Nov
07
Constitution, le retour du Roi ?

Un peu surpris j'avais vu un reportage sur Jean d'Orléans, descendant des rois de France. Une monarchie au XXI ième siècle. C'est un peu surréaliste non ? Et puis j'ai considéré avec un peu de recul que nous devions depuis 1789 en être à notre quatorzième régime politique, et que la question méritait autre chose qu'un haussement d'épaule si nous acceptons de regarder ce qui se passe en Europe actuellement, juste au-delà de nos frontières.

 

Posons-nous la question au moment où certains demande une VIième République : Pourquoi faire ? Notre système politique est-il mieux ou moins bien adapté à nos contraintes ?

 

La Suède, la Norvège, le Danemark, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, l'Espagne, j'allais oublier la Grande-Bretagne, sont des monarchies. Le « souverain », incarnant la nation, le pays, la pérennité des institutions, représente l'Etat. Il n'a pas de pouvoir politique sauf à Monaco et au Liechtenstein.

 

Dans tous ces pays le pouvoir exécutif est exercé par un premier ministre.

 

Tout observateur honnête peut voir dans ce dispositif constitutionnel un double avantage.

 

En premier lieu la place du chef de l'Etat étant occupée statutairement les ambitions sont sans objet et ce n'est pas rien. En effet il n'y a pas lieu de trouver 50 % des voix plus une pour élire un candidat à l'ego surdimensionné. Plus besoin de s'accrocher à des doctrines révolues pour constituer une majorité, plus d'affrontement, de pays coupé en deux.

 

Place au pragmatisme et à l'élection à la majorité relative à travers les élections législatives. Les premiers ministres britanniques ont été en règle générale portés au pouvoir avec 20 à 30% des voix qui lui ont donné une majorité en sièges au Parlement. Et c'est souvent la même chose dans les autres monarchies. Personne ne conteste la règle du jeu : Elle permet de gouverner avec humilité et recherche de solutions pragmatiques. A défaut le Premier Ministre perd la confiance et le soutien de sa majorité sans attendre les prochaines élections qu'elle demeure libre de perdre ou de gagner en fonction de la satisfaction des électeurs les plus nombreux.

 

Nous sommes loin de ces solutions institutionnelles qui mènent à l'équilibre et l'appaisement. Les conflits et les affrontements pour ou contre le fait majoritaire constituent le pain quotidien de notre vie politique.

 

En second lieu j'avoue préférer pour chef de l'Etat le destin qui fait roi un homme qui n'a rien à prouver ni à lui-même ni aux autres que l'ambition d'un chef de parti préoccupé de sa réélection à la tête du pays, qui le conduit évidemment à écarter ou écraser les autres du fait de son élection indispensable à la majorité absolue des votants sans laquelle il n'a pas de légitimité.

 

Enfin il y a une certaine élégance morale de faire quelque chose « pour le roi », qui incarne la nation, autrement dit gratuitement, pour la beauté du geste en quelque sorte, puisqu'en aucun cas cela n'est partisan ni à la gloire d'un homme politique. Je veux dire par là que la vie politique et sociale en sont chez nos voisins en quelque sorte plus détendues, on s'y prend moins au sérieux.

 

A regarder de plus près, quitte à accéder à une VIième république autant choisir une monarchie parlementaire. Vous allez me dire que nous en avons fait l'expérience entre 1830 et 1848, mais la loi fondamentale était déséquilibrée et les données politiques, économiques, sociales, ont changé.

Et puis un pays, c'est une terre, un peuple, un roi. A l'heure du débat sur l'identité nationale, il convient de rechercher où sont nos racines historiques et de réduire la fracture de 1789.

 

Aussi, songeons que nous n'aurions plus à choisir entre Sarkozy ou Royale, comme je l'écrivais il y a quelques années, pour incarner la nation.
Le roi, c'est inutile ? Oui. "C'est plus beau quand c'est inutile." (Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac)

Concrètement nous avons un régime républicain sous les ors de l'ancien régime et un système présidentiel au protocole et aux méthodes parfois monarchiques au sens où nous l'entendions sous l'ancien régime à l'époque de Charles X par exemple.

Une monarchie parlementaire au 21e siècle calquée sur le modèle des pays nordiques serait plus démocratique.

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