Jan
09
"Nouveau monde, nouveau capitalisme" ?

Les voies de régulation du capitalisme mondial dans la foulée de la crise financière sont au coeur du colloque organisé par Eric Besson, intitulé "Nouveau monde, nouveau capitalisme", qui se tient les 8 et 9 janvier à Paris en présence de Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et de l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

En ouverture du colloque, dont le sous-titre officiel est "éthique, développement et régulation", le président Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont prononcé un discours sur les voies de régulation du capitalisme.

Pour Nicolas Sarkozy, "La crise du capitalisme financier n'est pas la crise du capitalisme et l'anticapitalisme, est une impasse, c'est la négation de tout ce qui a permis d'asseoir l'idée de progrès."

"On doit moraliser le capitalisme et pas le détruire (...) il ne faut pas rompre avec le capitalisme, il faut le refonder", a insisté le président de la République, se prononçant une nouvelle fois pour un capitalisme "d'entrepreneurs" que l'Etat devrait "animer, entraîner".

"Il faut rééquilibrer les rôles respectifs de l'Etat et du marché", a-t-il affirmé. Pour le Président, la crise actuelle signe "le retour de l'Etat (et) la fin de l'idéologie de l'impuissance publique".

"Il doit y avoir de nouvelles enceintes mondiales de coordination des politiques économiques, et de nouvelles décisions", a-t-il déclaré, rappelant que le G20 du 2 avril prochain constituerait un premier rendez-vous. Pour le préparer, les pays européens du G20 devraient se retrouver à Berlin.

De son côté, la chancelière allemande, Angela Merkel, a suggéré la création d'un "conseil économique" mondial aux côtés du Conseil de sécurité de l'Onu.

Elle a également prôné l'établissement d'une "charte pour une économie à long terme raisonnable" à l'image de la charte des Nations unies sur les droits de l'Homme.

Trois tables rondes seront organisées, et le colloque sera clôturé vendredi par Tony Blair et le Premier ministre François Fillon.

La première table ronde, "Les valeurs du nouveau capitalisme", portera sur la "liberté d'entreprise, et posera la question de la responsabilité, de la redistribution, et de l'équilibre des droits et des devoirs", a indiqué Eric Besson.

Suivront jeudi une session sur "la mondialisation et la justice sociale" et, vendredi, la dernière table ronde, "Comment réguler le capitalisme".

"Ce n'est pas un sommet mais un colloque, ce n'est donc pas un lieu de préparation des G20 mais une étape dans les réflexions sur des sujets de grande actualité", a commenté Eric Besson mardi dernier lors d'une conférence de presse.

Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, le directeur général de l'Organisation mondiale du Commerce, Pascal Lamy, la commissaire européenne chargée de la concurrence, Nelly Kroes, le ministre indien du Commerce, Kamal Nath, et le ministre italien de l'Economie, Giulio Tremonti, font partie des orateurs.

Les prix Nobel d'Economie Amartya Sen, Joseph Stiglitz et Edmund Phelps doivent également intervenir.

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