaine son programme de stabilité budgétaire

et de réformes structurelles pour les années à venir.

Mais les premiers échos venus des couloirs du Berlaymont,

le siège de la Commission, montrent que ce plan est loin

d'avoir convaincu.

C'est particulièrement le cas des réformes structurelles,

où les experts européens ont du mal à percevoir autre

chose qu'un rappel de mesures déjà entérinées.

Ce qui a été annoncé en terme de libéralisation du

marché de l'énergie ou du ferroviaire a ainsi semblé

manquer de substance.

Or, plus que sa situation budgétaire, c'est le potentiel

de croissance de la France qui inquiète désormais Bruxelles.

« Ce qui est essentiel, ce sont les réformes structurelles,

un volet au moins aussi important que l'assainissement

budgétaire », a assuré Olli Rehn, réclamant des mesures

concrètes sur « le marché du travail, le système de retraites

et l'ouverture à la concurrence de certaines professions

ou de certains marchés ».

En clair, la Commission estime que la fameuse « boîte à outils »

de François Hollande est encore trop vide, et qu'il faudra

rapidement trouver de nouveaux instruments

pour obtenir le feu vert définitif sur le délai supplémentaire

de deux ans.

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