Jan
26
Justice, pénitentiaire, il n'y aura pas plus de moyens. Donc changeons de méthodes et plus compliqué, de mentalité , abandonnons les postures, ce sont en fait des impostures.

Il faut arrêter de réclamer plus de moyens, il n'y en a plus. Le budget est déficitaire et la dette accumulée chaque année depuis 40 ans pour les seules dépenses de l'Etat est abyssale. Et ça ne sert à rien de déshabiller Paul pour habiller Jacques. L'action publique n'est pas une partie de bonneteau. C'est simple, tout le monde le sait et pourtant même notre profession qui se présente comme une élite de la nation reste dans la posture du toujours plus. C'est totalement contre-productif car cela conduit à empêcher toute remise en cause, y compris des grands corps de l'Etat mais aussi des corps intermédiaires. C'est absurde parce que nous ne pouvons pas payer plus d'impôts et de prélèvements sociaux sans que ce soit confiscatoire mais aussi déresponsabilisant pour les services de l'Etat tout en ruinant et démotivant le secteur privé. C'est d'autant aberrant que des solutions pragmatiques sont connues. Pour la Justice, la réforme du droit du travail, nous le constatons, assèche le contentieux et donc les rôles des juridictions. La sécurisation des rapports sociaux ferme la porte aux recours judiciaires puisque notamment la solution indemnitaire est fixée, mais aussi, reconnnaissons-le parce que la demande en justice est encadrée et doit être motivée , ce qui arrête de transformer la procédure Prud'hommale en jeu à gratter.
Cela durera tant que les avocats ne demanderont pas à la jurisprudence de travestir les textes et tant que la Chambre sociale arrêtera de se prendre pour le législateur pour répondre à une vision dogmatique et politique du monde du travail. Ce qui lui est d'autant plus accessible qu'elle ne le connaît ni d'Eve, ni d'Adam. Et pour cause, les magistrats quittent l'université pour entrer à l'ENM et en sorte pour entrer dans leur carrière. Tout le monde s'accorde d'ailleurs pour considérer que c'est imbécile mais rien n'y fait. Évidemment que là aussi une réforme de fond doit être engagée. Aucun magistrat statuant en droit du travail ne devrait pouvoir le faire sans avoir été au moins pendant 10 ans, DRH dans une entreprise de 50 personnes ou une PME de 200 salariés. Évitons les chefs de service des Banques et autres grandes entreprises, il faut des personnes qui savent au quotidien ce que mettre les mains dans le goudron veut dire. Bien entendu il doit en être de même pour toutes les branches du droit . Celui des sociétés par exemple ne seraient pas devenu aussi bêtement complexe. Etc...
Disons que ce que nous réclamons pour les magistrats nous le faisons également pour les membres des Cabinets ministériels.
Reste que si les juridictions sont débordées en matière commerciale ou civile, c'est totalement de leur faute. Si les dommages-interêts alloués n'étaient pas aussi minables pour réparer les préjudices, les parties à un litige transigeraient plus par crainte de lourds dédommagements. Le plus bel exemple est dans le domaine de la violation de la vie privée par des organes de Presse. Si les dommages et intérêts étaient élevés, il y a longtemps que ces périodiques auraient cessé ces délits civils.
En matière pénale, la sanction doit être prompte, certaine et effective, avec une tolérance zéro. Les incivilités impunies sont le terreau de la petites délinquance. Une arrestation immédiate  avec comparution devant un OPJ qui fixerait l'amende après un contrôle d'identité avec à défaut de règlement des jours amende de prison  est indispensable pour endiguer la montée des comportements asociaux. Nous ne sommes pas dans un État de droit mais dans un État de déliquescence. Il faut avoir le même regard sur la situation des prisons. Constatons que 75% et plus de nos concitoyens veulent qu'il en soit construit davantage. Si elles doivent être mieux entretenues, personne ne comprend que ce travail ne doit pas être réalisé par les prisonniers. La contraire est simple: vous ne voulez pas le faire, votre détention s'allongera d'autant. La contre-partie en cas de bonne volonté peut être aussi un raccourcissement de la peine. En plus une formation spécifique pourrait-être dispensée. Tout cela est plus une question de volonté que de moyens. Des partenaires économiques répondraient certainement à une demande de participation à une reinsertion par un encadrement dans les prisons s'ils y trouvaient une valorisation de l'image de leur entreprise ou de leur institution. Nous avons tout un mouvement de retraités à travers tout le pays, qui se dévouent pour apprendre à lire à des élèves en difficulté,  nous en trouverions certainement pour former des détenus pour leur apprendre à peindre ou monter un mur. Évidemment il faut spécialiser les lieux de détention en fonction des peines, des problèmes de santé mentale, et mettre fin à un tabou, en reconnaissant que la prison est aussi nécessaire pour protéger la société. Ce qui veut dire que les plus dangereux des prisonniers doivent y rester. Je sais que ce n'est pas politiquement correct mais il va falloir reconnaître que les exemples étrangers doivent être pris en considération sur les méthodes à envisager pour nous moderniser et surtout nous adapter à une société nouvelle dont la délinquance et leurs auteurs ont changés par rapport à ce qui était il y a 40 ans.
Nous n'avons pas plus de moyens. Changeons de mentalité ! Et arrêtons de nous abriter derrière des principes pour justifier nos blocages et notre incompétence à simplement vouloir faire. Et en particulier restaurons l'autorité de l'État. Force doit rester à la loi. Ceux qui veulent la lui contester doivent savoir qu'ils le font à leur risque et péril. Ce qui implique que les policiers et les gendarmes doivent utiliser des caméras portées et des caméras embarquées. Acceptons de ne plus contester a priori les missions régaliennes de l'État et les décisions concrètes sur le terrain pour les accomplir. A défaut nous suiciderons notre démocratie.

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