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REFORME PENALE - PREVENTION DE LA RECIDIVE - PEINE DE PROBATION - PEINES PLANCHER - LIBERATION CONDITIONNELLE

SOURCE: Mathilde Leleu

http://www.allgov.com/fr/infos/a-la-une/taubira-planche-

sur-une-grande-r%C3%A9forme-du-syst%C3%A8me-

p%C3%A9na-130724l?news=850654

Taubira planche sur une grande réforme du système pénal

jeudi 25 juillet 2013

Christiane Taubira, ministre de la Justice, a exprimé

dès l'été dernier son souhait de créer une grande réforme

de la politique pénale pour la rentrée prochaine.

Ainsi, pendant près de six mois, une “conférence de

consensus sur la prévention de la récidive” a été mise

en place avec l'audit de représentants d'organisations

professionnelles, d'associations et de syndicats.

Avec un seul objectif, rappelle la magistrate Nicole Maestracci,

celui d'“éviter d'avoir une nouvelle loi tous les six mois”

Au terme de cette concertation, douze recommandations ont

été exprimées.

Sur les conseils des experts, la ministre envisage désormais

de diminuer les sanctions pénales à caractère systématique.

Ainsi, elle envisage la création d'une peine de probation censée

éviter au maximum la peine d'incarcération, en permettant

au condamné de purger sa peine hors de prison, mais avec

un suivi plus personnalisé que les actuels sursis avec mise à

l'épreuve...

Fidèle à l'une des promesses de campagne de François

Hollande, la ministre désire aussi s'attaquer aux peines plancher

mises en place en 2007, imposant une peine systématique

et incompressible pour les délits les plus graves.

En parallèle sont envisagées la libération conditionnelle

automatique aux 2/3 de la peine, la remise en cause de

la politique du chiffre, la dépénalisation de certaines infractions...

Christiane Taubira veut aussi s'attaquer à la récidive, un

sujet plus qu'épineux sur lequel nombre d'élus se sont déjà

cassés les dents.

Un sujet inévitable comme le rappelle l'Express, cinq ans après

leur libération, plus de la moitié des détenus (59%) seraient de

nouveau condamnés.

Pour cela, une meilleure surveillance des personnes sous

bracelet électronique est entre autres prévue.

Face à cela, le Figaro n'a pas mâché ses critiques à l'encontre

du gouvernement et dès la fin de la concertation, titrait :

"Prison, récidive: la gauche renoue avec l'angélisme".

Le journal expose notamment la colère des familles de victimes

qui se sentient exclues des pourparlers et reprochent le “laxisme”

du gouvernement.

De concert avec les familles, le président du groupe UMP à

l'Assemblée, Christian Jacob, déclarait :

«La disparition des peines planchers, de la rétention de sûreté et

la suppression des tribunaux pour mineurs récidivistes sont

dangereuses».

La rentrée s'annonce donc agitée pour la Garde des Sceaux.

Pour en savoir plus :

Loi anti-récidive : les victimes rejettent le projet Taubira (Le Figaro)

Prison et récidive: la méthode Taubira fait mouche (L'Express)

Conférence de consensus de Taubira: comment prévenir

la récidive? (L'Express)

Commentaires

de savoir ce que veut en définitive notre société. L'Etat n'ayant plus les moyens de ses missions régaliennes, il n'a pas plus de moyens pour suivre, réinsérrer les détenus. Donc la prison pour quoi faire est le véritable enjeu du débat. Punir par la détention serait contre productif. Comme nous ne savons pas comment faire pour empêcher la récidive multiple il va bien falloir imaginer aussi que la prison est un moyen d'exclusion de la société, d'élimination en quelque sorte. Songeons qu'aux Etats-Unis qui connaissent tous les modes alternatifs de sanction, sursis, suppression du permis de conduire, TIG, bracelets, modulation et personnalisation de la détention, éloignement etc..., il y a deux millions de détenus. Proportionnellement nous devrions en avoir 400 000. Cherchons l'erreur...

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