Aug
28
Droit et entreprises

Interrogé  par un journaliste qui découvre en même temps que nos hommes politiques que les entreprises n’en peuvent plus des contraintes multiples et variées de toutes les sortes, qui pèsent sur elles, un dirigeant d’une PME de l’industrie du bois dans le Jura explique que dans ce secteur d’activité, arrivées à 9 ou 20 salariés maximum les entreprises refusent de croître. D’où la question du journaliste : « Ben, pourquoi ? » La réponse évidente (pour un membre de la société civile mais inaccessible à quelqu’un issu de l’autre et souvent énarque), de la part de l’entrepreneur : « Si nous nous développons nous devons engager un directeur financier, un directeur juridique, un directeur des ressources humaines, c’est absurde : Nous sommes des forestiers et des meneurs d’hommes. »  Sous-entendu : nous n’avons pas envie de nous coltiner tous les jours  de faux problèmes qui sont faits uniquement pour nous empêcher de travailler. Autre cause de l’absence d’embauche : le millefeuille social. Au-delà de 10 employés vous avez à charge financière des délégués du personnel, au-delà de 20 de nouvelles contraintes, au-delà de 50 un comité d’entreprise, mais pour autant les délégués du personnel demeurent, plus un CHSCT alors que le C.E. suffirait et  en plus des délégués Syndicaux, des suppléants, et éventuellement des élus au CPH local en plus, un contentieux électoral, des procédures obligatoires de concertation, d’information, des expertises-comptables demandés par les C.E. d’établissement, centraux, européens, des risques pénaux multiples de délit d’entrave, j’en passe et sans doute des meilleures, comme les interminables discussions dans les branches avec 75 délégués syndicaux payés avant, pendant, après les réunions qui se bornent à tourner en rond sur la fixation d’un calendrier de négociation … Bien entendu, en parallèle les obligations en droit des sociétés s’accumulent aussi. Rien que du bonheur. La seule perspective annoncée : déplacer les effets de seuils, ce qui prouve que la révolution économique n’est pas pour demain. Quant aux 35 heures, comme il s’agit d’un mausolée dédié à la bêtise, il n’est pas question d’y toucher ainsi que nous l’avons entendu encore ce matin. Et cela implique que pour travailler quatre  heures de plus par semaine  à la place d’un salarié qui ne fait plus 39 heures depuis la réforme AUBRY, l’entrepreneur d’une PME de plus de 20 personnes va devoir trouver une personne non pas pour la faire seulement travailler quatre heures le vendredi après-midi ou une heure les quatre premiers jours de la semaine le soir ou le matin, ce qui est concrètement impossible à trouver même avec des C.V. anonymes (le contrat de travail n’étant plus intuitu personae), mais obligatoirement 24heures par mois minimum, grâce à une géniale récente réforme. En considération de la fiscalisation des heures supplémentaires et du surcoût pour l’entreprise, celle-ci préférera stagner, de toutes les façons si vous embauchez à l’heure actuelle, vous ne pourrez pas débaucher.Bien sûr nous pouvons nous attarder sur la formation professionnelle, l'apprentissage qui a été démoli pendant des années comme étant " l'école du patronat", l'industrie décrite comme le lieu du "travail nuissible" avec le résultat obtenu que nous connaissons. 

Le chômage s’accroit.

« Ben qu’est-ce qui se passe ? »

Commentaires

Nom: 
Bâtonnier GIROUD

n'est pas adapté à la réalité économique et sociale du pays.

Il semblerait que certaines personnes préfèrent ne considérer la nécessité du changement que pour les autres.

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