Aug
27
Vichy -2. De Gaulle : ce qu'aurait pu faire Paul Reynaud

2-b. Ce que de Gaulle a écrit de l'attitude de Paul Reynaud

Une option pour Paul Reynaud aurait été de ne pas démissionner, et de quitter le pays en qualité de président du conseil, pour Londres ou l'Afrique du Nord. Le départ sans démission du président du conseil, accompagné de mesures adéquates, aurait sensiblement compliqué la donne institutionnelle . Les 16 et 17 juin, Paul Reynaud pouvait sans difficulté quitter le sol métropolitain. Sans doute un président du Conseil nommé depuis un mois, et non investi par la chambre n'avait-il pas une légitimité politique étincelante, mais il n'en reste pas moins que ce départ aurait sensiblement compliqué la tâche du Maréchal Pétain et de sa petite équipe, qui a reçu comme un cadeau sans prix, cette arrivée au pouvoir, dans les forems et usages de la République.

Dans ses Mémoires, de Gaulle écrit :

« Pour ressaisir les rênes, il eut fallu s'arracher au tourbillon, passer en Afrique, tout reprendre à partir de là. M. Paul Reynaud le voyait. Mais cela impliquait des mesures extrêmes : changer le Haut-commandement, renvoyer le maréchal et la moitié de ses ministres, briser avec certaines influences, se résigner à l'occupation totale de la métropole, bref, dans une situation sans précédent, sortir à tous risques du cadre et du processus ordinaire.

« M. Paul Reynaud ne crut pas devoir prendre sur lui des décisions aussi exorbitantes de la normale et du calcul. Il essaya d'atteindre le but en manoeuvrant. De là, en particulier, il envisagea un examen éventuel des conditions de l'ennemi, pourvu que l'Angleterre donnât son consentement. Sans doute, jugeait-il que ceux-là même qui poussaient à l'armistice reculeraient quand ils en connaîtraient les conditions et qu'alors s'opérerait le regroupement de toutes les valeurs de la guerre et du salut. Mais le drame était trop rude pour que l'on pût composer. Faire la guerre sans ménager rien ou se rendre tout de suite, il n'y avait d'alternative qu'entre ces deux extrémités. Faute, pour M. Paul Reynaud, de s'être tout à fait identifié à la première, il cédait la place à Pétain, qui adoptait complètement la seconde. » Par sa démission, Paul Reynaud a facilité la nomination régulière du maréchal Pétain, et la signature de l'armistice n'avait plus d'obstacle institutionnel. »

A suivre: Le premeir dicours du Maréchal Pétain

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA