Aug
28
La météo a bon dos

D'accord, on trouvera plus drôle. Alors que la rentrée n'est pas facile, voilà l'autre rabat-joie qui la ramène avec les affamés du Sahel. Bon, je n'abuserai pas, mais quand même...

C'est l'histoire des Pfrdv, c'est-à-dire dans le langage de la Fao, « pays à faible revenu et à déficit vivrier ». Pour faire bref, les Pfrdv sont les fauch'people. Et pour les Pfrdv, une très mauvaise rentrée s'annonce : le prix du blé s'est renchéri de plus de 70 % en un an. L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture évoque une pénurie alimentaire. Oui, je sais, je casse l'ambiance.

Les mauvaises nouvelles s'accumulent : garce de météo ! En Afrique de l'Ouest, les précipitations irrégulières ont entraîné un démarrage tardif de la campagne agricole. Les pluies abondantes ces derniers mois dans le Nord de l'Europe s'ajoutent aux sécheresses historiques d'Australie et d'Ukraine. L'Argentine n'est pas mieux. Météo encore, avec la France, cinquième producteur mondial, où les récoltes minées par la pluie s'annoncent décevantes. Ajoutons le directeur chinois du service météorologique national annonçant que le réchauffement climatique pourrait, d'ici à 2030, faire baisser la récolte de céréales en Chine de 10%.

Bref, les céréales vont manquer, et les prix vont flamber. Selon la Fao, de graves difficultés alimentaires persistent dans 28 pays.

Soyons sérieux : la météo a bon dos !

Bien sûr, existent de grandes institutions, et de beaux programmes internationaux... bref, les instances vont réagir. Mais l'un des questions posées est directement celle de la défense des droits des Pfrdv et de leurs populations.

Il y a quelques jours, la conférence de Stockholm sur l'eau se concluait sur des chiffres alarmants. Aujourd'hui, c'est le blé. Pas d'histoire : ce sont les besoins primaires qui sont en cause.

La mondialisation du droit s'ébauche sous nos yeux, avec ses règles et ses contrats. Elle doit clairement s'ouvrir à la reconnaissance des droits individuels. De tous.

Alors que les utilisateurs malheureux des piles-Nokia-qui-ne-rechargent-pas envisagent les grandes manœuvres pour faire reconnaître leurs droits bafoués de consommateurs, ceux qui se posent la question de manger et boire pourraient être un tentés de faire un petit quelque chose. Pour ma part, je verrai bien une magnifique class'action des affamés du Sahel contre les grandes firmes qui contrôlent à leur profit le marché des céréales... pour inverser la logique : d'abord les besoins vitaux, ensuite les délicieux profits.

Un fondement juridique ? L'article 1 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

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