gilles.devers

Par gilles.devers le 31/08/07
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D'habitude, j'aime bien la rentrée. Le sentiment de ces jours qui patinent, comme si le bel éloignement du mois d'août pouvait durer. Puis le retour dans l'arène, les amis, le moteur qui redémarre... Ajoutez une dose de terrasse au soleil de la fin d'été. C'est justement là que les choses se sont gâtées. Depuis, c'est le doute. Je vous explique.

A la recherche de la meilleure information, synthétique, moderne et tout et tout, je lisais Paris-Match. Et je découvre le coup des bourrelets. Bourrelets ? Mais non, pauvres bougres... Des poignées d'amour ! Supprimer les poignées d'amour... Ce n'est plus Paris-Match, c'est vraiment devenu Petit-Paris, Petit-Match.

C'est à ce moment qu'un rire joyeux me sort de ma perplexité. Une délicieuse amie, toujours au courant de tout, vient partager mon soleil et me raconte l'histoire de notre premier ministre. Drôle d'histoire ! Sur le site officiel du gouvernement, une photo genre gravure, du chef du gouvernement inaugurant une usine à Tourcoing, entouré de personnalités. Que du bon. Non ! Que du mauvais m'explique la belle ! La photo a été rectifiée. Christian Vanneste, l'honorable député, condamné pénalement pour ses propos homophobes, ex-UMP devenu CNI, figurait sur la photo d'origine, la vraie, et a été supprimé avant de figurer sur le site du premieir ministre. L'ordinateur a encore frappé, comme par un soubresaut du savoir-faire stalinien. On n'est pas malin.

Bref, rien n'est simple et tout se complique, comme disait le Petit Nicolas de Sempé. Et moi, un peu perturbé. Car pour ne rien vous cacher, ma belle amie, harmonieusement dotée par la nature, avait décidé ce matin-là de vivre sans artifice, à tout le moins sans l'attribut vestimentaire que, gamins, nous appelions le lance-pierre. Disons la vérité : je n'étais pas fondamentalement éloignée de ce truc aussi bizarre que sympathique qui s'appelle l'émotion.

Mais grand malaise quand, revenu au bureau, la lecture de la presse m'apprend que Wonderbra a inventé le soutien-gorge Nipples (je vous laisse vérifier la traduction) : invisible, équipé de droite et de gauche d'une sorte de capsule plastique, disposée sur le textile à l'emplacement idoine, pour que le regard extérieur puisse croire que..., alors que rien du tout. Important recul de l'émotion.

Alors, où est la vérité ? Pas facile pour l'avocat, son joyeux fantassin, qui se trouve les jarrets coupés alors qu'il s'apprêtait à sortir de la tranchée du mois d'août.

Bien sûr, j'entends encore notre vieux copain Lacan nous parler de la varité, cette vérité variable. Je sais aussi que sept personnes assises en cercle et regardant ensemble le même objet verront des choses différentes. C'est çà aussi la vérité.

Mais un être raisonnable ne peut rester dans le flou. Il faut décider.

D'abord, je résilie mon abonnement à Petit-Paris, Petit Match. Ensuite, je me rendrais personnellement à toutes les réceptions du premier ministre. Quant à mon amie, et au doute qui me taraude, si un internaute à une idée, je suis preneur.

Avec mes remerciements anticipés.

Par gilles.devers le 30/08/07
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5. Message du 25 juin 1940 : « C'est à un redressement intellectuel et moral que je vous convie »

L'armistice passe mal auprès d'une population bouleversée par la défaite et l'exode. Le Maréchal Pétain et sa petite équipe engage aussitôt la phase qui conduira au changement de régime, par un argumentaire simple : tout ce qui arrive est la conséquence de l'incurie de la III° République.

Le 25 juin, le Maréchal Pétain s'adresse aux Français pour expliquer le sens et la portée qu'il donne aux deux armistices signés . Après avoir clôt sa démonstration par une analyse bien idéalisée en terme de souveraineté – « Le gouvernement reste libre, la France ne sera administrée que par des Français », le Maréchal résume son choix de l'armistice, moquant les « mal instruits des conditions de la lutte » qui entendent poursuivre le combat.

"Vous étiez prêts à continuer la lutte, je le savais. La guerre était perdue dans la métropole ; fallait-il la prolonger dans nos colonies ? Je ne serais pas digne de rester à votre tête si j'avais accepté de répandre le sang français pour prolonger le rêve de quelques Français mal instruits des conditions de la lutte. Je n'ai voulu placer hors du sol de France, ni ma personne, ni mon espoir. Je n'ai pas été moins soucieux de nos colonies que de la métropole. L'armistice sauvegarde les liens qui l'unissent à elles. La France a le droit de compter sur leur loyauté."

Le Maréchal aborde alors sa vision de l'avenir : un ordre nouveau commence.

"C'est vers l'avenir que, désormais, nous devons tourner nos efforts. Un ordre nouveau commence. Vous serez bientôt rendus à vos foyers. Certains auront à le reconstruire.

Vous avez souffert. Vous souffrirez encore. Beaucoup d'entre vous ne retrouveront pas leur métier ou leur maison. Votre vie sera dure. Ce n'est pas moi qui vous bernerai par des paroles trompeuses. Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal. La terre, elle, ne ment pas. Elle demeure votre recours. Elle est la patrie elle-même. Un champ qui tombe en friche, c'est une portion de la France qui meurt. Une jachère de nouveau emblavée, c'est une portion de France qui renaît. N'espérez pas trop de l'Etat qui ne peut donner plus qu'il ne reçoit. Comptez pour le présent sur vous-mêmes et, pour l'avenir, sur les enfants que vous aurez élevés dans le sentiment du devoir.

"Nous aurons à restaurer la France. Montrez-la au monde qui l'observe, à l'adversaire qui l'occupe, dans tout son calme, tout son labeur, dans tout son calme. Notre défaite est venue de nos relâchements. L'esprit de jouissance détruit ce que l'esprit de sacrifice a édifié. C'est à un redressement intellectuel et moral que, d'abord, je vous convie. Français, vous l'accomplirez et vous verrez, je le jure, une France neuve surgir de votre ferveur."

Le gouvernement s'est installé à Vichy, avec la promesse faite par la convention d'armistice d'un prochain retour à Paris. La station thermale de l'Aller, ville sans histoire politique, disposant de nombreux hôtels, pouvait convenir à ce provisoire. Dans cette station destinée essentiellement à une clientèle estivale, les hôtels, pour la plupart, ne disposaient pas de chauffage. Cette question est restée ignorée, car le retour dans la capitale était prévu pour bien avant l'hiver. Elle fût par la suite source de difficultés considérables.

Dans son message du 11 juillet 1940, le jour où il se saisit des pleins pouvoirs, le Maréchal Pétain fera preuve d'un bel optimisme :

« Afin de régler plus aisément certaines questions dont la réalisation présente un caractère d'urgence, le gouvernement se propose de siéger dans les territoires occupés. Nous avons demandé, à cet effet, au gouvernement allemand, de libérer Versailles et le quartier des ministères à Paris. »

Le Maréchal n'effectuera qu'une seule visite à Paris, le 26 avril 1944, encadré par les Allemands, suite aux bombardements alliés sur Boulogne-Billancourt, pour atteindre des usines participant à l'effort de guerre allemand.

* * *

La III° République pouvait-elle résister à la débâcle militaire ? A coup sûr, elle était à bout de souffle. Mais l'analyse suppose de répondre à trois grandes questions :

- le parlement n'avait-il pas à se prononcer sur le principe de l'armistice et ses modalités ?

- était-il indispensable de changer en urgence la constitution ?

- parce qu'un pouvoir fort était nécessaire, fallait-il organiser le pouvoir personnel du Maréchal Pétain ?

A suivre: le projet de délégation de pouvoirs

Par gilles.devers le 30/08/07
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Dix-huit prévenus sont jugés à Istanbul depuis le début du mois de juillet pour le procès de l'assassinat du journaliste d'origine arménienne Hrant Dink, le 18 janvier 2007. Le plus jeune des 18 prévenus, Ogün Samast, était âgé de 17 ans au moment des faits. Il a reconnu être le dernier maillon de la chaîne, celui qui a tué le journaliste turc d'origine arménienne, en janvier, de trois balles tirées à bout portant sur le perron de l'hebdomadaire turco-arménien Agos. En raison de son jeune âge, c'est à huis clos que s'est ouvert, lundi à Istanbul, le procès des auteurs présumés de l'assassinat. Le plus difficile sera d'apprécier la chaîne des responsabilités qui ont pu conduire à cet acte qui avait bouleversé la Turquie.

C'est dans ce contexte qu'est publié par les Editions Fradet (16, bd de la Paix, 51100 REIMS, tel / fax : 03 26 88 63 66) un recueil de textes Hrant Dink, sous le titre « Être Arménien en Turquie ».

Hrant Dink, qui était né en 1954, aspirait à une Turquie simplement démocratique où tous, Turcs, Arméniens, Kurdes et autres minorités, vivraient en paix. Considéré comme un traître par les nationalistes, Hrant Dink était devenu la cible de groupes d'extrême droite. Malgré les accusations et les menaces, il avait toujours refusé de quitter la Turquie. Lors de sa dernière interview, il avait confié : « C'est ici que je veux poursuivre le combat. Car ce n'est pas seulement mon combat. C'est le combat de tous ceux qui veulent la démocratisation de la Turquie. Si je me rends et que je quitte le pays, ce sera la honte pour tous. Mes ancêtres ont vécu dans ce pays, c'est ici que sont mes racines et j'ai le droit de mourir dans le pays qui m'a vu naître. »

« ...Oui, je peux me voir dans l'inquiétude et l'angoisse d'une colombe, mais je sais que dans ce pays les gens ne touchent pas aux colombes. Les colombes peuvent vivre en plein cœur des villes, au plus chaud des foules humaines. Non sans crainte évidemment, mais avec quelle liberté ?".

Ainsi se terminait le texte que Hrant Dink fit parvenir le 18 janvier 2007 au magazine Radikal2 qui s'apprêtait à le publier. Le lendemain il était assassiné en plein cœur d'Istanbul devant le siège de l'hebdomadaire Agos dont il était le fondateur.

« Être Arménien en Turquie ». a été réalisé avec le concours de l'association Turquie Européenne, de l'hebdomadaire Agos et de Baskin Oran, politologue turc. La préface est d'Etyen Mahçupyan qui a succédé à Hrant Dink à la tête d'Agos.

Ecoutons Orhan Pamuk : « Le message de Hrant était que bien sûr les nationalistes arméniens comme les nationalistes turcs partagent l'envie de se combattre et d'en découdre. Hrant prônait la réconciliation avec les Turcs arméniens basée sur la compréhension, le dialogue et l'ouverture. Il avait le cœur ouvert. Il vous disait ce qu'il pensait droit dans les yeux. Ça a été son combat et malheureusement ça lui a coûté la vie... »

Par gilles.devers le 29/08/07
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4. La convention d'armistice franco-allemande du 22 juin 1940

L'armistice est conclu dans des conditions militaires qui interdisent toute négociation. Le gouvernement garde des compétences limitées, sur un territoire morcelé. Le coût économique est ruineux, et l'armée confinée.

Le 25 juin, l'armistice est signé .

L'article 1° donne le ton. Le texte de la convention a été rédigé par les autorités allemandes, et toutes les demandes de modification présentées par les autorités françaises ont été rejetées.

Article 1°. – Le gouvernement français ordonne la cessation des hostilités contre le Reich allemand, sur le territoire français, comme sur ses possessions coloniales, protectorats et territoires sous mandat et sur les mers. Il ordonne que les troupes françaises déjà encerclées par les troupes allemandes déposent immédiatement les armes.

L'article 2 institue le partage du territoire, avec une occupation du territoire totalement inégalitaire : les superficies sont proches, mais les Allemands contrôlent Paris et toutes les régions industrielles du Nord et de l'Est .

Art. 2. – Pour assurer les intérêts du Reich allemand, le territoire français situé au nord et à l'ouest de la ligne tracée sur la carte ci-jointe sera occupé par les troupes allemandes. Les territoires qui ne sont pas encore aux mains des troupes allemandes seront immédiatement occupés par la conclusion de la présente convention.

L'article 3 définit les droits de la puissance occupante . Bienveillant, l'article se poursuit en évoquant le retour du gouvernement français à Paris, mais il s'agit d'une illusion : les demandes françaises ne seront jamais examinées sérieusement.

Art. 3. – Dans les régions françaises occupées, le Reich allemand exerce tous les droits de la puissance occupante. Le gouvernement français s'engage à faciliter par tous les moyens les réglementations et l'exercice de ces droits ainsi que l'exécution avec le concours de l'administration française. Le gouvernement français invitera immédiatement toutes les autorités et tous les services administratifs français du territoire occupé à se conformer aux réglementations des autorités militaires allemandes et à collaborer avec ces dernières d'une manière correcte.

Le gouvernement allemand a l'intention de réduire au strict minimum l'occupation de la côte occidentale après la cessation des hostilités avec l'Angleterre. Le gouvernement français est libre de choisir son siège dans le territoire non-occupé ou, s'il le désire, de le transférer même à Paris. Dans ce dernier cas, le gouvernement allemand s'engage à accorder toutes les facilités nécessaires au gouvernement et à ses services administratifs centraux afin qu'il soit en mesure d'administrer de Paris les territoires occupés et non occupés.

Les articles suivants traitent de la reddition militaire.

- Article 4 : démobilisation des forces françaises ;

- Article 5 et 6 : livraison aux autorités allemandes de tout le matériel de guerre pour les territoires occupés et non occupés;

- Article 7 : mise à disposition des fortifications et installations militaires ;

- Article 8 : démobilisation et désarmement de la flotte ;

- Article 9 : fourniture des renseignements miliaires ;

L'article 10 fait faire un grand pas dans la logique de la soumission.

Art. 10. – Le gouvernement français s'engage à n'entreprendre à l'avenir aucune action hostile contre le Reich allemand avec aucune partie des forces armées qui lui restent, ni d'aucune autre manière.

Le gouvernement français empêchera également les membres des forces armées françaises de quitter le territoire français et veillera à ce que ni des armes, ni des équipements quelconques, ni navires, avions, etc., ne soient transférés en Angleterre ou à l'étranger.

Le gouvernement français interdira aux ressortissants français de combattre contre l'Allemagne au service d'Etats avec lesquels l'Allemagne se trouve encore en guerre. Les ressortissants français qui ne se conformeraient pas à cette prescription seront traités par les troupes allemandes comme francs-tireurs.

Les articles 11 et 12 assurent le contrôle allemand sur le trafic maritime ou aérien de type commercial.

L'article 13 crée l'obligation pour le gouvernement français de mettre à dispositions des autorités allemandes l'ensemble ses équipements collectifs, en bon état. L'article 14 traite du contrôle des émissions TSF par les Allemands. L'article 15 prévoit une liberté de transit via la France entre l'Allemagne et l'Italie. Au titre de l'article 16, le gouvernement français ne pourra procéder au rapatriement des populations ayant fui en zone sud qu'avec l'accord des autorités allemandes.

L'article 17 impose un contrôle de l'activité économique.

Art. 17. – Le gouvernement français s'engage à empêcher tout transfert de valeurs à caractère économique et de stocks du territoire à occuper par les troupes allemandes dans le territoire non-occupé ou à l'étranger. Il ne pourra être disposé de ces valeurs et stocks se trouvant en territoire occupé qu'en accord avec le gouvernement allemand, étant entendu que le gouvernement du Reich tiendra compte de ce qui est nécessaire à la vie des populations dans les territoires non occupés.

L'article 18, très imprécis, se révélera particulièrement coûteux.

Art. 18. – Les frais d'entretien des troupes d'occupation allemandes sur le territoire français seront à la charge du gouvernement français.

Les articles 19 et 20 traitent du sort des prisonniers : libération immédiate de tous les nationaux allemands, détenus ou prisonniers pour quelque raison que ce soit, alors que le sort des soldats français prisonniers est lié la conclusion de la paix. Un article terrible pour ces 1 850 000 prisonniers qui deviennent ainsi les otages du gouvernement allemand.

Art. 20. – Les membres des forces armées françaises qui sont prisonniers de guerre de l'armée allemande resteront prisonniers de guerre jusqu'à la conclusion de la paix.

Les articles suivant traitent des modalités de mise en œuvre, notamment de la responsabilité du gouvernement français dans la bonne mise en oeuvre de la commission d'armistice, qui agira « sous le contrôle du Haut-commandement Allemand ».

Liens avec les autre références

• Nouveau statut de l'Allemagne et de l'Italie, le 16 juillet 1940 : n° 32

• Légion française des combattants, le 29 août 1940 : n° 75

• Enjeu africain, le 6 septembre 1940 : n° 85

• Réglementation sur les armes, le 15 octobre 1940 : n° 108, 109, 110 et 111

• Réorganisation de l'Ecole polytechnique, le 15 avril 1941 : n° 292

• Légion des volontaires français contre le bolchevisme, le 11 février 1943 : n° 510

• Création d'une force armée gouvernementale, le 15 juillet 1943 : n° 554

• Engagement de Français dans la Waffen-SS, le 22 juillet 1943 : n° 553

• Engagement de Français dans la Kriegsmarine, le 17 mars 1944 : n° 623

Prochain épisode: "C'est à un redressement intélectuel et moral que je vous convie..."

Par gilles.devers le 29/08/07
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La CEDH a rendu ce 31 juillet 2007 deux intéressants arrêts en matière de liberté d'expression, qui opèrent comme une bonne piqûre de rappel. Il se trouve que les deux affaires concernent la Russie, qui est condamnée dans les deux cas pour violation de l'article 10 de la Convention, qui protège la liberté d'expression. Mais l'intérêt va au delà. Sans bouleversement, la Cour rappelle les principes qui guident la matière. Les journalistes doivent pouvoir jouer leur rôle de « chien de garde », et la loi ne doit pas poser des contraintes qui les rendraient réticents à exercer cette mission essentielle dans une société démocratique. La liberté est acquise pou les informations et les idées qui intéressent le public – même quand elles peuvent heurter, choquer ou inquiéter.

1. Diouldine et Kislov c. Russie (n° 25968/02)

En août 2000, deux journalistes russes Victor Gavrilovitch Diouldine et Alexandre Ivanovitch Kislov, avaient publié une lettre ouverte dans le journal Novaïa birjevaïa gazeta. Ce texte, qui faisait suite à une table ronde ayant réuni des rédacteurs-en-chef, des journalistes et des militants des droits de l'homme de la région, critiquait l'administration de la région de Penza, affirmant qu'elle entravait la politique du président Poutine contre la corruption. Etait dénoncée une répression tendant à dissuader les médias de révéler les actes de corruption impliquant des fonctionnaires.

En mai et en juillet 2001, les juridictions internes, saisies par les fonctionnaires des services concernés, jugèrent que le contenu de certains passages de la lettre étaient faux et portaient atteinte à l'honneur et à la dignité de membres des autorités régionales.

L'une des conditions essentielles, en matière de diffamation, est qu'une personne en particulier soit visée. Or, la seule personne spécifiquement désignée par la lettre était le gouverneur de région, qui n'avait pas saisi la justice. L'argumentation de la Cour est surtout intéressante quant aux finalités de la presse : si les fonctionnaires pouvaient engager des actions en diffamation au sujet de chaque déclaration critique concernant les affaires publiques, les journalistes seraient submergés d'actions en justice et les médias auraient à supporter une charge excessive et deviendraient réticents à jouer leur rôle de « chien de garde ».

La Cour revient sur la distinction entre les affirmations et les jugements de valeur. Les passages en cause étaient des jugements de valeur. Or, ceux-ci ne se prêtent pas à une démonstration de leur exactitude : il suffit qu'ils reposent sur des faits suffisants. La lettre était le fruit du travail collectif d'un panel représentatif d'experts qui possédaient une connaissance directe des medias. La preuve requise, pour justifier que l'on qualifie de « destructrice » la politique du gouverneur, était une appréciation du développement socio-économique de la région. La Cour souligne que le degré de précision exigé lorsqu'un journaliste exprime son avis sur une question d'intérêt public ne peut guère être comparable à celui de prévisions économiques. En outre, le jugement de valeur a été formulé au cours d'un débat politique animé dans le cadre duquel les élus et les journalistes devaient jouir d'une grande liberté de critique à l'égard de l'administration locale.

Dès lors, la condamnation était abusive.

2. Tchémodourov c. Russie (n° 72683/01)

Victor Vladimirovitch Tchémodourov, journaliste résidant à Koursk (Russie) avait publié en juillet 2000 dans le journal Korskiy Vestnik. Dans cet article, il avait critiqué le gouverneur Routskoï et qualifiant d' « anormale » sa réaction à des allégations faisant état d'un détournement de fonds régionaux.

En novembre 2000, les juridictions nationales estimèrent que les faits relatés dans l'article étaient véridiques, mais jugèrent que le terme « anormal » était injurieux et portait atteinte à la réputation du gouverneur.

Pour se prononcer, la CEDH élargit l'analyse. Le terme « anormal » est à replacer dans un contexte où le journaliste décrivait l'attitude d'un haut fonctionnaire qui avait semblé inappropriée vu les circonstances.

L'article se référait à la conduite du gouverneur et non à sa vie privée ou à sa santé mentale. Etant donné que le rôle du journaliste est, selon la jurisprudence établie de la Cour, de présenter des informations et des idées qui intéressent le public – même quand elles peuvent heurter, choquer ou inquiéter – l'emploi du terme « anormal » n'a pas excédé les limites acceptables de la critique. De plus – analyse intéressante – en tant qu'éminent homme politique, le gouverneur aurait dû faire preuve d'une plus grande tolérance à l'égard de la critique.

Par gilles.devers le 28/08/07
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3. Message du 17 juin 1940 : « C'est d'un coeur serré... »

Le lendemain de sa nomination, le Maréchal Pétain impose sa politique : l'arrêt des combats, et la recherche de l'armistice. Le choix est une défaite politique, qui permet toutes les revanches, et non une capitulation de l'armée, qui aurait permis la poursuite de la guerre depuis l'Empire, et aurait contraint l'Allemagne à gérer le territoire métropolitain. Mais le message du 17 juin témoigne d'une autre inconséquence : les soldats arrêtent les combats alors que l'armistice n'est pas signée, et ils sont massivement faits prisonniers.

C'est le 17 juin, que le Maréchal Pétain adresse son premier message radiodiffusé .

Français,

« À l'appel de M. le président de la République, j'assume à partir d'aujourd'hui la direction du gouvernement de la France. Sûr de l'affection de notre admirable armée qui lutte, avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires, contre un ennemi supérieur en nombre et en armes, sûr de sa magnifique résistance – elle a rempli nos devoirs vis-à-vis de nos alliés, sûr de l'esprit des anciens combattants que j'ai eu la fierté de commander – sûr de la confiance du peuple tout entier, j'ai fait à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur. En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude.

« C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat.

« Je me suis adressé cette nuit à l'adversaire pour lui demander s'il est prêt à rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l'honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités.

« Que les Français se groupent autour du Gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n'écouter que leur foi dans le destin de la patrie. »

La formule selon laquelle il fallait arrêter le combat a été particulièrement malheureuse, car nombre de soldats crurent qu'un cessez-le-feu avait été conclu, et l'essentiel des 1,8 million de prisonniers fut capturé dans la semaine qui s'est écoulée entre ce discours, le 17, et la signature de l'armistice, le 24. Par la suite, les services de l'information soutinrent que le maréchal avait dit : « C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut tenter de cesser le combat. »

Le 20 juin au matin, l'option du départ pour l'Algérie est encore d'actualité. Les trois présidents – Albert Lebrun, Edouard Herriot et Jules Jeanneney – sont d'accord pour poursuivre le combat depuis Alger et l'amiral Darlan a pris les dispositions pour l'embarquement des responsables politiques sur Le Massilia. Le maréchal Pétain envisage de rester symboliquement en métropole, pour représenter le gouvernement. Mais, sur la base d'informations mensongères, évoquant un ressaisissement du front , l'option est in extremis abandonnée.

La question d'actualité est la signature de l'armistice. Mais l'équipe du Maréchal à une autre idée : après l'armistice, le changement des institutions.

Pour faire le lien

• Convention d'armistice, le 22 juin 1940 : n° 4

• Engagement des poursuites contre le général de Gaulle, le 12 juillet 1940 : n° 25

• Déchéance de la qualité de français pour abandon du territoire, le 23 juillet 1940 : n° 44

• Modification du régime de la trahison, le 27 juillet 1940 : n° 45

• Message après Montoire, le 30 octobre 1940 : n° 122

• La « Relève », le 26 septembre 1942 : n° 450

• Création du « Mouvement prisonniers », le 9 septembre 1943 : n° 565

Et aussi

• Création du Conseil de Défense de l'Empire, le 27 octobre 1940 : n° 22

• Création du Comité Français de la Libération Nationale, le 3 juin 1943 : n° 660

• Rétablissement de la légalité républicaine ; le 9 août 1944 : n° 661

Prochain épisode : le texte de l'armistice

Par gilles.devers le 28/08/07
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D'accord, on trouvera plus drôle. Alors que la rentrée n'est pas facile, voilà l'autre rabat-joie qui la ramène avec les affamés du Sahel. Bon, je n'abuserai pas, mais quand même...

C'est l'histoire des Pfrdv, c'est-à-dire dans le langage de la Fao, « pays à faible revenu et à déficit vivrier ». Pour faire bref, les Pfrdv sont les fauch'people. Et pour les Pfrdv, une très mauvaise rentrée s'annonce : le prix du blé s'est renchéri de plus de 70 % en un an. L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture évoque une pénurie alimentaire. Oui, je sais, je casse l'ambiance.

Les mauvaises nouvelles s'accumulent : garce de météo ! En Afrique de l'Ouest, les précipitations irrégulières ont entraîné un démarrage tardif de la campagne agricole. Les pluies abondantes ces derniers mois dans le Nord de l'Europe s'ajoutent aux sécheresses historiques d'Australie et d'Ukraine. L'Argentine n'est pas mieux. Météo encore, avec la France, cinquième producteur mondial, où les récoltes minées par la pluie s'annoncent décevantes. Ajoutons le directeur chinois du service météorologique national annonçant que le réchauffement climatique pourrait, d'ici à 2030, faire baisser la récolte de céréales en Chine de 10%.

Bref, les céréales vont manquer, et les prix vont flamber. Selon la Fao, de graves difficultés alimentaires persistent dans 28 pays.

Soyons sérieux : la météo a bon dos !

Bien sûr, existent de grandes institutions, et de beaux programmes internationaux... bref, les instances vont réagir. Mais l'un des questions posées est directement celle de la défense des droits des Pfrdv et de leurs populations.

Il y a quelques jours, la conférence de Stockholm sur l'eau se concluait sur des chiffres alarmants. Aujourd'hui, c'est le blé. Pas d'histoire : ce sont les besoins primaires qui sont en cause.

La mondialisation du droit s'ébauche sous nos yeux, avec ses règles et ses contrats. Elle doit clairement s'ouvrir à la reconnaissance des droits individuels. De tous.

Alors que les utilisateurs malheureux des piles-Nokia-qui-ne-rechargent-pas envisagent les grandes manœuvres pour faire reconnaître leurs droits bafoués de consommateurs, ceux qui se posent la question de manger et boire pourraient être un tentés de faire un petit quelque chose. Pour ma part, je verrai bien une magnifique class'action des affamés du Sahel contre les grandes firmes qui contrôlent à leur profit le marché des céréales... pour inverser la logique : d'abord les besoins vitaux, ensuite les délicieux profits.

Un fondement juridique ? L'article 1 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

Par gilles.devers le 27/08/07
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La légiférite : Maladie courante des autorités législatives ; Traitement recommandé : abstinence, zen et relecture de Montesquieu ; Peut causer des troubles graves dans sa forme aigüe.

Vous connaissez bien cette maladie : la légiférite. A chaque évènement, une loi nouvelle. Pour courante qu'elle soit, cette maladie n'en est pas moins grave, et peut devenir invalidante. Le patient est atteint de soubresauts qui le conduisent à coller à l'événement, tel l'enfant-roi apeuré auprès de sa maman-loi. Dans les phases aigües, le patient est menacé par le spasme.

La maladie est d'autant plus redoutable qu'elle s'accompagne d'une forme inédite de contagion. Le patient ne peut contaminer l'entourage, car, étant le Roi, il est le seul à être doté du gène législatif. En revanche, son entourage en subit rudement les contrecoups : perte de repères, sentiment de fragilité accompagné d'une crainte du lendemain, poussée de fièvre, et parfois crise d'acné. Les manifestations sont d'autant plus spectaculaires quand la crise de légiférite fait suite à des faits graves : le dénuement s'empare des sujets du Roi. De telle sorte, non seulement le Roi est nu, mais le peuple aussi. Quel spectacle,... surtout en période de rentrée des classes !

Nos reporters en mission dans un pays lointain viennent d'identifier quelques manifestations aigües de légiférite, suite à des faits dramatiques.

Le 15 août 2007, un viol par un récidiviste juste sorti de prison : annonce le 20 août 2007 d'une réforme de la loi du 10 août 2007 traitant de la récidive des délinquants sexuels, laquelle n'est applicable que le 1° mars 2008, et qui était la cinquième réforme en dix ans.

Le 26 août 2007, mort d'un enfant attaqué par un chien dangereux : annonce le 26 août 2007 d'une réforme du régime antérieur issu de la loi du 5 mars 2007, qui faisait suite à la loi du 6 janvier 1999, à l'ordonnance du 18 septembre 2000, et à la loi du 15 novembre 2001.

Le traitement n'étant efficace qu'avec le consentement, il est à prévoir de nouvelles poussées, et dans les domaines les plus variés. Les braves médecins répéteront qu'il faut appliquer la loi, s'en donner les moyens, expliquer... Les professeurs rappelleront que trop de loi tue la loi. Et les lycéens découvriront le Montesquieu de l'Esprit des lois : « On ne doit toucher aux lois qu'avec des mains tremblantes».

Par gilles.devers le 27/08/07
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2-b. Ce que de Gaulle a écrit de l'attitude de Paul Reynaud

Une option pour Paul Reynaud aurait été de ne pas démissionner, et de quitter le pays en qualité de président du conseil, pour Londres ou l'Afrique du Nord. Le départ sans démission du président du conseil, accompagné de mesures adéquates, aurait sensiblement compliqué la donne institutionnelle . Les 16 et 17 juin, Paul Reynaud pouvait sans difficulté quitter le sol métropolitain. Sans doute un président du Conseil nommé depuis un mois, et non investi par la chambre n'avait-il pas une légitimité politique étincelante, mais il n'en reste pas moins que ce départ aurait sensiblement compliqué la tâche du Maréchal Pétain et de sa petite équipe, qui a reçu comme un cadeau sans prix, cette arrivée au pouvoir, dans les forems et usages de la République.

Dans ses Mémoires, de Gaulle écrit :

« Pour ressaisir les rênes, il eut fallu s'arracher au tourbillon, passer en Afrique, tout reprendre à partir de là. M. Paul Reynaud le voyait. Mais cela impliquait des mesures extrêmes : changer le Haut-commandement, renvoyer le maréchal et la moitié de ses ministres, briser avec certaines influences, se résigner à l'occupation totale de la métropole, bref, dans une situation sans précédent, sortir à tous risques du cadre et du processus ordinaire.

« M. Paul Reynaud ne crut pas devoir prendre sur lui des décisions aussi exorbitantes de la normale et du calcul. Il essaya d'atteindre le but en manoeuvrant. De là, en particulier, il envisagea un examen éventuel des conditions de l'ennemi, pourvu que l'Angleterre donnât son consentement. Sans doute, jugeait-il que ceux-là même qui poussaient à l'armistice reculeraient quand ils en connaîtraient les conditions et qu'alors s'opérerait le regroupement de toutes les valeurs de la guerre et du salut. Mais le drame était trop rude pour que l'on pût composer. Faire la guerre sans ménager rien ou se rendre tout de suite, il n'y avait d'alternative qu'entre ces deux extrémités. Faute, pour M. Paul Reynaud, de s'être tout à fait identifié à la première, il cédait la place à Pétain, qui adoptait complètement la seconde. » Par sa démission, Paul Reynaud a facilité la nomination régulière du maréchal Pétain, et la signature de l'armistice n'avait plus d'obstacle institutionnel. »

A suivre: Le premeir dicours du Maréchal Pétain

Par gilles.devers le 26/08/07
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La déportation de populations civiles sous un régime communiste devant les tribunaux : l'affaire ne passera pas inaperçue. Et c'est d'Estonie que nous vient l'info. Avec la problématique spécifique des pays baltes pour lesquels, l'accord de Yalta en 1945 scellant le Pacte Molotov-Ribbentrop du 23 août 1939, la fin de l'occupation nazie n'a pas signifié le retour à la liberté, mais l'entrée dans près de quarante ans de dictature communiste. Débarrassé du nazisme, nous avons regardé avec méfiance le bloc de l'Est qui se formait, et nous sommes engagés dans la constitution européenne. Il en est ainsi : pendant 50 années l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont été rayées de la carte mentale européenne.

Arnold Meri est une personnalité centrale de l'Estonie : cousin du premier président de l'Estonie indépendante, Lennart Meri, il s'était illustré dans la lutte antifasciste, au sein de l'armé rouge, et avait ses galons de Héros de l'Union soviétique pour avoir défendu l'état-major du corps d'armée de Porkhov, dans la région de Pskov: blessé lors des combats du 18 juillet 1941, il est resté sur le champ de bataille et a continué de diriger les troupes. En 1948, il entrait dans le prestigieux « Ordre de Lénine ». Il était alors membre du comité central du Parti communiste d'Estonie et en 1949 devint premier secrétaire des Jeunesses communistes d'Estonie. Toujours resté très influent, il était resté le responsable du Comité Antifasciste d'Estonie. Ce sont les années 1949 qui reviennent d'actualité.

Ce 23 août, le parquet de Tallin a confirmé la nouvelle : Arnold Meri, ancien dignitaire communiste estonien, et ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale est accusé de crime contre l'humanité contre des civils estoniens. Le 25 mars 1949, les autorités soviétiques avaient arrêté 251 civils à Hiiumaa, une île estonienne dans la mer Baltique, pour les déporter à vie en Sibérie.

« Nous avons des preuves attestant que M. Meri a participé aux préparatifs de la déportation de mars 1949. Habilité par le comité central du Parti communiste d'Estonie, il était l'un des coordinateurs de cette opération » a déclaré au quotidien Postimees la procureure du district Lääne de Tallinn, Sirje Hunt, qui avait envoyé le dossier au tribunal la semaine dernière. Selon elle, M. Meri "a dirigé et contrôlé la déportation d'Estoniens depuis l'île de Hiiumaa". "Le dossier contient les noms de centaines de témoins, et nous espérons qu'environ 80 d'entre eux interviendront devant les juges", a souligné Mme Hunt.

Arnold Meri, qui plaide non coupable, ne nie pas le fait qu'au printemps 1949 il a été dépêché sur l'île de Hiiumaa par les Jeunesses communistes pour contrôler le processus de déportation. Selon lui, il n'était pas chargé d'organiser la déportation, mais de vérifier les listes des Estoniens à déporter et de prévenir les abus de la part des autorités locales. « On sait depuis vingt ans ce que j'ai fait à Hiiumaa, a indiqué Arnold Meri dans une interview au quotidien Eesti Päevaleht. Le jeu des accusations a commencé il y a douze ans, en 1995. Je ne pense pas qu'il me reste plus de deux ans à vivre, mais tout porte à croire qu'on fera durer l'enquête pendant tout ce temps-là. Il est clair que j'ai participé aux événements de Hiiumaa, mais pas dans le rôle qu'on m'impute."

Nous verrons bien ce que sera ce procès. Il n'en reste pas moins que c'est une étape importante. Ceux qui en douteraient prendront connaissances des commentaires navrés de Moscou, sur le hème : que c'est petit, et qu'il est préférable de regarder vers l'avenir...

Les crimes du stalinisme prennent enfin leur place, devant les tribunaux, et là où ils ont été commis.