Jul
26
93 morts, MRAP, FN, Ligue des droits de l'homme et autres...

Ce qui s'est passé en Norvège interpelle n'importe quel juriste enclin à se poser des questions sur le devenir de notre société et devrait nous conduire tous à se poser des questions de fond et à un temps de réflexion sur soi.

Quelles sont les situations qui provoquent un désastre pareil dans une démocratie exemplaire. Quelles sont pour la cohésion sociale les limites d'une démocratie ? Quels sont les débats non assumés et les enjeux éludés d'une société ?

Si l'apologie d'une politique d'extrême droite est une provocation le message politique se résume-t-il qu'à cela ?

Si l'apologie d'une politique d'extrême gauche est une provocation le message politique se résume-t-il qu'à cela ?

Chacun devrait balayer devant sa porte et de toute évidence ce n'est pas ce qui se passe.

Evidemment c'est toujours la question de l'immigration et de nos responsabilités politiques qui sont en discussion.

Pour emprunter au langage scientifique: Comment une émulsion (huile et eau agitées par exemple) devient une émulation (différents atomes s'agitent pour créer ensemble un mouvement) et constitue une solution (une intégration réussie) ?

Dire que les racistes sont des crétins n'apporte pas de toute évidence de réponse suffisante pour prévenir les actes criminels.

D'où la nécessité de répondre à la question. Et là, il y a du chemin à faire dans toutes les consciences...toutes.

Et s'il était possible de penser que nous sommes tous coupables de ce ce qui est arrivé ? Comme il est loisible de considérer que la république de Weimar est responsable de l'arrivée des nazis au pouvoir parce que tout simplement les démocrates sont incapables de prendre les réformes indispensables pour maintenir une République ? Entre la défense de l'Etat/Nation et la volonté de la détruire, les démocrates défenseurs de la laïcité ne peuvent-ils pas trouver une ligne médiane cohérente et défendable ?

A force de vouloir éviter les débats de fond et d'éluder les questions qui fâchent sur l'organisation de nos sociétés modernes nous assistons à un nombre grandissant d'actes de violence de plus en plus graves.

Devons-nous considérer que c'est le prix acceptable à payer pour permettre à tous les acteurs de la vie politique (politiciens, philosophes, journalistes) de continuer leur jeu de rôle ?

Depuis cet article nous apprenons qu'il y a eu 73 morts et non 93 soit 25% de marge d'erreur mais les médias ne sont pas à cela près, l'important est de faire du chiffre en faisant un titre. Ils auraient pu dire " plusieurs dizaines de tués" en attendant de savoir. Ils font bien pire lorsqu'il s'agit de compter les manifestants car là il est établi que multiplier par 3 ou 5 leur nombre en fonction de leurs affinités politiques ne leur pose aucun problème déontologique... Ne me dites pas que c'est moins grave pour la démocratie, en réalité c'est la même erreur avec pour conséquence la radicalisation qui mêne à la violence sous toutes ses formes. Sartre qui s'est toujours trompé a gagné sur Aron qui a toujours eu raison. Et nous ? Nous y gagnons quoi ? A qui cela rapporte-t-il ?

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