Sep
27
La complexité démocratique

Le peuple souverain s'exprime : très bien, mais comment s'organise cette parole commune ? Les processus démocratiques sont régulièrement critiqués pour leur complexité, alors que celle-ci est inévitable. Bien sûr, il faut souhaiter des procédés simples et efficaces, mais il faudrait alors en assumer les conséquences, à savoir un pouvoir fort, saupoudrant son action de légalisme et de démocratie. Respecter l'opinion du peuple, permettre au peuple, c'est-à-dire à la diversité des hommes, d'être décisionnaire, face à la multiplicité des enjeux collectifs, suppose d'accepter comme un fait acquis la complexité des processus démocratiques .

Le système français est bien complexe. Commune, département, région, Etat, Europe... S'il est certain que des règles doivent être simplifiées, cette construction, globalement, perdurera : les décisions doivent être prises à l'échelon le plus pertinent. D'ailleurs, les autres Etats ne connaissent pas des régimes si différents. La démocratie génère la complexité et c'est moins cette complexité que le manque de vision politique qui est en cause. Les responsables politiques sont en faute de laisser cette critique prospérer sans y répondre : soit elle est fondée, et il faut réformer ; soit elle n'a pas de contenu, et il faut défendre le système en place.

La France ne fait figure d'exception que sur un point, le nombre de communes : 36 000. Elle compte autant de communes que tous les autres pays européens réunis. Cette multiplicité est-elle une tare ? C'est au contraire un atout qu'existe dans chaque village une communauté de citoyens investis de l'esprit public. Cet investissement collectif est bien préférable à une gestion administrative, alors même que celle-ci serait plus rationnelle. Les communes d'ailleurs ont entrepris, et depuis longtemps, de concilier cette diversité communale avec des actions concertées. Qui doute sérieusement de la pertinence de la vie communale ? Réfléchissons au « mal des banlieues », que personne ne conteste. A-t-on suffisamment à l'esprit qu'un seul immeuble d'une cité regroupe parfois la population d'une petite commune, et que pour cet immeuble on a renoncé à maintenir un gardien-concierge, alors qu'au sein de la commune existent un conseil municipal, un centre d'action sociale, un comité des fêtes, une bibliothèque et de vivaces associations locales ?

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