Dec
08
J'ai rencontré les Commissaires de Police du 18e arrdt de Paris.

Les Commissaires divisionnaire et principal sont arrivés en tenue de robocop dont gilets pare-balles qu'ils ont retirés pour s'assoir en bout de table en uniforme de ville à proximité de la sortie, comme tout bon professionnel.
Cette réunion organisée par la Mairie d'arrondissement a permis aux habitants du quartier (excédés par les actes de malveillance, les dégradations, les affichages sauvages, tags, les trafics en tous genres, drogues, tombés du camion dits TDC, trafic de médicaments encore plus lucratif que celui de la drogue, etc., et ce qu'il est convenu d'appeler des "incivilités" pour minimiser leur impact sur la population afin de les balayer sous le tapis de l'indifférence de l'administration qui gouverne ce pays)  d'apprendre moultes choses.
D'abord, la Police qui n'est pas aveugle sait exactement ce qui se passe dans les moindres détails à de rare exception, comme l'existence de "3 tonnes 5" ventouses qui servent de lieu de stockage ou de prostitution. Il faut dire qu'à raison de plus de 5 000 signalements par an donc 1 250 par quartier, il y a peu de chance que quelque chose puisse échapper durablement aux autorités. Que se passe-t-il donc pour que rien ne change dans certains coins du 18e arrondissement de Paris et que cela empire dans d'autres ? Il nous a été relaté que nous étions victimes de la sensation d'insécurité plus que de celle-ci et que les statistiques le démontrait : pendant le confinement la délinquance a diminué de 45% pour les vols à domicile. J'adore que l'on se moque de moi mais il faut que ce soit bien fait. Que met-on dans ces statistiques dont Churchill ne croyait que celles qu'il truquait lui-même ? Où en est-on au quotidien ?
C'est tout simple. Toute la population qui vit en marge dans l'arrondissement ne peut être arrêtée, mise en garde à vue et déférée. Pourquoi ? Tout simplement parce que la loi ne le permet pas. D'abord une bonne partie de leurs activités sont "contraventionalisées ".-"Nous pouvons seulement les interpeller et les verbaliser, ce qui ne sert à rien en pratique". Ces personnes sont officiellement des consommateurs et pas des revendeurs à défaut de trouver sur eux en flagrant délit la preuve de leur trafic de drogue au sens de la loi, par exemple. Pour les cigarettes de contrebande qu'ils proposent à l'unité aux enfants des collèges, ou par paquet à la sortie des métros ou aux ststations du Tramway (c'est un délit douanier, que fait le Ministre des Finances et ses services ?), ils s'agit de réseaux d'afgans alimentés par des mafias de l'Est de l'Europe. Pas d'identité, pas d'adresse, pas de papier et insolvable ou titulaire du statut de réfugié. Concrètement nous les retrouvons dans la rue même s'ils ont pu faire l'objet d'une garde à vue car ils sont de toutes les façons trop nombreux, ne serait-ce que sur et autour de la Place de Clignancourt. Je rappelle également que les cas d'ouverture d'une G.A.V. sont limités. Ils deviennent éventuellement des détenteurs de casier judiciaire à rallonge ou entre dans la case " connus défavorablement des services de Police". La prostitution est légale, seul le client est punissable. Le proxénète est simplement un conducteur garé plus loin. Le fait que certains tronçons de rue soient occupés physiquement par des bandes faisant leur business ou se réunissant sans masques, et bien entendu sans attestation, est dans ce contexte hors de toute répression efficace. Que le quartier soit forcément un foyer épidémique (appelé cluster par les médias) est une évidence sanitaire.
Souvent des personnes qui déambulent sont des drogués ou des schizophrènes.
Donc on fait le tour du quartier pour rentrer chez soi pour eviter les trottoirs occupés par les bandes ou des déséquilibrés mentaux, drogués ou pas d'ailleurs, et puis c'est tout ? "La population doit s'approprier l'espace public." Le souffle coupé par l'énormité, j'ai manqué de demander qui fournissait les armes. Je croyais bêtement que c'était à la Police de faire respecter la Loi et la paix publique. En fait, elle est concrètement submergée. Entre le service d'ordre tous les samedis et le plan Vigie Pirate, les effectifs disponibles sur 24 h et 7 jours de la semaine sont limités. Résultat, la nuit il y a deux équipages de quatre policiers en voiture qui tournent dans un arrondissement de 200 000 habitants. Sachant que la moindre intervention, c'est 3 h de temps pris entre le terrain et la paperasse. Une agression dans la rue et une violence conjugale tarissent les disponibilités du Commissariat. (Dans certains pays les agents patrouillent seuls et personne n'aurait l'idée de ne pas obtempérer.)

Au-delà, la lutte contre les réseaux de trafiquants, les interventions musclées, la compétence passe aux Brigades spécialisées. Nous avons appris au passage que malgré les remontées du Commissariat, le Ministère et même la Préfecture de Police n'avaient pas une perception de la déchéance de zones gangrenées par la délinquance d'opportunité de nature à les interpeler au jour d'aujourd'hui au niveau de la problématique de leur concept de la sécurité urbaine. Mais ils ne tolèrent pas de poussière sur leurs chaussures qui doivent briller sous un pli de pantalon impeccable. Ce qui entre la rédaction d'un rapport pour caler une armoire et le choix d'une cravate, doit occuper l'essentiel de leur capacité de faire bouger les choses.

Hormis qu'ils n'habitent pas là, ces irresponsables statutaires nous mentent délibérément. Tout le monde a entendu parler des mineurs étrangers isolés. La France leur a donné volontairement un statut de protection qui a éveillé l'attention de réseaux tant l'effet d'aubaine est important. Ils nous a été dit qu'ils étaient marocains. En réalité, ils ne sont pas mineurs et ils ne sont pas marocains non plus. Les journalistes qui sont devenus des commentateurs de dépêches et non plus depuis belle lurette d'investigation, nous ont, avec nos politiciens balancé l'image de pauvres enfants abandonnés venus de ce Maroc sympathique où beaucoup de nos concitoyens passent leurs vacances. En réalité, ils sont algériens, ce qui reste moins glamour dans l'opinion publique supposée, on se demande pourquoi. Ils sont sans motifs pour bénéficier d'un titre de séjour mais on fait comme si. Ce qui est un aspect seulement du fait que le Nord de Paris soit le réceptacle de la misère du monde organisé et soutenu par de nombreuses associations subventionnées. Mais les autorités y prêtent la main en y installant rien qu'à proximité de Clignancourt une salle d'accueil des toxicomanes et un centre d'accueil des migrants. La seule chose concrète qui est faite est de déplacer les problèmes. La "colline du crack" de la Porte de la Chapelle a fini par être partiellement rabotée et "la pression a été mise" sur le quartier de BARBES. Un camps a été dispersé à SAINT OUEN. Résultat, les activités illicites, vols de vélos  (400 000 par an en France), voitures cassées ou expédiées à l' étranger (40 000 voitures volées par an ) etc., se sont réfugiés à Clignancourt. Donc, le ressenti des habitants correspond bien à une réalité.
C'est une partie de pousse-pousse en fait. La réalité qui n'est plus à un endroit se retrouve ailleurs mais ne disparaît pas. Elle est de plus en plus difficile à combattre pour la Police. On constate par exemple que lutter contre la vente à la sauvette pour des étales qui sont installés depuis des années de laxisme à la barbe des commerçants qui paient leur patente et sont aujourd'hui contraints au respect du confinement, revient pour les forces de l'ordre à se faire prendre à partie par des dizaines de gardiens de mur et traîne savattes virulents de plus en plus nombreux dont elles se sortent avec orions et blessures, sous les injures. Par ailleurs, mettre la pression sur des abcès de délinquances revient à contrôler régulièrement cette population qui zone, fait le gué, anime des trafics de tout genre pour gêner leurs activités à défaut de pouvoir les faire cesser. Les associations hurlent aux délits de sale gueule. Toute personne ayant affaire au public vous témoignera que personne ne réussit à contrôler dans la vie l'expression de son visage, son regard, ses gestes et son comportement simultanément sans se trahir. Le langage corporelle en dit plus que le reste et ce que les bienpensants appellent le délit de sale gueule n'est que la tête de l'emploi. 

Concrètement le Code de Procédure Pénale et le Code Pénal empêchent contrôle et répression à la fois prompte et certaine. C'est comme cela que se forge les zones de non droit. Et cela c'est de la faute et de la responsabilité de nos politiques. Au moment où débordée par la situation, la Police est dans l'impossibilité de faire respecter l'ordre public, une proposition de loi intitulé "Sécurité Globale" envisage de réunir pour plus d'efficacité tous les moyens humains disponibles. J'ai connu une époque sans vigile dans les magasins, sans caméras dans les rues ou les parkings. Maintenant des gens pisent partout, répandent des ordures et volent ce qu'ils peuvent entre deux trafics, exclus par le confinement ou le couvrecouvre-feu des petits boulots au noir qui en faisaient survivre une part. Le marché des biffins, les soupes populaires montrent la précarité qui s'accroît. Et que rien n'arrêtera car les nouveaux arrivants sont toujours plus nombreux, sans que l'on tarisse les raisons de leur venue ici et pas au Portugal ni en Russie, au Japon, en Australie et bien d'autres pays dans lesquels ce ne sont pas les administrations déléguant à des associations le job des autorités qui gouvernent à la place des ministres, où même si un migrant y arrive, il ne peut pas y rester. Nous avons accepté par laxisme l'inacceptable et nous ne savons pas nous remettre en cause. Il y a une sorte de droit acquis à l'erreur maintenue dans notre pays. Nos technocrates ne se déjugent jamais. Au mieux ils ajoutent une nouvelle erreur. Entre parenthèse, essayez d'entrer illégalement dans un pays africain, en Russie ou en Chine et de vous maintenir illégalement en arrivant en touriste et de travailler au noir ou en percevant des aides. Curieusement ici, c'est tout à fait possible. Qui va l'évoquer ? Voilà au passage une idée pour une émission de téléréalités.

On a oublié aussi que la Police municipale avait déjà existé autrefois et qu'elle avait été absorbée par la Police Nationale par la suite. Donc on recommence. Nos énarques nous expliquent que lorsqu'une loi est appliquée par 80% de la population, c'est un bonne loi. Dans les 20% restants, quelques pourcents sont insupportables et usent de toutes les facilités que la loi pénale et les lois sur la migration et avantages sociaux, usurpés ou pas, leur donnent dans la pratique. La bonne vieille communication pédagogique, genre: ne jetez pas vos cigarettes par terre, puis la dissuasion du type: vous êtes susceptible de vous faire verbaliser, n'ont aucun effet contrairement à ce que l'on cherche à faire croire au 80% de la population qui se comportent normalement mais qui ne sont plus dupes du fait qu'on leur fait supporter celui des 20 % de réfractaires dont 3 à 4% de jean foutre et de malhonnêtes professionnels ou par nécessité. Là où ces derniers sont concentrés, c'est simplement inacceptable.
Le conseiller municipal adjoint au Maire en charge de la sécurité a fait une allocution de clôture de cette réunion pour dire qu'il comptait sur la loi "Sécurité Globale" pour donner plus de moyens juridiques à la Police Municipale qui aujourd'hui n'a pas le droit de contrôler l'identité d'un contrevenant et ne dispose d'aucune possibilité de coercition. Mais nous savons que le Conseil de Paris ne souhaite pas qu'elle soit armée. Là encore on nous fait le coup de la partie de bonneteau. La Police Nationale est submergée et avec la Police Municipale vous allez voir ce que vous allez voir. Pourquoi les textes vont lui donnet le pourvoir d'embastiller les délinquants et dissoudre les organisations militantes de la contre société qui les soutiennent au nom du dogme des droits de l'Homme de nuire impunément ? Lorsque vous sortez de ce genre de réunion où on a cru que les habitants venaient pour faire leur psychothérapie, vous souhaitez le rétablissement des galères et de la peine du carcan. Après tout, la rue du Poteau est dans le quartier. En plus, c'est à tous les points de vue écologique. Encore que les anti-spécies protesteront contre l'utilisation du cuir pour le tambour rythmant les coups de rame. Compte-tenu de notre perméabilité à la bêtise, ce serait un obstacle jugé pertinent et dirimant. Thiers reviens ! Plus sérieusement il faut remettre à plat la législation pénale et la procédure pour permettre une sanction certaine, prompte et effective tout en remettant en cause le dispositif actuel d'accueil des migrants et le modèle social qui va avec. Le courage politique est devenu une obligation et ne peut plus rester un programme électoral. Il ne suffit plus de faire entendre aux parisiens du Nord de Paris les voitures de Police passer en faisant pin-pon.
D'autant plus que le secteur est une zone d'achalandage qui semble prendre de la valeur comme les rixes entre les bandes pour la prise de contrôle du fameux espace public à se réapproprier le démontrent. La bienpensance n'a pas de solution conforme à ses principes pour proposer des solutions aux problèmes dont ils sont les causes. Il est temps que ces consciences fassent leur autocritique, remettent en cause leur idéologie et proposent des réponses aux défis qu'elles ont construits depuis cinq décennies d'angélisme politique, social et culturel.

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