May
02
Article mis à jour :Les avocats du Barreau de Paris doivent provisionner pour 2018...(note alourdie)

Lors du petit-déjeuner du Bâtonnier du Barreau de Paris organisé au Cabinet Allen & Overy 52 avenue Hoche, j'ai notamment eu le plaisir de revoir notre confrère Denis Chemla, AMCO, ce vendredi 28 avril. Comme je l'imaginais, malgré la situation de la profession, nous étions peu nombreux à avoir fait le déplacement. Avec sa courtoisie, sa bienveillance, notre Frédéric Sicard, nous a brossé brillamment les perspectives auxquelles les avocats doivent se préparer. Je ne reviendrai pas sur la pression de Bruxelles sur les évolutions souhaitées des professions libérales et la nécessité que notre métier devra affronter prochainement d'entreprendre un alignement avec la conception des autres  Barreaux européens de notre profession car je l'ai déjà analysé sur ce blog et ses lecteurs pourront se rapporter aux travaux de notre confrère Kami Haeri pour une information exhaustive sur ces questions. Il s'agit là de réformes retardées depuis 10 ou 15 ans que la profession va devoir absorbées dans les toutes prochaines années. Je ne dirai rien de plus au sujet de la CARPA car c'est un sujet que les fidèles lecteurs de ce blog savent que j'ai traité récemment; en revanche l'état du résultat de ses placements dû à l'effondrement des taux va avoir un impact sur la trésorerie des Cabinets qu'ils se doivent de provisonner. Il faut s'attendre à ce que la formation continue et / ou l'assurance prévoyance soient prises en charge par les avocats totalement dorénavant....dès 2018 même si les économies sur le budget fera que celui de 2017 sera juste en équilibre. Sachant que notre Ordre a été fortement invité à faire respecter l'obligation de formation continue des cette année en cours notamment par les avocats ayant une spécialisation mais pas seulement. Évidemment les spécialistes perdront leur certificat à défaut de respecter leur obligation de formation professionnelle. Notre Bâtonnier nous a fait remarqué que 20 h de formation pour  bientôt 30 000 avocats, cela fait 600 000 heures de formation...et il ne les a pas. Et pour les mettre en place, cela exige un budget que le Barreau de Paris n'a pas non plus. Comme avant d'aborder ce sujet, celui du prix de la Moda a été abordé, j'en ai ressenti un malaise rétrospectif.  D'autant plus qu'il apparaît que le redéployement des services de la police judiciaire notamment va laisser disponible dans notre antique Palais de Justice plus de place vacante qu'il serait nécessaire pour conserver l'intégralité des locaux de notre Ordre. Malaise. Rappelons-nous. ..il s'agit de 70 000 000 d'euros H.T. au bas mot, cette Moda. D'autant plus qu'à la question de savoir pourquoi le Barreau de Paris a préféré acheter la Moda à un promoteur immobilier  (VEFA) plutôt que de faire construire en qualité de Maître d'Ouvrage, la réponse n'est toujours pas claire et la différence de coût, toujours inconnue. L'opportunité même de construire une Moda et du choix de cette solution pour avoir un point de chute à proximité du nouveau TGI pour les avocats paraît d'autant plus étonnant avec le recul et au regard des besoins financiers auxquels nous devrons faire face...qui étaitent prévisibles. Qui ne se poserait pas des questions, ce qui ne manquera pas de nourrir des ressentiments, voir pire ? Il va falloir en tout état de cause que la répartition des missions entre notre Ordre, le CNB, et le CCBE aboutissent conformément au rôle légal de chacun pour que l'on arrête de se demander à la fois qui fait quoi et pourquoi il apparaît des doublons sous prétexte de complémentarités. L'équilibre des budgets à venir passera par là plus que toutes les économies possibles de notre Ordre envisageables en l'état de ses ambitions.

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Commentaires

Nom: 
Gilles Huvelin
Site: 
www.huvelin-associes.fr

Le financement du déficit de l'EFB qui n'est pas solutionné, de la prise en charge des élèves avocats référendaires qui devront trouver un an de stage chez des confrères référents, le déménagement du TGI de Paris et des 3 km linéaires d'archives de l'Ordre en suspens.

Nom: 
Gilles Huvelin
Site: 
www.huvelin-associes.fr

...de mon point de vue pourrait disposer d'une Université professionnelle nationale virtuelle qui dispenserait son enseignement par MOOC.

Comme sa création et sa gestion ne peut que se concevoir qu'au niveau de l'hexagone, le CNB en aurait la maitrise et direction. Je ne vois pas comment dispenser 20 heures de formation à 60 000 avocats soit 1 200 000 heures au total, autrement.  Rien n'empêcherait pour autant les Barreaux de mener leur action de formation pour répondre à leurs besoins spécifiques ou pas d'ailleurs. 

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