Jun
05
La CNBF autonome ?

Sachant que les réserves de la CNBF sont de 34 ans pour la retraite de base et de 24 ans pour la complémentaire et que la durée moyenne de service des pensions est de 16 ans, la Caisse "confisque"-t-elle la différence à ceux qui ont cotisé. Soit 1 euro sur 2 pour la retraite de base et 1 euro sur 3 pour la complémentaire ?

Vrai et faux. 

FAUX parce que les réserves qui permettent d'assumer le service des pensions ne sont pas constituées en capital mais en flux financier. C'est en fait une projection d'actuaires. Grosso-modo, je crois avoir lu qu'en capital les réserves sont de 2,2 milliards d'euros. Si nous répartissions cette somme entre 70 000 avocats en exercice et 14 000 confrères en retraite, au prorata de leurs droits respectifs constitués par leurs cotisations, la somme revenant à chacun serait dérisoire pour les uns et faible pour les autres.

Bien sûr, une partie des cotisations versées sont soumis à une répartition conséquente au profit d'autres caisses de retraite déficitaires, au titre de la solidarité. Amputées de cette ponction non négligeable, les cotisations des avocats sont soumis à des règles prudentielles de gestion imposées par l'autorité du tutelle. En clair il semble que la CNBF n'a pas de latitude pour fixer d'une part le montant de la retraite de base par répartition résultant d'un calcul aux bases imposées et pour son indexation également déterminée par le pouvoir réglementaire. Par ailleurs, il apparaît que le choix des placements n'est pas libre. Les investissements sont orientés aussi selon des objectifs d'intérêt général qui doivent satisfaire aux besoins d'acteurs économiques. Ce sont là aussi des choix politiques.

Autrement dit l'autonomie de la Caisse est principalement administrative en ce qui concerne la retraite de base par répartition sous pression de l'état actuel économique de la profession.

VRAI, mon propos est vrai parce que les réserves constituées sont disproportionnées par rapport à l'objectif à atteindre. Si la CNBF est sous contrainte pour ce qui concerne la retraite de base par répartition, il n'en est pas de même pour la retraite complémentaire par capitalisation. Ce qui mérite une remise en perspective de l'usage des réserves face à l'augmentation depuis plusieurs années des prix du contenu du caddie du supermarché, l'augmentation générale des matières premières et donc de tous les prix. Il y a aussi la perspective annoncée par tous les économistes et les responsables financiers du retour à l'inflation, souhaitée par les politiques afin de rembourser la dette publique.

La profession s'emparera-t-elle globalement du sujet d'une réelle autonomie de sa Caisse de Retraite en responsabilité au lieu de se contenter de s'opposer à la réforme de la retraite de base par points ?

En attendant, la CNBF ferait bien d'user de sa fragile liberté. Elle pourrait ne pas durer.

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