Jan
28
Doit-on désespérer de l’espoir ?

Ce serait le débat philosophique, nous dit-on, du moment. Notre pays a-t’il renoncé à l’espoir ?

Les avocats qui ont « l’âme chevillé au corps » savent qu’il n’est pas nécessaire d’espérer pour persévérer, selon une formule célèbre.  A quoi sert l’espoir lorsque l’existence suffit, et se suffit à elle-même ? L’espoir ne serait qu’un concept comme dieu. La conscience dont la définition est remise en cause par l’intelligence artificielle n’a que faire de dieu et donc de l’espoir. Et soyons raisonnable posons-nous la question de fond : avoir l’espoir pourquoi, simples mortels ? 

Pour notre profession, le ciel s’éclaircit. La garde des Sceaux est remplacée par un garde des sceaux. La langue française y gagne. Et à mon grand soulagement, je n’aurai plus à surveiller sur ce point mon langage.

 Plus sérieusement, les ayatollahs de la pensée correcte après avoir affirmé en son temps qu’ « il fallait mieux avoir tort avec Sartre que raison avec Aron » viennent nous dire qu’il faut mieux avoir tort avec Taubira que raison avec Macron, histoire de nous laisser sans espoir de modernité…tiens, l’espoir revient sur le clavier.  Nous pouvons en premier lieu espérer ( à nouveau) que la Chancellerie reprenne la main et que le sort de la justice retourne de Bercy à la Place Vendôme. Nous pouvons aussi considérer que  le Garde des Sceaux défendant le projet de révision constitutionnelle,  trouvera dans la proposition de notre Bâtonnier, reprise par notre Ordre et le CNB, pour une reconnaissance constitutionnelle du droit pour tout justiciable à un avocat, un élément d’équilibre aux mesures d’exception, qui ne peuvent pas se concevoir également sans la garantie d’un habeas corpus.

Mais rien n’est acquis. La défense est un combat de chaque instant, surtout lorsque la guerre contre le terrorisme nécessite une forme dictatoriale de la protection de la société.

Nous ne pouvons pas nous contenter de postures.Il faut accepter les contraintes mais il faut en contre-partie des garanties.

Rappelons qu’à force de rendre impossible les évolutions pacifiques, pragmatiques, les conservateurs de tous les bords, et donc y compris ceux qui s’auto définissent comme des forces de progrès, car ils n’ont pas renoncé à l’usage de la dialectique, finiront par provoquer une révolution violente ou au moins un chaos. C’est peut-être, sous couvert de défendre les grands principes, un but malsain et pour tout dire, une politique de destruction.

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA