Jul
01
Colonnes, communication et tweeter...

Deux colonnes du Barreau de Paris animées par des MCO multi-rôles débordés de missions diverses ont été convoquées en même temps dans la salle de la bibliothèque de l'Ordre.  J’avais pensé que les MCO devaient s’entourer de confrères pour les aider à préparer leurs travaux. J’ai toujoursconsidéré aussi, sans esprit de lucre, que des délégations devaient pouvoir être confiées à des confrères pas forcément MCO ou AMCO. L’idée ne doit pas être bonne, mais je ne sais pas pourquoi.

Je croyais qu'il s'agissait d'une obligation déontologique d'assister aux réunions de Colonnes. En plus il était prévu d'allouer deux heures de formation continue  aux confrères qui viendraient participer à la séance de psychothérapie collective. Une poignée a fait le déplacement…consternation ?

Il est aisé de constater qu'aucun des grands Cabinets de la place n'a fait le déplacement. Les confrères venus sont des individuels.

Divers sujets sont abordés. Si le périmètre du droit attaqué impunément par les Compagnies d'assurance regroupées en GIE avec impudence est une préoccupation des avocats, le peu de chaleur manifestée à  étudier sérieusement le dossier et même d'en prendre connaissance de la part des élus est déconcertant… mais est-il pour autant l’annonce d’un empressement las à l'enterrer ? Reste à savoir quelle est la part qu’il convient de faire entre la préoccupation de ne pas faire de vagues  et d’un éventuel conflit d'intérêts quelque part, tellement c'est sur le coup, choquant.  Ne désespérons pas cependant de leur bonne volonté. Cependant l’idée de demander au confrère qui a saisi la CRED d’autres pouvoirs donnés à la barre  pour pouvoir justifier qu’une personne morale exerce illégalement notre métier démontre une méconnaissance au moins partiel du fonctionnement des greffes…Il va lui falloir trouver des complaisances…

Je ne doute pas que les assureurs puissent faire du lobbying auprès de leurs conseils habituels. L’indépendance des avocats est bien celle d’un Barreau, pour paraphraser le titre de la célébration du 95ième anniversaire du CNA qui a eu lieu  ce 1er juillet à la Maison de l’Avocat, notamment devant un aéropage de Bâtonniers.

Le RPVA est toujours un sujet d'actualité. Le 1er août la postulation des confrères du Barreau de Paris s'étendra à tous les TGI du ressort de la Cour. Il est annoncé que l'informatique sera prête. Il resterait un arrêté à paraître. Personne n'aborde la réforme de la procédure prud'homale devant les Cours d'appel, or le décret pose des problèmes d'interprétation. Il est fait état de "constitution" et de "postulation" dans le texte. Ce qui voudrait dire que les représentants syndicaux pourraient se présentaient devant toutes les Cours d'appel et que les avocats ne pourraient comparaître que devant la Cour d'appel du ressort de leur Barreau alors qu'ils pouvaient suivre leurs procédures en appel sur tout le territoire.
L'Ordre n'a rien à dire à l’occasion de cette réunion de Colonne et ne trouve rien à redire… Apparemment aucun « prud'homaliste » n'a fait le déplacement pour cette réunion de Colonne.

 

Vient sur le tapis le RPVA et les tribunaux de commerce. Personne ne connaît la question ni les problèmes techniques et procéduraux et les intervenants peuvent énoncer des âneries sans que les MCO ne bougent sauf pour botter en touche en disant que les choses vont évoluer avec le temps.

Un confrère raconte que devant le Tribunal de Commerce de Versailles  (qui a un greffe pilote en matière d'informatisation) les deux avocats ont adressé un fax pour demander un renvoi et scandaleusement la procédure a été radiée.  Évidemment ils auraient pu envoyer un mail ou un pigeon voyageur cela aurait été tout aussi inopérant. La procédure est orale. Cela veut dire qu'on n’écrit pas au tribunal. Il dit que c’est un scandale…Le scandale réside peut-être dans sa méconnaissance de la procédure orale qui est pratiquée, excusez du peu, devant toutes les juridictions de première instance sauf le T.G.I.

Les RPVA ne change pas les règles de procédures. Ce n'est qu'un outil de communication. Il est possible de l'utiliser devant les juridictions orales que dans les cas où le Code de Procédure Civile le permet.

 Cela n'arrête pas la vindicte, on s’attend à voir dresser un bûcher sur place en entendant un réquisitoire fait de bêtises et d’absurdités déversées pêle-mêle contre les avocats commercialistes autant que contre le greffe du Tribunal de Commerce !

La méconnaissance du Code de Procédure Civile n’est pas  déjà acceptable en soi et l’absence de pratique devrait conduire à moins de simplifications et d’outrances.

Mais il est vrai que ni l’AVCO qui est l’association des avocats praticiens des procédures commerciales, ni le greffe du Tribunal de Commerce de Paris ne font de communication, ni de formation pour faire toucher du doigt la réalité.  Reste que les contestataires ne veulent rien d’autre que de contester…

A propos d’incompréhension, je peux faire un parallèle avec l’action internationale de l’Ordre en faveur des avocats menacés, parfois tués… ou embastillés comme nos confrères turcs par exemple.

Souvent des confrères membres également de l’U.I.A ou du CCBE, bénévoles, se chargent des missions d’observation autant que des protestations et du lobbying.

Le problème c’est que ces actions finissent par dominer dans la communication d’une part les autres actions de notre profession et notamment de notre Ordre à propos des problèmes matériels ou déontologiques quotidiens de milliers de confrères à la peine dans leur vie professionnelle, d’autre part trop de com’ tue la com’ et finit par détourner les confrères jusqu’à engendrer un rejet.

Par ailleurs les menées les plus tapageuses aussi légitimes soient-elles peuvent entraîner des réactions rigides jusqu’aux dérapages les plus graves pour affirmer des pouvoirs contre la résistance des confrères opprimés qui luttent pour le respect du droit de défendre dans leur pays.

Il faut rappeler que la fin de la seconde guerre mondiale a trouvé son véritable épilogue le 7 mai 1945 dans une école de Reims, celle de  Corée sous une tente, et celle du Vietnam dans une rizière…Et plus d’un confrère a été sauvé d’un sort peu enviable par une démarche personnelle d’un Président du CCBE, dont beaucoup d’entre nous garde le nom en mémoire, où l’entremise d’un militant charismatique d’Amnesty International.

Ceux qui ont vu le film  « Quai d’Orsay » se souviendront des illustrations de ce commentaire.

Je sais que cela ne fonctionne pas toujours mais les postures sont souvent des impostures.

J’ai eu le tort d’évoquer sur les réseaux sociaux ce que j’avais entendu sur l’incompréhension d'un bon nombre d’avocats à propos de l’ omniprésente de l’action de l’Ordre à l’international et que trop de com’ commencer à devenir contreproductif vis-à-vis des confrères que leur quotidien tient loin de ces préoccupations.

Sur tweeter, une remarque devient immédiatement une attaque personnelle. Une suggestion est considérée comme une insulte. La discussion tourne en quelques échanges en procès en sorcellerie.

Sur ce média, il n’y a place que pour le slogan, l’anathème et la vérité immanente. Le pire étant l’entre soi qui y sévit. 

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