Jul
20
« Il n’est plus possible de justifier l’état d’urgence ».

Voilà ce que nous lisons en ouvrant la page d’accueil du site de l’Ordre du Barreau de Paris. Le communiqué égraine des statistiques peu flatteuses. D’autant plus que des dispositions de l’état d’urgence avaient été amputées et qu’il était quasiment impossible à la police de trouver un substitut ou un préfet pour l’autoriser à appliquer les mesures d’exception. C’est un peu comme lorsqu’il nous est montré à la télévision un rang de CRS devant des casseurs alors qu’il leur a été donné l’ordre d’attendre l’ordre d’intervenir. Le temps que la question remonte la chaîne de commandement jusqu’au ministère et redescende…

Cela rappelle ce qui est arrivé à deux Jaguars de l’armée de l’air française au-dessus du Tchad qui avaient repéré une colonne de véhicules chargés d’hommes lourdement armés descendant à toute vitesse vers le sud. Le temps que Paris donne l’ordre de « neutraliser » l’ennemi, un missile sol air avait abattu l’un des deux avions…

Le jacobinisme borné a ses limites d’efficacité. Une tardive prise de conscience des autorités semble se faire jour. On passe du « Ben qu’est ce qui se passe… ? » par le « Ben on n’y avait pas pensé… » à « Nous allons agir depuis le terrain avec tous les moyens possibles »…Pas trop tôt. Il n’a fallu que quelques centaines de morts après tout.

J’exagère ? Non.

La preuve en est dans la commission du massacre qui a eu lieu à Nice. Outre que personne n’avait relevé que le camion interdit de circuler sur le front de mer en raison de son tonnage avait déjà fait les jours précédents des repérages, puis était revenu le 14 sans être inquiété, personne, alors même que depuis plusieurs semaines la DGSI avait annoncé des risques d’attentats à la voiture piégée, n’a pensé à faire poser des plots en béton ou/et des herses pour interdire les accès aux attroupements autorisés.

C’est simplement effrayant d’avoir à se poser la question de savoir qui fait quoi…

Samedi dernier à Strasbourg, seule la rue des Hallebardes qui conduisait à la foule qui assistait aux illuminations de la Cathédrale était entravée par une voiture de la police municipale. Rien n’était prévu pour empêcher un véhicule d’accéder à l’artère principale qui mène directement au parvis…quant à la place Gutenberg, même pas la peine d’y songer.

C’était jouer à la roulette russe.

Non seulement nous n’osons pas nous donner les moyens légaux permettant de lutter contre le terrorisme au nom de nos valeurs, mais en plus lorsque nous les avons, même de façon insuffisante, nous ne les mettons pas en œuvre, soit pour des raisons administratives, soit pour ne pas y avoir pensé.

Nous faisons du droit pendant que nos ennemis nous font la guerre,.Nous nous opposons les droits de l’homme face aux terroristes qui nous massacrent.

Nous en sommes arrivés au point que ceux qui sont pour l’état d’urgence méritent l’excommunication aux yeux des petites coteries des droits de l’homme du Barreau. Bientôt, un internement administratif ?

Personnellement les petites sectes complaisantes envers le politiquement correct qui gravitent au sein du Barreau drapées dans les robes, dénaturant de façons malveillantes sur les réseaux sociaux les propos de nos confrères Thibault de Montbrial et Arno Klarsfeld, entre autres, en instruisant à leur encontre des procès d’intentions présentées comme nauséabondes, me font vomir.

Ce 20 juillet 15 personnes sont entre la vie et la mort à Nice. Il y a eu 84 morts. Comme d'habitude nos élites intellectuelles et donc nos médias ne parlent plus des centaines de blessés qui resteront invalides et dont les vies sont brisées. On va nous parler doctement des droits de l'homme des assassins et de peaufiner ce qui pourra nous empêcher de les combattre. Regarder ce qui se passe aux Etats-Unis ou en Israël en matière de sécurité publique serait la première démarche à accomplir. Pendant ce temps il nous est répété que nous sommes en guerre contre Daesh. 

Si nous étions en guerre nous ne ferions pas de minute de silence.

Ceux qui laissent d’autres périr au nom de leur conception de la liberté auront des comptes à se rendre.

En fait, cela n’aura jamais lieu : Ils sont le sel de la Terre. Intouchables car ils défendent des principes. Donc ils sont irresponsables. C’est confirmé, ma colère froide contre les terroristes s'étend à ceux qui leur permettent de l'être ou de le devenir.

Il est de notre devoir au delà de la défense, de contribuer comme tout citoyen à la protection de son prochain contre la violence. Il est pour le moins curieux que des membres du Barreau puissent se préoccuper de la violence que lorsqu'ils en font éventuellement l'objet, sans en prendre garde lorsqu'ils imposent la leur par des pratiques de terrorisme intellectuel. Etant entendu que tout ceux qui ne respectent pas leur conformisme militant sont évidemment d'affreux fascistes.

Ce qui en dit long sur la dictature au moins morale qui n'est pas exactement celle que nous redoutions avant qu'ils investissent les réseaux sociaux.

Ils n'ont jamais vu une flaque de sang sur un trottoir et ils se croient faire de l'esprit d'une rare élévation sur le net. Qu'ils aillent au diable... auquel malheureusement je ne crois pas non plus.

Et qu'ils regardent la photo ci-dessous pour penser à l'après de leur légèreté que je ne préfère pas qualifier....

Et surtout qu'ils ne viennent pas s'excuser, ce serait trop insupportable au lendemain des derniers événements.

Commentaires

Oui, merci.

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