Aug
24
34 000 morts par jour

Un chiffre terrifiant : 34 000 personnes meurent tous les jours de maladies liées soit au manque d'eau, soit aux insuffisances de l'assainissement. 1,1 milliard personnes n'ont pas accès régulièrement à l'eau potable. Le tiers de la population mondiale, soit 2, 6 milliards de personnes, n'a pas accès à des toilettes, et chaque année, plus de 2 millions de morts d'enfants sont liées au manque d'installations sanitaires.

Voici en données brutes, les enjeux planétaires de l'accès à l'eau qui ont été au cœur de la 17e édition annuelle de la Semaine mondiale de l'eau, réunissant à Stockholm deux mille cinq cents experts du secteur de l'eau, venus du monde entier. La conférence s'est conclue avec de grands points d'interrogations, d'autant plus que la situation, objectivement, se détériore. Et la question du réchauffement climatique s'est trouvée au cœur des débats.

Pour Johan Kuylenstierna, directeur du Congrès, il s'agit de faire face « au double défi de la croissance de la population mondiale et du réchauffement de la planète », et la gestion de l'eau est un outil central.

La réunion de Stockholm n'a pas été le lieu de révélations, mais de confirmations. Confirmations de l'importance des enjeux et des difficultés des réponses, notamment d'une fait d'une prise de conscience qui ne parvient pas à se faire au juste niveau. Pour l'Institut international de l'eau à Stockholm (SIWI), « les changements climatiques, combinés à une population qui continue d'augmenter et à l'expansion des centres urbains, constituent une recette pour les catastrophes ». Pour ces experts, il est indispensable de prendre en l'augmentation du niveau des eaux dans la planification urbaine. Tandis que près de 80 % de la population mondiale vit à moins de 50 kilomètres des côtes, le SIWI a fait un tableau inquiétant des risques liés à la hausse du niveau de la mer. Et les exemples ne manquent pas pour illustrer cette situation, à commencer par les récentes inondations dans le sud de l'Asie, notamment au Bangladesh qui se retrouve en grande partie sous le niveau de la mer.

Sunita Narain, directrice du Centre pour la science et l'environnement en Inde, a estimé, alors que les pays émergeants et les pays pauvres connaissent un fort phénomène d'urbanisation, que désormais la gestion de l'eau, aussi bien pour la fourniture et l'évacuation, devait être considérée comme une question centrale alors qu'elle a toujours traité comme une donnée secondaire.

Un autre sujet longuement traité à été l'accès à des installations d'hygiène, dénoncée comme « l'une des histoires négligées du développement » par le Johan Kuylenstierna, directeur de la Semaine mondiale de l'eau. Cette question est désormais prise en compte par les Nations Unies, qui ont décidé de faire de 2008, l'année internationale des questions sanitaires.

Enfin, le congrès a abordé l'impact des biocarburants. En effet, la quantité d'eau réclamée par les biocarburants pourrait devenir équivalente à celle requise pour l'agriculture à vocation alimentaire d'ici à 2050, si l'essor du bioéthanol et du biodiesel se poursuit au rythme actuel. C'est dire que le recours massif au bio-carburants n'arrange rien, et aggrave dramatiquement la situation.

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