Oct
16
AI and Economic Growth...et le PLJ !

J'ai entendu parler du "7e Art". Que la photographie et le cinématographie soient un art est sujet de discussion, mais permet des avantages sociaux et fiscaux sous l'alibi d'être des productions culturelles. Après tout les producteurs sont assimilables intellectuellement à des marchands de tableaux du XIXe siècle. Et depuis que des colloques portent sur le thème du numérique et la prédictivité des décisions de justice, on vient d'inventer un 8e Art supérieur: "L'art de juger". Exemple lorsque vous avez un licenciement pour faute dans une entreprise, je ne parle pas d'un fonctionnaire territorial, car c'est quasiment impossible, il vous est expliqué que l'appréciation de la faute dépend des circonstances et de paramètres qui nécessite une analyse par le juge que le numérique ne peut suppléer. Exemple: la même injure sera considérée, peuchère, sans conséquence au Sud de la France alors que dans le Nord, elle sera sanctionnée. L'alcoolisme sera considéré comme moins grave dans le Nord que dans le Sud. Alors une injure prononcée sous l'effet de l'alcool, vous comprenez l'importance de la prise en considération de "l'alea humain" indispensable que constitue "l'art de juger." Personnellement, je comprends que l'on se paie ma tête. La prédictivité de la décision doit permettre plus d'objectivité du Droit et nous débarrasser de l'alea. En réalité, nous parler de la capacité du numérique pour prédire une décision de justice revient surtout à maintenir les modes de production de la justice tels que nous les connaissons. Si en plus chaque lobby dispose de sa banque de données et fait le choix de l'algorithme de traitement, si la Cour de Cassation obtient de choisir les siens, tandis que les Cours d'appel auraient les leurs, ce serait génial. Ajoutons l'anonymisation complète des décisions pour bien rendre le tout inutilisable et le tour serait joué pour pérenniser nos scléroses fonctionnelles et intellectuelles pour ne pas dire syndicales. Cantonner le numérique à la prédictivité est une façon d'enfermer l'Intelligence Artificielle dans l'inefficacité pour maintenir "le système de production", comme disent les économistes lorsqu'ils analysent les mécanismes de la croissance de la productivité d'un secteur. Clairement la prédictivité ne le change pas le mode de production en fait. Pas plus que la chaîne de montage du travail juridique et judiciaire, les réseaux RPVA ou une GED fondés sur l'usage des ordinateurs qui donnent des gains de production par une baisse des coûts. Changer la production ne passe pas seulement par la résolution des problèmes d'adaptation de techniques d'application du numérique à notre mode de travail. Dans notre profession et la sphère judiciaire, le conservatisme obéit à une règle parfaitement connue des historiens. Ceux qui détiennent l'autorité maîtrisent les changements. Mais ils n'ont aucune raison de les faire progresser au risque de se voir dépasser par d'autres changements. Donc ils ne faisaient rien, et rien ne changeait. L'idéal pour eux était de faire adopter des standards de travail pour figer le mode de production. On retrouve cela pour un exemple bien connu: le clavier "AZERTY" que toutes les entreprises utilisent parce qu'elles savent que tous les utilisateurs le connaissent, et que les praticiens savent qu'ils ne sert à rien de savoir utiliser des claviers plus rapides parce que les entreprises ne proposeront que le clavier "AZERTY". Il y a une double dépendance qui verrouille le progrès par une adoption d'un standard. (Le symbole est à la pensée ce que le standard est à la production) L'I.A. mérite mieux que de l'enfermer dans le statut de simple outil. Elle sait procèder à des résolutions d'idées, de problèmes complexes, comme des diagnostics médicaux et donner des traitements, mieux que des médecins, par exemple. Bientôt les médecins devront justifier qu'ils utilisent un robot. Avec une banque exhaustive des données non anonymisées et comprenant la doctrine, commune aux avocats et aux juges, les capacités de traitement du numérique permettent de rédiger des actes de procédures et des décisions de justice. L'I.A. ouvre une capacité de production sans limite en libérant des tâches pour d'autres activités. C'est largement le message de la modernisation de la fonction publique actuellement et c'est ce que permet le cadre posé par le Projet de Loi pour la Justice du 21e siècle. Une révolution car l'adaptation à la digitalisation n'est même plus une question. Toutes les tâches peuvent être automatisées qui profiteront à des personnels moins nombreux et très qualifiés, mieux rémunérés, pour une production juridique et judiciaire, moins chère, plus rapide, plus fiable, objectivée et ne dépendant pas de l'alea humain de l'application de la loi. Les algorithmes ne sont pas de la compétences des avocats qui ont fait Sciences Po., ni de magistrats qui auraient fait l'ENA. Nous avons des avocats centraliens, ou qui ont fait une école d'ingénieurs. C'est eux qui ont fait le bon choix. La stratégie de nos coprs intermédiaires et leurs représentants qui reposait sur la formule :"Je n'invente plus pour ne pas être dépassé par une autre nouveauté, et comme je suis dominant, je ne fais rien pour ne pas être dépassé" touche à sa fin. La robotisation met au chômage les "moins" qualifiés mais la barre est haute pour le monde judiciaire, cependant il doit se faire à l'idée. Les futurs avocats et magistrats, juges et juristes doivent le savoir. Il faut comprendre que l'élément travail est stable dans la croissance de l'activité et limite la capacité de la mécanisation comme de l'usage de la digitalisation. Mais pour la mise en œuvre de l'I.A., c'est l'investissement qui permet son développement dans la part de croissance de la production et pas le facteur travail. Nous constatons que l'I.A. produit des idées. Jusqu'où ? Elle produira des singularités, il conviendra de les traiter. Les "super stars firms " qui sont de gros monopoles, sont face à des institutions non adaptées à leur offres et les moyens qu'elles détiennent et qu'elles peuvent mettre en oeuvre. Leurs outils  sont l'avenir de la Justice partout dans le monde, car le traitement pourra même être délocalisé.

D'ores et déjà il convient de se positionner dans un mode de pensée autrement la production de certaines missions des Etats. En attendant ici et maintenant le prédictif n'est pas l'aboutissement du rôle de l'I.A.. Le but c'est l'exécution fonctionnelle des taches les plus élaborées.  L'I.A. en a les capacités. Tout le reste constitue des combats hypocrites d'arrière-garde de l'immobilisme militant.

#CommentSeFaireDesAmis

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA