Oct
16
Belgique

Une journaliste belge m'a gentiment téléphoné cette semaine pour me demander mon sentiment à l'égard de la mise en place en France de la nouvelle législation confiant à la Banque de France la surveillance accrue du respect des nouvelles normes prudentielles par les institutions financières distinctement de la surveillance des marchés boursiers et des émissions de titres revenant maintenant à l'A.M.F. En effet, m'apprenait-elle, la Belgique s'oriente vers la même solution de séparation des instances de surveillance. Elle désirait savoir si je trouvais que cela était bien et aller dans le bon sens.

J'avoue avoir été lapidaire et plutôt abrupte en lui répondant entre ma descente de train et ma recherche d'un taxi que la réforme était à mon sens surtout politique et avait à mes yeux peu d'importance à partir du moment où l'émission de véhicules boursiers sans correspondance directe avec l'économie réelle restée possible et que rien n'empêcherait la titrisation de dettes qui paraîtraient solvables dans un premier temps avant de s'écrouler ultérieurement sur des marchés volatiles. J'ai osé dire que même si une nouvelle réglementation prudentielle est toujours un mieux cela ne permettrait pas d'empêcher les énormes volumes de liquidités existantes de s'investir n'importe comment sur des valeurs spéculatives car l'économie réelle n'est pas à même de les absorber.

Je suis toujours aussi de mauvaise foi mais pas tant que cela au moment où nous pouvons lire les résultats des banques de ce dernier trimestre.

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Commentaires

et vous lui avez mechamment répondu .... :-b

Alors Maître où était votre galanterie ? c'est parce qu'elle était journaliste ou parce qu'elle était belge ?

En réalité nous étions en décalage...Je crois qu'elle considérait que la réforme institutionnelle allait dans le bon sens. Je lui ai donné raison en lui répondant que toute surveillance accrue était valide mais que cela me faisait considérer qu'il s'agissait d'une mesure plus politique qu'efficace. Il est impossible d'écrire que ces mesures vont empêcher les abus de spéculation. Donc les causes de crises ne sont pas éradiquées. Les nouvelles mesures permettront de les voir arriver un peu plus tôt. Mais la dernière était en vue dès avril 2008 dès que le marché hypothècaire américain se grippait. Rien n'a pu vraiment être fait pour arrêter la déferlante. Empêcher les causes des crises ce n'est pas en surveiller les effets.

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