Jun
21
« Casser la machine bureaucratique qui a remplacé les élus… »

C’est un peu comme pour le chômage, on a tout essayé et on n’y arrive pas ?

En réalité, pour le chômage aussi aucune réforme n’a pu être entreprise et lorsqu’une tentative a abouti à l’ombre d’un progrès, soit la jurisprudence s’y est opposée en ce qui concerne le droit du travail (exemple : le régime simplifié des chèques emploi service qu’elle a dynamité en l’alignant sur le régime général..) soit, en ce qui concerne le mammouth étatique les syndicats de fonctionnaires et l’Administration ne veulent rien entendre.

Face à cela depuis des lustres les politiciens, et les élus en général passent les patates chaudes aux suivants et les laissent en attendant sous la braise…

La responsabilité de cette situation en revient donc à nos politiciens qui sont nos élus. Et comme ils sont incapables d’être des femmes ou des hommes d’Etat, c’est que nous les avons mal choisis.

Mais avons-nous le choix ?

En fait non. Cela me rappelle une circonscription du XVième arrondissement de Paris pour lequel un député a été réélu triomphalement pendant 20 ans. Un beau jour, son parti politique fait savoir qu’il n’avait jamais fait grand’chose à l’Assemblée Nationale et que sa seule intervention avait été pour la commercialisation des bananes des Antilles en Europe, il y a dix ans.... Et que dorénavant sa circonscription serait représentée par un tout neuf ancien premier ministre, qui naturellement a été élu puis réélu…

En fait les candidats sont parachutés, cooptés, et c’est encore pire pour les scrutins de liste bien entendu.

Mais est-ce bien différent dans les syndicats, les Ordres professionnels ?

Bien souvent les syndicats débordent largement de leur objet qui est la défense des revendications catégorielles de leurs adhérents largement minoritaires, mais cela les autorisent à pomper l’air des autres, pour faire de la politique, ce qui est un moyen de prendre du pouvoir. Personnellement je trouve choquant que les syndicats de magistrats soient conviés es-qualité à donner leur avis auprès des Commissions parlementaires des lois du Sénat comme de l’Assemblée Nationale, tandis qu’il faut faire intervenir son député pour obtenir une place dans une crèche ou un logement social !

Chacun à sa place. Si on veut qu’une loi soit intelligente on demande à ceux à qui elle va s’appliquer, à ceux qui ont les mains dans le cambouis, autrement que pour dire que l’on leur a laissé la possibilité de faire leur psychothérapie….vous voyez ce que je veux dire, amis,écoutés mais jamais entendus des Commissaires Parlementaires, trop souvent commissionnaires.

Demander à un Magistrat, permanent syndical, s’il veut bien concevoir d’appliquer la loi si elle est votée autrement que ce que son Syndicat, aux couleusr politicardes bien criantes, est d’accord, est évidemment une ânerie. Sauf chez nous parce que la justice est indépendante et elle l’est tellement qu’elle fait ce qu’elle veut sans aucun, je dis bien aucun, contre-pouvoir. On en est arrivé à ce que le Parquet requiert n’ont plus selon les instructions du gouvernement qui dirige notre pays, mais au nom d’un fantasme social dont les magistrats sont les garants. Nous sommes retournées aux Parlements du XVIII ième siècle qui étaient alors nos Cours de justice !

Rappelons qu’un député, c’est fait pour élaborer une loi, la voter, contrôler son application (tu parles) et voter le budget de l’Etat et contrôler son exécution (tu parles toujours…non, je tape.)

On ne va pas demander en plus à la représentation nationale de nommer les juges, et de contrôler l’application de lois  tout de même, vu déjà tout ce qu’elle ne fait pas.

Un fonctionnaire est là pour exécuter les ordres du gouvernement ou il doit être viré. Or ce n’est pas ce qui se passe. Regardons nos ministres: Ils sont en permanence en représentation, donc qui fait le boulot ?  C’est l’administration qui s’autogère et noircit un tiers du Journal Officiel pour empêcher quiconque de la diriger. Impossible de virer qui que ce soit, il y a le fameux statut. Virer un magistrat ? Vous n’y pensez pas. Il faudrait qu’il soit un dépravé sexuel de notoriété publique ou un assassin. Extraordinaire.

Mais existe-t-il quelque chose de différent lorsque l’on s’attarde à entendre ce que pensent nos confrères de notre Ordre professionnel ?

Le malaise est profond. On n’entend parler que de collusions, d’entre soi, de copinages qui paralyseraient l’action des Barreaux, dont les Administrations respectives croulent sous les éloges des MCO et de leur Bâtonnier qui louent de tout temps et en tout lieu le dévouement et le professionnalisme.

Pour ne pas parler de Paris, je témoigne avoir vu une responsable de l’administration d’un grand barreau de Province qui s’est plantée dans les prises de mesure d’une armoire destinée à recevoir des robes, puis en a fait le reproche à un employé subalterne, armoire à quatre portes inadaptée à son office, achetée à prix d’or au fournisseur de meubles de bureau le plus cher possible. Il est facile d’imaginer plein de choses et que sa compétence sévit certainementde la même façon ailleurs en considération de sa façon désagréable de s’adresser à ses contemporains. Où encore un archiviste qui sévit dans un Barreau de Perse, sans méthode qui est harcelé et déprimé pendant un an dès que l’on lui fait avec beaucoup de précaution remarquer que c’est le bordel.  Etc…

Mais un Barreau, même perse, c’est comme une entreprise : Virer quelqu’un c’est la ruine et une tonne d’ennuis pour la bonne raison, c'est qu'au fil du temps la jurisprudence a tissé pour les salariés un véritable statut dont bientôt les fonctionnaires seront envieux ! Donc éloges valorisants et on se traîne des boulets. On attendra bien deux ans, le temps d’un mandat de Bâtonnier chez nous, ou trois, pour les refiler au suivant. Idem pour certaines délégations à des AMCO dont tout le monde sait que les fils ne se touchent plus, ou de la relation qu’un Ordre ou une représentation nationale peuvent entretenir avec des confrères permanents syndicaux, étant entendu que leurs organisations n’ont pas d’autre but que de trouver les moyens de contrôler le pouvoir, et ils s’y entendent très bien. L’Administration soigne les élus qui sont perclus de missions, d’honneurs, d’apparence de pouvoir et d’autorité, et en échange de non-dits, il ne se passe rien.

Tout cela, c’est toujours en Perse que cela se passe. Vous aviez reconnu…Chez nous, tout va bien. On a même un binôme débordé à la tête de notre Ordre, là où il ne fallait qu’un Bâtonnier. Mais il faut reconnaitre que nous avons 28 000 inscrits dont 5000 sont vraisemblablement en état de cessation des paiements, 30% de ceux qui sont sur le Tableau étant dispensés de payer leur cotisation ordinale...Il y a de quoi faire. Si nous étions que 23 000 que se passerait-il ? Comme la question ne sera pas posée parce qu'il faudrait radier ceux qui n'exercent pas effectivement notre métier...ne suivez pas mon regard, et ceux qui ne sont pas à même de payer leur cotisation, n'attendait pas après la réponse.

En Perse, les avocats disent que les candidats élus au Bâtonnat sont très bons, et les anciens Bâtonniers sont encore mieux.

Tout cela c’est la faute de J.K. GALBRAITH qui a très bien expliqué la technostructure que produit toute organisation. Il l’a « inventé » et loin de s’écarter du modèle, nous nous sommes, comme les perses, empressés de l’adopter. Mais surtout rien n'a été entrepris pour y remédier, à aucun niveau, c'est tellement bon ! Qui d'ailleurs s'attaquera à l'EFB de Paris par exemple pour adopter le modèle Versaillais ou Strasbourgeois qui permet de former de véritables entrepreneurs libéraux avec des qualités de managers ? Et qui  mettra fin aux prés carrés que sont certaines Commission Ouvertes de formation permanente, transformée en chasse-gardée...?

Regardez à quoi ressemble notre gouvernance avec les conservatismes accumulés que nous nous traînons avec délectation dans une hiérachie de structure tricéphale insupportable...

D'où la question, qu'est-ce qui empêche les bonnes idées de prospérer et les réformes d'avoir lieu ? 

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