Sep
21
Entre l'ENA et Sciences Politiques, existe-t-il un avenir ?

Tous les économistes vous le diront: dans tous les pays, plus vous avez de fonctionnaires, plus vous avez de lois, plus vous avez d'impôts, de prélèvements et plus vous avez de contestations et de conflits sociaux. La cause en est le laminage constant du revenu net.
L'Administration génère de l' administration pour maximaliser son pouvoir, ce qui exige "plus de moyens". Elle a mis la main sur l'Hôpital et la Santé publique, où elle sévit avec 33% de sureffectif par rapport aux autres pays de l'O.C.D.E., avec pour mission de nous inculquer et faire répéter aux médias que nous avons le meilleur système. Ce qui est aussi inexact que de prétendre que 70% du coût global de la fraude connue à la Sécurité sociale n'est pas le fait du corps médical.
L'Administration avait détruit l'enseignement publique du français en imposant notamment la lecture globale car la hierachie administrative est doublée d'une hiérarchie syndicale idéologique qui est devenue dans l'ensemble du secteur public une véritable police politique.
Elle a tué l'industrie par les impôts de production, les prélèvements sociaux et une accumulation de normes paralysantes pour justifier de nouvelles administrations. Elle s'apprête à tuer l'agriculture.
L'Etat est incapable d'autorité, il achète la paix sociale dans son administration et impose ses mêmes démissions au secteur privé dont les représentants sont eux-mêmes sortis d'écoles où ils ont appris qu'ils étaient les meilleurs.
L'Etat est devenu lâche et laisse pourrir les situations quelque soit le sujet. Son mot d'ordre est pas de vague. Plus d'impôts, de prélèvements et...1/3 des charges sociales ne sont pas contributives !
C'est toujours plus de dépenses donc de déficits pour moins d'efficacité. Chaque décision, c'est une loi de plus et une administration en plus. Ça dure depuis plus de 70 ans. Il y a des tonnes de livres pondus là-dessus et on ne compte plus les rapports de la Cour des comptes.
Il faut constater que les ministres ne gouvernent pas leur administration. Ils n'ont pas l'autorité pour le faire après l'accumulation de 90 ans de législations destinées à assurer l'indépendance des services et organismes avec des règles iniatialement mise en oeuvre pour garantir leur neutralité. Pour les mêmes raisons notre statut de protection des fonctionnaires a fini de rendre l'Administration autonome puis indépendante.
Les subventions aux associations dont une part financée pour leur faire réaliser des fonctions que le secteur public et collectivités locales doivent assumer, c'est 42 milliards d'euros par an !
Que les syndicats, les partis politiques soient sous perfusion de financements publics ou de rackets institutionnalisés des entreprises leur retire toute légitimité. Ils nous sont imposés. Cela confisque le débat social, détruit la démocratie. On finance la médiocrité pour lui donner une légitimité.
Cerise sur le gâteau, on apprend que l'État et ses services sociaux ne contrôlent pas l'usage de l'argent distribué, qu'ils n'ont pas et pour lequel ils empruntent. Alors là, on a atteint le fond. Rien ne changera donc tant que le pays ne sera pas complètement dévitalisé et ruiné ?
Notre Code du Travail fait 3700 pages alors que le même en Suisse en réunit 70. Vous savez, ce pays qui va si mal aussi: plein emploi, assurances sociales sans déficit, salaires net trois fois plus élevés. Personne en France ne dira qu'il pourrait y avoir un lien entre l'épaisseur de nos Codes, notre chômage et notre manque de compétitivité. Constat fait partout ailleurs dans le monde.

Le droit était civilisateur et structurait la société. Aujourd'hui le quotidien revendicatif de minorités façonne le droit. Nous sommes passés de la lecture de la Déclaration des droits qui fondaient nos devoirs collectifs à la défense de droit individuels de nuire érigés au rang des libertés publiques grâce à une interprétation idéologique de la même Déclaration de 1789.

La "cancel culture" promue par nos marginaux est la suite de la déconstruction inventée par Derrida et Foucault qui fait fureur encore aux USA. Le terrorisme intellectuel de gauche la véhicule. Son but est la destruction de tout ce qui structure notre société avec l'objectif de le remplacer par rien. Le néant est son but. Fabuleux.

Pris dans cet étau qu'elles sont les chances que nous avons de voir le pays se redresser économiquement et donc socialement, tant que l'effet repoussoir des extrémismes pérennise l'ENA, créée en 1946 pour éviter la prise de contrôle de la France par les communistes à la sortie de la guerre ? Heureusement le secteur privé a Sciences Po, dont une part non négligeable du Barreau est issue. Ils s'entendent généralement très bien avec la Haute Administration. "L'important est de dire les choses avec modération. On ne se fâche avec personne. Tout est dans l'apparence. C'est élégant, on fait des colloques entre gens de bon aloi. On passe pour un esprit ouvert. On redige des articles. On a la considération de ses contemporains. On fait semblant entre gens bien élevés de vouloir réformer les choses. Puis il ne se passe rien et tout le monde est satisfait."

Au lieu de parvenir à une révolution libérale nous sommes parvenus à la mise en oeuvre d'un dispositif global collectiviste qui a miné à son tour maintenant tout le secteur privé. Du moins celui qui n'est pas déjà mort mais qui n'a plus les moyens de se barrer. Resteront vraisemblablement à terme que ceux qui n'en ont pas les moyens face aux racketteurs publics et privés associés, toujours plus avides plutôt que de se remettre en cause.

C'est comme cela que peu à peu nous nous enfonçons dans une forme de médiocratie molle dont on ne sait plus se sortir. Ça me fait penser à la "gelly"des desserts anglais. Pourquoi accepter de trouver la couleur belle et se forcer à en manger. Parce que l'on est poli et que ça se fait. Concrètement les évolutions vont plus vite que les capacités d'adaptation. Accepter de voir bouger les autres, c'est risquer de perdre le pouvoir et de se retrouver ringardisé. L'immobilisation est une stratégie de survie contre la compétition. Choisir une modernité contreproductive, inadaptée ou mettre en place des moyens obsolètes, choisir des solutions inadaptées font partie des dispositions qui permettent de pérenniser l'inefficacité et même d'augmenter la taille du fromage. L'incompétence militante sur fond d'ignorance de la pratique et de la réalité vécue par les autres est le fait de médiocres satisfaits de leur apparence de semblant de pouvoir ou d'autorité. Et comme le disait Ferré, "il n'y a pas qu'au guignol qu'il y a des planches, il y a aussi dans ces coins là".
Les générations passent, sauf que leur barrage contre tout ce qui bougent contient de plus en plus d'attentes qui débordent. Comme le disait JFK: "empêcher les réformes pacifiques conduit aux révolutions violentes." Et l'on sait qu'elles conduisent à des dictatures.

La démocratie impuissante, inepte, récolte toujours ce qu'elle ne sème pas.

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