Jun
25
Comme la D.G.T n'a pas réussi à tuer les PME, lançons leur le RSE !

Vous vous souvenez de la circulaire de Juillet 2009 de la DGT au moment de la grippe H1N1 commentée dans ce blog (tapez DGT sur le moteur de recherche) et bien nos destructeurs d'entreprises sont en passe de faire tout aussi traumatisant et inutile à l'égard des PME. Je vous invite à lire le rapport à propos du RSE dont vous trouverez le lien au bas de cet article. Quand vous lisez notamment la liste d'organismes de barbus de tous poils qui ont contribué directement ou indirectement à ce pensum, vous vous dites que les causes de la chute d'une nation qui nous sont déjà connus du fait de notre mémoire de l'Histoire écoulée sont à nouveau réunies.

Des fonctionnaires dont la suppression de poste permettrait de diminuer le déficit quotidien de l'Etat ont décidé de piétiner un peu plus l'aorte des entrepreneurs en faisant 20 propositions pour renforcer la démarche de responsabilité sociale des entreprises (RSE)

L'information m'est parvenue grâce à http://www.lexisnexis.fr/depeches/

Leur rédacteur qui a beaucoup d'humour l'a restitué comme elle a été diffusée, c'est-à-dire avec beaucoup de sérieux. Ce qui est procédé humoristique pertinent pour présenter une aberration.

C'est une « mission » ( terme employé autrefois pour les évangélistes partant dans des contrées barbares où généralement et contrairement au cas d'espèce ils pouvaient craindre pour leur vie) portant sur la responsabilité (pas celle des auteurs) sociale, sociétale ( j'adore le jargon du XXIième siècle) et environnementale ( tarte à la crème facile à étaler) des entreprises. Elle a été confiée fin février 2013 à trois personnalités qualifiées (Mme Brovelli et MM. Drago et Molinié (qui ont toutes géré personnellement une entreprise de main d'oeuvre de 250 personnes pendant au moins dix ans) par les ministres de l'Économie et des Finances, du Commerce extérieur, de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie ainsi que du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du dialogue social. Presque tout est dit. Mais pour passer un bon moment continuons ..

La responsabilité sociale des entreprises (RSE) recouvre " la responsabilité des entreprises et des organisations vis-à-vis des effets qu'elles exercent sur la société ". Rien de moins mais nous l'avions compris.

Le rapport " Responsabilité et performance des organisations " (co-rapporteurs : Michaël Fribourg, Inspecteur des finances, Christian Lenoir, Inspecteur général des affaires sociales, Jean-Paul Le Divenah, Inspecteur général de l'administration du développement durable( rien que des entrepreneurs qui connaissent la vie concrète quotidienne des entreprises) formule 20 propositions ( pourquoi pas 40 ? Quelle manque d'imagination !) pour faire de la responsabilité globale un levier de performance durable .La responsabilité globale désigne l'ensemble des engagements économiques, sociaux, sociétaux, environnementaux et de gouvernance qu'une organisation, publique ou privée, adopte, de la façon la plus concertée et ouverte possible, pour déployer une stratégie intégrée de performance durable, pertinente et mobilisatrice pour ses actionnaires, ses clients, ses collaborateurs et les territoires où elle opère.(Exemple : Sauvez les hannetons !...trop tard.)

Sérieusement, ne rions pas : Personne n'y aurait pensé sans eux. Mais il faut tout de même réfléchir aux conséquences il va falloir combien de personnes et de réunions, de rapports et de comités pour piloter tout cela dans une PME ?

Les 20 propositions du Rapport : accrochez vos ceintures, vous risquer de tomber par la fenêtre !

Développer une culture de performance globale au sein des entreprises, des organisations et des administrations publiques (sic). (Cela en fait des EIRL de formateurs, ce qui va booster les statistiques de l'INSEE en matière de création d'entreprises.)

- n° 1 : Encourager l'adoption de stratégies de performance globales et intégrées - économique, sociale, sociétale, environnementale et de gouvernance -, avec un engagement continu des dirigeants et des managers (après ils se consacreront à faire tourner leur entreprises, mais cela c'est du travail nuisible ?).

- n° 2 : Accroître la place consacrée aux sujets de RSE dans le dialogue social, d'entreprise, de branche, interprofessionnel, territorial ou international (on voit bien que les auteurs de ce rapport n'ont jamais vu une négociation de branche et le reste...)

- n° 3 : Passer des intentions aux actes en matière d'État exemplaire... on croit rêver : cinq millions de fonctionnaires toutes catégories confondues à occuper...

- n° 4 : Mieux former aux enjeux de la RSE, que ce soit par la formation initiale ou continue ; (Il va falloir créer une nouvelle filière à Sciences-Po. Et vite des Ecoles supérieures de RSE...)

- n° 5 : Permettre aux PME de mieux s'impliquer dans la recherche d'une performance globale en mettant à leur disposition des outils d'aide à la décision...(je vous l'avais dit : une technostructure d'entreprise pour les PME. Galbraith doit éclater rire dans sa tombe.)

- n° 6 : Systématiser les démarches d'achat et de sous-traitance responsable (cela s'appelle un service achat...Il existe toutes une série de normes et de contraintes, de responsabilités présumées à charge du donneur d'ordre, il faut spontanément s'en donner d'autres nouvelles à inventer...)

- n° 7 : Encourager et favoriser le développement économique de " l'entrepreneuriat social ".( Parfait, la Chambre sociale n'y avait pas encore pensé : « Vous n'avez pas assez développé le développement économique alors que vous êtes un entrepreneur social... » un vrai régal.)

- n° 8 : Encourager, parmi les actions de mécénat des entreprises, les démarches de mécénat les plus " actives "( No comment.)

Assurer une mesure fiable et pertinente de la performance globale des entreprises et des organisations, comme s'il n'y avait pas assez de contraintes dans ce domaine !)

- n° 9 : Faire converger les différents rapports d'information établis par les entreprises pour stimuler, à long terme, la construction d'un reporting (ces fonctionnaires ne savent même plus parler français, évidemment la diffusion de l'information en interne, c'est moins sexy) plus intégré.

- n° 10 : Adapter, à l'initiative des branches d'activité et dans le dialogue avec les parties prenantes, le contenu et le nombre des indicateurs de performance extra-financière publiés par les entreprises.( Bingo, le niveau du n'importe quoi est atteint. Jusqu'où iront -ils ?)

- n° 11 : Fiabiliser la nature des informations diffusées en finalisant le dispositif français de vérification par un tiers extérieur ( Autrefois l'Etat payaient des chômeurs à creuser des trous le matin et à les reboucher l'après-midi...maintenant c'est à la charge des entreprises. C'est le moment où jamais)

- n° 12 : Favoriser, au-delà des cercles d'investisseurs, l'émergence et la diffusion des notations sociales et environnementales (... de nouvelles fameuses agences de notations - indépendantes)

- n° 13 : Établir un cadre européen de régulation des organismes de notation extra-financière (...c'est bien ce qui nous semblait)

Encourager l'investissement responsable: ( là, je fatique et je ne commente plus.)

- n° 14 : Promouvoir la création d'un " label ISR " unique et enrichi et davantage mettre en valeur les démarches de capital-investissement responsable

Proposition n° 15 : Inciter les investisseurs institutionnels à privilégier les produits de placement les plus responsables

- n° 16 : Tenir compte des dimensions extra-financières dans l'octroi de certains crédits bancaires (Les banquiers sont d'accords. Ils vont nous contraindre à indiquer le nombre de plantes vertes dans les bureaux avant de vous accorder un prêt.)

- n° 17 : Orienter une part croissante de l'assurance vie, placement de long terme, vers les produits d'investissement responsable (d'un placement de père de famille passez en bourse sinon on va vous taxer !... de toutes les façons vous avez odieusement épargné...Et puis vos investissements en Bourse serviront de contre-partie aux "zinzins" lire institutions financières)

Valoriser l'ambition, l'avance et le savoir-faire français à l'international ( Dans la Prinzipauté de GRODLAND c'est fait depuis longtemps.)

- n° 18 : Soutenir activement l'actuelle initiative de directive communautaire sur la publication des informations extra-financières des entreprises. ( Exemple : tous les salariés ont fait un don du sang.)

- n° 19 : Généraliser et mieux mettre en valeur les démarches exemplaires des entreprises françaises en matière d'approvisionnement, d'exportation et d'implantation à l'international.

- n° 20 : Continuer à promouvoir, dans les enceintes et négociations internationales, les conceptions françaises en matière de responsabilité globale.

Les points 19 et 20 sont certainement les deux cerises sur le gâteau qui nous manquaient.

Source :

Sources : Gouvernement, Rapp. public, 13 juin 2013

Voir http://www.economie.gouv.fr/files/rapport-brovelli-drago.pdf

Lire dans la revue Entreprise et affaires ( La Semaine juridique) n° 25 du 20 juin 2013 (470) l'article "Rapport RSE: organisme tiers indépendant" ( A.13 mai 2013:JO 14 juin 2013 page 9861).

Cela interpellera au jour d'aujourd'hui au niveau du concept de la problématique de nombreux colloques, séminaires,instituts,commissions et des chômeurs masqués en formateurs tout autant que les pourfandeurs d'entrepreneurs.

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