Oct
28
Demain la nouvelle Amérique !

Comme souvent le jeudi soir je regarde "LGL" animé par François Busnel. Son émission rassemble 600 000 téléspectateurs, soit autant que "le Jour du Seigneur", ce qui place Busnel au même rang que dieu dans le classement de l'Audimat. La discussion, en deuxième partie de l'émission,  entre les divers intervenants dont la modestie souffrirait si je citais leur nom, portait notamment sur la nécessité de faire comprendre le sens des mots et d'apprendre à les manier tout en expliquant l'intérêt intellectuel à posséder un ensemble culturel permettant de comprendre la littérature et donc l'expression de notre  langue. Le tout s'inscrivant sur le sens social de la modernité et du conservatisme, le rapport des auteurs à leur rémunération et la façon dont ils avaient abordé le thème de l'argent dans leur oeuvre. Profond, léger, ciselé, la conversation était plaisante. L'émission se termina sur l'interprétation par deux virtuoses mondialement  reconnus pour leur talent de deux extraits de l'oeuvre de Bach, puis vînt l'inutile générique.
C'était fini. C'était bien. Mais je n'ai pas pu songer que cela pourrait  exister encore longtemps. J'avais le sentiment d'avoir vu une civilisation défaite en train de former joyeusement  ses derniers carrés inexpugnables. "On maintiendra."
Le monde bascule vers tout autre chose, qui n'est plus culturel. La #CNDA2017 nous a adressé un message clair. L'identité s'estompe comme les frontières et l'Histoire n'a plus de sens. Les anciens ne sont plus dans ce paysage des expériences ou une bibliothèque valides. C'est encore un marché dit argenté, pas de la couleur de leurs cheveux, mais après quel sera leur intérêt social lorsque les petits-enfants seront gardés par des robots plus véloces et pertinents ?  L'intelligence aura ses luxes culturels mais ils seront de plus en plus privés et privés d'objet car le beau fondé sur l'harmonie classique n'a déjà plus cours dans la création contemporaine. Ce qui explique que la France est visitée d'abord pour son patrimoine créé par l'Ancien Régime  et ses Empires honnis.
Cela n'a plus d'autre importance qu'un parc à thèmes dans une société  annoncée numérisée, digitale et robotisée. L'excellence de l'esprit cultivé  sera une joie personnelle sans rapport avec l'intelligence de la société qui se transforme sous nos pas; tandis que pour le sort du français, le Ministre de la Justice étant devenu la Garde des Sceaux, et les Président.e.s de Société désirant que les réunions de travail comme nos audiences de Paris Place du Droit se déroulent en anglais, il semble dépassé. Passons sur l'anachronisme au moment du Brexit car c'est pour nous préparer à vivre la constitution du grand marché Europe-Amérique du Nord et de l'ASEAN. La mutation n'est pas d'aujourd'hui. Elle est lancée depuis les années soixante et n'a jamais été du ressort de la démocratie et même de nos politiques. C'est un mouvement de fond économique et technologique qui impose très logiquement à la fois le transhumanisme,  un nouveau bas latin mondial et le numérique universel. La GPA n'est même pas un sujet.
Le mobile du changement climatique, qui n'est pas dans notre pouvoir de modifier, habille la nécessité de créé de nouveaux marchés économiques qui imposent une nouvelle forme d'organisation sociale.
Le vrai défi est la surpopulation galopante de la planète qui se déverse d'un continent à l'autre plus que d'un pays vers un autre. Pour Mayotte et la Guyane, la résistance à la migration,  c'est déjà un cause perdue, reste à maintenir le calme pendant la transition nécessaire. La chute de l'Empire romain nous a tout enseigné, je ne vais donc pas vous l'expliquer.
Les porteurs de principes et donneurs de leçons ne nous disent pas comment, avec quoi, pour quelles solutions pérennes on peut se mobiliser pour arriver a cette nouvelle Amérique que sera le monde numérisé.
C'est toujours plus pratique quand on n'a pas de réponse d'hurler sur les conséquences des problèmes pour ne pas traiter des causes car pour les résoudre celles-ci, les principes ne valent plus rien. Le fond de commerce , pas seulement intellectuel, des bonnes consciences, tiendra jusqu'au moment où son objet et sa cause ne feront plus qu'un. Le Moyen-Age avec l'électricité et les kalachnicovs ailleurs tant que nous pourrons lire Rimbaud, cela n'a pas d'importance. La question en suspens est de savoir si Richard Fleischer a vu juste en écrivant "Soleil Vert" ou pas. Le bio est un combat d'arrière-garde somme toute assez émouvant sur une planète pourrie par la dioxine et d'autres saloperies atmosphériques ou de toutes autres sortes.
Pour l'instant personne n'arrive à m'expliquer où Fleischer s'est trompé.
Imaginer que le tabou de la démographie notamment de l'Afrique que seul Emmanuel Macron a osé écorner dans un propos que l'Empire du Bien a étouffé, sera traité par les leaders politiques africains est encore largement du domaine de la blague. Nicolas Hulot peut toujours prétendre vouloir défendre les éléphants, il ne peut ignorer que ce ne sera que pour un temps dans les parcs animaliers de l'hémisphère Nord dans le contexte actuel qui ne peut qu'empirer. De même au rythme actuel les requins auront disparu avant la dernière sardine sauvage. La défense de la planète est une escroquerie tant que la surpopulation ne sera pas éradiquée, sachant que la Terre ne peut selon les scientifiques, supporter qu'un milliard cinq cent millions d'humains et que nous sommes déjà  plus de 3 fois trop nombreux et bientôt selon les plus récentes projections, 7 fois... Donc lorsque l'on me parle d'un monde robotisé et numérique en 2040 dans ce contexte je prétends que le combat de l'intelligence s'est perdu quelque part en route pour y arriver sérieusement, sauf à le réserver à quelques centres d'affaires.
"Le monde numérisé sera notre nouvelle Amérique". La question n'étant plus pourquoi mais comment l'atteindre comme une porte de secours économique un peu trop loin et déconnecté (ce qui est drôle) du problème de fond du devenir de l'humanité.
L'Empire du Bien des porteurs des droits ont-ils une idée pour parvenir à quel avenir pour leurs enfants et petits enfants ? Les vingt années à venir de disruption numérique sur fond de surpopulation universelle et de chômage institutionnel vont être passionnantes.
Reste qu'il faudra payer ceux qui ne saurons que se plaindre. Le revenu universel n'est possible que si l'on sait créer de la monnaie sans avoir de l'inflation. J'attends le futur prix Nobel qui trouvera une solution pérenne à ce qui n'est pas forcément une quadrature du cercle à résoudre.

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