Jan
31
État de droit, État en déliquescence...

Pour la premiere fois je vois un asiatique faire la manche dans le métro. Paris progresse. Cela me renvoie à 20 ans en arrière au moment où les premières personnes "de la diversité", des noirs d'Afrique ou d'Haïti disaient-on alors...(A l'époque des minorités invisibles nous bassinaient les oreilles avec "les minorités visibles" discriminées à  la télévision) ..commençaient à faire la manche. Depuis nos clochards ont été rejoints par des SDF. Beaucoup sont issus de la migration, jonchent nos quais de métro, vivent dans des encoignures des portes cochères et aux beaux jours dorment sur les trottoirs. Avant Mitterrand il existait les délits de vagabondage et de mendicité.Ce qui permettait aux "bleus" de virer les clochards qui accumulaient leurs détritus et d'arrêter les désordres. La Police les emmenait de force si nécessaire, à Nanterre prendre une douche, et une séance d'épouillage, dans une structure à la fois d'accueil, d'aide administrative et sociale. C'est fini. Depuis l'abolition de ces délits, il n'y a plus de répression qui permet l'évacuation de point de fixation bien qu'une contravention de petite voirie pourrait être évoquée après tout. Mais le service de maraude des "bleus" a disparu. Donc il est demandé par des acteurs sociaux si les SDF veulent bien se bouger. Et ça devient totalement ridicule. Hier il a fait plus doux. Donc dans le 18ieme j'ai pu assister en face de la Mairie à une scène typique de l'inefficacité dont nous sommes devenus capables. Un groupe de SDF s'est établi pour passer une nouvelle nuit sur les marches de l'Église et en attendant, ils squattaient l'abribus. Depuis la brasserie où je dinais à partir de 22h30 j'ai vu passer en voiture,  la protection civile en mission humanitaire  (2 personnes), la Croix-Rouge (3 personnes) et le Samu Social (là  je n'ai pas compté ) qui se sont arrêtés prendre des nouvelles et tailler une bavette avec les SDF. Point.
On est tombé sur la tête. L'Etat de droit ne fait plus son boulot. Il est un État en déliquescence. Pendant le même laps de temps,avant et après j'ai vu des voitures de Police avec trois ou quatre agents à bord sur les boulevards mais pas dans les rues adjacentes où sont les dealers de cannabis et leurs consommateurs, moins nombreux hier soir, c'est vrai, il pleuvait et il y avait un match de foot...il faudrait y patrouiller en civil et à pieds en plus, alors...
Constatons que la "fracture sociale " dénoncée par Jacques Chirac s'est considérablement aggravée du fait de facteurs nouveaux et de l'accélération de mouvements anciens. Parallèlement la radicalisation néo-libéral (relire Michel Foucault) porte au pinacle la pensée de ceux qui pleureront sur les conséquences des actions qu'ils ont voulu au nom de principes transformés en slogans. Nous sommes à une époque ambiguë de mouvements encore philosophiques de balanciers croisés qui commencent à s'entrechoquer annonçant la désorganisation sociale. Le fait est que l'individualisme universel d'égaux s'est transformé en un individualisme de singularité de variables de relations. Il concrétise les mécanismes de reconnaissance pour cristalliser un individualisme d'égos et de discriminations sur fond de dynamique des droits autant que sur le déclin du sens de l'élection. Le pouvoir exécutif étant en charge de la défense de l'intérêt collectif, la question est de savoir s'il est à même de l'imposer face à sa propre administration dont le mode de pensée et de fonctionnement ne correspondent plus à notre époque.

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