Oct
26
Jean-Claude Bächlin est décédé.

J'ai appris la nouvelle ce vendredi 23. J'avoue avoir été incapable de la gérer depuis. D'abord parce que je savais qu'il avait une résidence en Dordogne, que je passais par Brantôme régulièrement chaque été et que naturellement j'avais une pensée pour lui toujours avec le sourire en me souvenant d'excellents moments en sa compagnie toujours affable et pleine d'humour , mais partagé entre l'envie de le revoir et celui de ne pas le déranger je me sentais un peu un intrus à venir en quelque sorte en opportuniste du souvenir des temps heureux. C'est ainsi que je ne l'ai pas revu depuis qu'il a quitté ses fonctions, sauf à l'occasion d'un pot de l'amitié mémorable lors du départ à la retraite d'un collègue, Aimé Crémades, dernier d'une génération réfractaire aux normes injustifiables et à l'informatique. Pour ceux qui n'ont pas connu au Palais de Justice Jean-Claude Bächlin, je rappelle qu'il a été Secrétaire-Greffier puis Premier Secrétaire Greffier au Tribunal de Commerce de Paris en binôme avec son collègue et je crois ami VIDAL. C'était le bon temps où l'informatique ne dictait pas sa loi et où il régnait une confiance inébranlable entre les magistrats consulaires qui étaient très souvent encore des patrons d'entreprise, les avocats habituellement présents, et les greffiers. Nous faisions les « jours» et « renvois ordinaires » contradictoirement avec les secrétaires greffiers avant les audiences. Il y avait deux fois plus de procédures et nous sortions des audiences deux fois plus tôt. Cela fonctionnait très bien depuis très longtemps et puis un jour l'équivalent d'un énarque a trouvé tout cela d'abord suspect, ce qui était faire injure à tous et anormal au regard du code de procédure civil, ce en quoi il avait raison. Bien sûr tout le monde s'est adapté y compris à l'informatisation du suivi des procédures. Cela se fît d'autant plus facilement que la bonne humeur sous l'égide de Jean-Claude Bächlin était la règle ce qui ne l'empêchait pas d'être rigoureux, d'une honnêteté sans faille comme d'ailleurs tout le personnel du greffe, et qu'il savait parfaitement faire remarquer qu'il n'était pas question de lui marcher sur les pieds. J'ajoute que c'était aussi un bosseur et que les piles de procédures ne lui résistaient pas. Merci Jean-Claude de me laisser un bon souvenir qui m'accompagne souvent. Nous perdons des personnes que nous ne cessons pas d'aimer et ils ne cessent de nous accompagner. Nous les retrouvons au détour d'une blague, d'un sourire, d'un regard sur le monde, d'un voyage en Alsace dont il était originaire, d'un détour dans le Périgord qu'il affectionnait,nous nous souvenons d'un geste, d'une réplique, d'une attitude, d'un comportement qui nous guident, nous servent de références, de comparaison dans une situation donnée. Moments d'émotion , de joies aussi. Jean-Claude est de ceux-là. Je ne dis pas "était" parce que tout simplement il est de ceux qui ne nous quittent pas tout simplement, même partis.

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA