Jan
22
La profession bientôt à Rabat... joie !

Soyons clairs. Notre métier est victime d'un phénomène qu'aucun Bâtonnier n'a réussi à conjuguer. Personnellement j'en ai été le témoin et comme mes confrères, la victime. Et comme pour toutes les choses essentielles, notre profession a regardé ailleurs consciencieusement comme elle sait le faire dès qu'il s'agit de notre quotidien. Nos instances et nos organisations professionnelles préfèrent porter leur attention sur les droits de l'homme dans l'Ouzbékistan oriental plutôt que de l'absence de patère dans les toilettes des vestiaires au Barreau de Paris, par exemple. Alors que dire de ce mal insidieux qui agresse notre métier chaque jour un peu plus jusqu'à l'exaspération !  Évidemment,  ça n'intéresse pas les confrères qui se consacrent au "corporate"  ni ceux qui "font" du contentieux en croyant faire du judiciaire parce que leur secrétaire ou un collaborateur clique sur une souris. De ce fait ce que était une contrariété d'une large partie de la profession parce que le judiciaire était le coeur du métier est devenu un poids qui reste sur le seul dernier carré des avocats qui voient encore des magistrats et des juges. Mais force est de constater que même le puissant lobby des avocats pénalistes n'a pas résolu la question ni obtenu quoique ce soit pour trouver un début de réponse. Un temps, pour résoudre comme d'habitude les conséquences plutôt que les causes, les personnels du vestiaire à Paris contre une gratification nous apportaient un soutien logistique individuel qui a disparu avec le début de la baisse de fréquentation du Palais, il y a des lustres.  Au moment où la bonne idée d'un budget participatif aurait pu sur la suggestion d'un confère soumettre aux choix des avocats de Paris une étude scientifique, nous avons vu ce budget qui devaient servir uniquement au bénéfice de la profession, détourné rapidement au profit d'associations humanitaires ou des droits, sous prétexte de rayonnement du Barreau...
Je crois que dans la perspective de la recherche de la diminution des dépenses, le budget participatif va disparaître. Donc je lance un appel à notre Ordre. Il faut une bonne foi pour toute que l'on arrive à mettre un terme à un scandale qui pour être séculaire n'en ai pas moins insupportable.  Comment se fait-il que notamment à sa pliure sur le col de notre robe , qui repose, rappelons-le, soit sur notre cravate, notre pull, ou un chemisier, nos rabats se salissent ?  Il ne s'agit pas d'une problème métaphysique sinon le CNB s'en serait immédiatement emparé. Il s'agit de quelque chose de concret et comme tel, il appelle une réponse d'autant plus que ce rabat est, ne l'oublions pas, un symbole de pureté.
Il est inadmissible par conséquent de continuer, au 21ième siècle, époque scientifique s'il en fût, de continuer à taire cette contrainte et surtout de ne pas le résoudre en amont pour laisser la profession nettoyer honteusement dans un lavabo ou avec ses sous vêtements dans des lessives domestiques ce qui est de cet état de fait comparé à un bavoir, l'affirmation de notre loyauté dans le verbe à l'égard de la vérité et des magistrats. C'est catastrophique à la fois comme message projeté et pour le moral des avocats. Cela doit donc cesser.
Aussi je demande à notre Conseil de l'Ordre qu'il vote sans attendre le 1er Avril une résolution afin que notre Bâtonnier soumette à l'Assemblée Générale du CNB le vote d'une décision pour donner après appel d'offre sur un cahier des charges arrêté par une Commission ad'hoc à un laboratoire la mission de savoir pourquoi nom d'un petit bonhomme se salissent nos rabats et notre intégrité. Entendu, il m'a été rapporté qu'un colloque prospectif international déductible fiscalement se tiendra bien à Rabat...
Nous ne sommes pas à la veille de mettre sur le tapis la question du port de la robe. Les archaïsmes ont la vie dure.

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