Aug
28
La fiscalité piégée.

Le gouvernement va enfin se pencher sur la question des impôts sur la production des entreprises qui sont dûs avant même qu'elles aient généré le moindre bénéfice, voire un chiffre d'affaires. En bonne logique, ces impôts devraient être supprimés. Mais l'État a besoin de beaucoup trop d'argent pour soutenir son effort constant d'inefficacité. Nous pouvons seulement espérer que ces impôts soient réduits. Nos politiciens qui n'arrivent plus à gouverner une administration statutaire, pléthorique et autonome ne pourront pas ralentir la hausse du budget de l'État, sans parler du coût de la pandemie et du plan de relance. Il faudrait que nos impôts de production soit au moins au niveau de ceux de notre principal partenaire économique, l'Allemagne. Il est peu probable que ce soit possible en considération de notre énorme déficit chronique budgétaire accumulé depuis 1974. Mais il faut redresser impérativement notre balance commerciale dont le deficit s'aggrave tous les ans depuis 16 ans sans interruption. Donc il faut donner une meilleure compétitivité à nos entreprises en baissant le montant des impôts lorsqu'ils sont supérieurs à ceux de leurs concurrents étrangers. Évidemment ce problème de prix ne sera pas résolu tant que les prélèvements sociaux ne s'aligneront pas sur ceux subis par cette même concurrence. Pour l'instant nous sommes depuis des lustres, plus chers, pas meilleurs et cerise sur le gâteau, notre capacité de service après après-vente est toujours jugée aussi désastreuse par nos clients. L'état de nos finances publiques ne permet pas de réduire un impôt sans en augmenter un autre. Aussi une idée lumineuse est parvenue à Bercy: augmentons la TVA. On pourrait passer son taux de 20 à 25 %. Sauf que dans la conjoncture actuelle avec la baisse de l'activité, la remontée du chômage, et les retraites dont le sort est incertain, l'épargne de précaution s'impose à nos concitoyens au point dit-on que le seul montant global des dépôts sur nos comptes bancaires s'élèverait à 100 milliards. Je ne vois pas qui arrive à épargner avec plus de la moitié des contribuables dispensés de l'impôt sur le revenu. J'aimerais que l'on m'explique, sachant que le salaire brut moyen est de 2 238 euros par mois en France. Le salaire brut médian étant de 1789 euros.
Après avoir été confinés et invités à ne pas prendre de risques sanitaires, nos concitoyens ont pris l'habitude de moins consommer des biens et de services. En plus les prix de l'alimentation ont augmenté, sans compter que le secteur marchand vendant moins tente de reconstituer ses marges en augmentant ses prix en général. L'inflation ressentie existe.
Augmenter le taux de TVA va forcément amputer le pouvoir d'achat des consommateurs et dans ce contexte bloquer les velléités de dépense. Or, la consommation est le seul ressort de la croissance du PIB en France. On voit bien que taper sur le consommateur avec une TVA à 25% ne va pas aider à relancer le marché intérieur bien au contraire. Une solution serait d'augmenter seulement la TVA sur les produits et services importés de pays sélectionnés situés hors de l'Union Européenne. C'est une fausse bonne idée car nous subirions des mesures de rétorsion me dira-t-on mais cela permettrait d'éviter de commercer avec des dictatures qui usent de procédés politiques, économiques, sociales et environnementales qui nous acceptons depuis bien trop longtemps. Cependant cette cible serait sans doute insuffisante fiscalement pour compenser une baisse suffisante des impôts de production et il faudrait l'accord de Bruxelles pour modifier les règles du marché unique, ce qui est un but inatteignable.
Donc, nous ne sommes pas sortis de l'auberge, mais les britanniques, eux, ne sont pas sortis du bois non plus. Sauf que les anglo-saxons savent faire des baisses de dépenses publiques structurelles et pas nous. Or la marge de manœuvre est uniquement là.

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