Apr
23
Circulation, environnement et maintien de l'ordre.

"On ne nous dit pas tout."

Tout le monde sait que Raymond Devos avait imaginé un rond-point que les automobilistes ne pouvaient quitter car il y avait des sens uniques partout. Pendant trois mois la Ville de Paris a réussi à faire la même chose à un carrefour de la rue de Rivoli. Comme BFMTV a passé une journée à se payer la Ville après avoir découvert une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, soudainement deux employés municipaux ont été changer un panneau réservant une voie de bus pour l'ouvrir à la circulation avec un nouveau, rond, blanc, cerclé de rouge. Sauf, ce que les médias ne disent pas, c'est...qu'ils ont laissé dessous sur le poteau les deux panneaux "sauf taxis" et "sauf riverains". Notez qu'au pied de mon immeuble, l'interdiction de stationner sous peine d'enlèvement a été remplacée par des places de stationnement payantes, mais le panneau est resté en place pendant deux ans malgré des signalements répétés. Et tout est pratiquement comme cela en France quel que soit le sujet. A chaque fois qu'une décision administrative doit être prise rapidement, c'est impossible et l'urgence est inaccessible à notre État.

Paris est la seule "Ville-Monde" (au même titre que Shanghai, New York, Tokyo) qui ne vit pas 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 (en dehors de la période de couvre-feu). Elle a aussi fait le choix de couvrir nos trottoirs d'asphalte gris-noir d'aspect dégueulasse même lavé et totalement déprimant. Elle ne dispose pas non plus d'un grand parc dans son centre-ville. Mais Londres comme Paris connait une disparition de ses moineaux. A Paris, je témoigne que la situation des oiseaux est dramatique. Habitant près de la Petite Ceinture, j'entendais la nuit les chouettes dans les acacias qui se nourrissaient des rongeurs. Cette voie ferrée depuis des lustres désaffectée a été transformée en décharge publique par une population plus récente et les rats ont envahi le secteur. Leur élimination a entraîné celle des oiseaux  nocturnes. Mon adresse a la chance de disposer d'un jardin. Les entreprises spécialisées successives chargées de l'entretien taillent les arbustes de plein vent comme les municipaux rognent chaque année les arbres de Paris, y compris dans les squares dont la surfaces en terre battue depassent celles des pelouses. Tout est ramassé. Il n'y a plus nulle part une brindille pour la construction des nids. J'ai vu un merle dans la rue ramasser une petite bande de plastique. Les corbeaux découpent des lanières d'écorce nouvelle au printemps sur les branches des arbres.
Les moineaux parcourent les arbustes et les rosiers pour trouver des protéines. Sauf qu'il n'y a plus d'insecte à Paris. J'ai dû voir deux petits papillons blancs et autant d'abeilles depuis le début du printemps et trois mouches, malgré les nombreuses fleurs, plantées, semées et arbres d'agrément, lilas, etc. Il n'y a plus que de la poussière à Paris. Et il y en a beaucoup. Je dépense des dizaines d'euros par mois pour nourrir une trentaine de  passéridés avec des graines et des boules de graisse. Je me suis fait livrer des vers de terre pour aérer le sol du jardin, ce qui profite à un couple subsistant de merles. Les rares étourneaux réfugiés à Paris ( ils étaient des nuages de millions
d'entre-eux au-dessus de la Beauce et de la Brie ) ont disparu du jardin. Les rouges gorges, les rouges queues, aussi. Il reste un couple de mésanges charbonnières. Les mésanges bleues sont un souvenir. Nous avons dans les environs deux couples de ramiers et une vingtaine de pigeons de Paris que les pies dénicheuses attaquent. Ce sont les prédatrices des moineaux et des merles qu'elles tuent en les frappant à la tête. Il y a aussi dans le quartier des corbeaux qui s'attaquent aux oisillons. Un faucon crécelle vient régulièrement tenter d'attraper un pigeon de Paris, il a reussi deux fois cette année passée. Il n'y a pas à Paris d'hirondelle et la population de martinets diminue chaque année. Plus de vieux murs, de boulins, d'herbes folles, de taillis, de bosquets, d'arbres de hautes futées qui ne soient pas martyrisés, sauf exception, intra muros. Le soir, de quatre roussettes que j'avais nommées D.d.t., Vapona, Bégon et Tue-mouche, il en reste deux pour voleter au dessus de notre havre pour pâquerettes et boutons d'or.
Les fontaines parisiennes sont tarries. Mes boites remplies d'eau sont des bars et des baignoires pour la gente à plumes. Les fringillidés font la queue !

Depuis des mois, la Police fait "pression" dans le Nord de Paris, sur les trafiquants vendant notamment aux sorties du métro et du Tram, à proximité d'un Collège et d'une annexe universitaire, des paquets de cigarettes de contrebande. Délit douanier punissable de cinq ans de prison jamais prononcés. Déjà parce qu'il ne sont pas arrêtés, lorsqu'ils le sont, le Parquet les libère sans poursuite. Tout ça à la barbe du Bar -Tabac-PMU qui paie patente et charges.
Les policiers stationnent, pas tous les jours, dans leur camionnette. De temps en temps ils font à pieds le tour du coin. Ils restent quatre heures. Les contrebandiers goguenards attendent avec les dealers et les vendeurs d'articles tombés des camions, en face, simplement, qu'ils partent. Alors réprimer les "incivilités", le non respect des gestes barrières et le défaut du port du masque... C'est simplement du lâché tout. Il y a pas si longtemps, au même endroit, deux motards de la Police voulant contrôler un automobiliste à la conduite dangereuse ont été violemment attaqués. Les rixes entre délinquants impunis chroniques sont régulières. C'est Paris. Bien sûr personne n'est responsable. Alors, là aussi, des coupables...

Mots-clés: 

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA