Mar
26
La généralisation de l'expérimentation des Cours Criminelles et les avocats honoraires.

La lutte hypocrite contre les Tribunaux Criminels départementaux devenus Cours Criminelles continue.  Les mêmes qui se sont insurgés contre la correctionnalisation des crimes ont hurlé contre l'expérimentation de la création de Cours d'assises sans jurés, et dotées de cinq magistrats professionnels, afin d'en finir avec une pratique injustifiable moralement.
Les mêmes qui ont dit pis que pendre des jurys se sont empressés de les porter aux nues, soudain symboles de l'incarnation de la démocratie et de la défense des droits de l'homme. Personne ne s'est aperçu que les Cours d'assises, statuant sans jurés pour leur sécurité en matière de terrorisme, fonctionnent très bien et n'a relevé qu'elles ne faisaient l'objet d'aucune critique. Les adversaires des Cours Criminelles compétentes pour statuer sur les faits de droit commun pouvant être punis de 20 ans de réclusion, ont alors argué que les viols ne pourront plus être jugés par des jurés puisque punissables, sauf circonstances aggravantes de tortures ou de meutre, de 15 ans de prison. Scandale. Mais aucun avocat n'a réclamé l'alourdissement de la sanction pour que le viol reste dans la compétence des Cours d'Assises avec jury.  Tartuffes. Et la compétence des Cours Criminelles sera peut-être seulement jusqu'à 15 ans de réclusion encourue, au lieu de 20, dans le cadre de la loi pour redonner confiance dans la Justice, dont le projet va arriver devant le Parlement, ce qui pour la répression du viol ne changerait rien, à la pertinence du fonctionnement acruel de ces Cours Criminelles sans jury. Depuis que l'expérience de la mise en place dans quelques ressorts de Cour d'assises des Cours Criminelles, je n'ai,ven effet,lu ni entendu de critiques sur leur fonctionnement ni sur les arrêts prononcés.  Mais le Garde des Sceaux, fort de ces résultats probants permettant de juger plus de crimes en supprimant l'engorgement que connaissent les Cours d'assises de fait même de la lourdeur de leur procédure, a décidé de généraliser l'expérience, étant entendu que les Cours d'assises avec jury demeurent pour juger les crimes punissables par plus de 20 ans de prison ou 15 ans si le projet est voté.
Nouvelle levée de boucliers d'autant plus critique que cette mesure intelligente a été prise par un ancien prestigieux confrère considéré comme passé à l'ennemi puisqu'il n'est plus une grande gueule de gauchiste en devenant un ministre responsable de la Justice.

Retenons la leçon de Raymond Aron. Avant de critiquer une décision, mettons-nous à la place de celui qui doit la prendre.  Il est insupportable d'entendre des démagogues dire qu'une mesure est inacceptable "par principe" en refusant celui de réalité et lorsqu'il est demandé quelle decision ils auraient pris s'ils étaient en responsabilité, les entendre en plus dire, qu'ils n'ont pas à répondre car ils n'ont pas demandé à être ministre.

Cela démontre qu'il faut cesser avec les jeux de rôles et les postures, car ce n'est qu'un consternant jeu de théâtreux en manque de popularité syndicale ou en recherche de la reconnaissance de leur ego par la bienpensance dictatoriale.

"Tuons l'ego" (Yourcenar) !

Bonne nouvelle, l'élargissement de l'expérimentation des Cours Criminelles départementales comprend la participation des avocats honoraires comme possible sans être majoritaire dans leur composition et cette bonne idée s'etendra aux Cours d'assises. Bien sûr le CNB et le Syndicat de la Magistrature hurlent et se roulent par terre car c'est le premier pas vers l'ouverture indispensable de la mission de Justice pénale à la société civile, qui ne se confond pas avec le rôle sporadiques des jurés tirés au sort, de plus en plus difficile à mobiliser.

Tout le monde sait que c'est le premier pas qui coûte et les magistrats voient avec ce projet la réforme de leur recrutement arriver.

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA