Oct
04
La réforme des retraites, la CNBF et nous.

Nous avons beaucoup réagi après les premières lectures du rapport Delvoye puis sur les commentaires et des propos tenus par des parlementaires peut-être envoyés en mission commando pour nous sonder les reins. Je confesse être tombé dans le panneau en rédigeant un article le 10 août dernier, même si en le relisant, je ne le trouve pas si à côté de la plaque que ça. Soyons honnêtes:
"On n’est jamais mieux déçu que par soi-même." (Jean-Marie Poupart)
Sur des non-dits, des approximations et une perception floue d'une réforme qui objectivement paraît dans ses buts cohérente, j'ai participé au rassemblement des professionnels libéraux Place de l'Opéra. Là, les militants syndicaux des métiers concernés de toute part, ont monté un soufflé politique avec des arguments que nous avons tous en mémoire, et donc je ne vais pas en faire l'inventaire par charité due peut-être à un fond subsistant de civilisation chrétienne. En effet, las de voir de faux débats se répandre avec des analyses au niveau du triangle d'or de la pensée préférée de nos chaînes d'information, situé quelque part entre Gilets Jaunes, Verts- le nouveau Rouge, et Sud Rail, le Président de la République a pris la parole ce 3 octobre 2019. Ça s'est passé devant 600 personnes, salariées, artisans, agriculteurs, fonctionnaires, la Presse régionale et le Bâtonnier de Rodez, où la reunion s'est tenue, qui est une femme intelligente, dynamique. Elle a posé clairement les bonnes questions sur le sort de notre régime de retraite. La réponse du Président a été aussi claire:
Pas question de toucher aux réserves. Le taux de cotisation est à discuter. La profession aura 4% de moins de CSG. L'entrée dans le nouveau régime pourrait se mettre en place en 15 ans. Il a dit que le rapport actifs/retraités dans la Profession est tombé de moitié en 40 ans passant de 9 pour 1 à 4 pour 1. Il a ajouté que beaucoup de confrères quittaient le métier dans les 10 premières années, souvent des femmes. Notre régime n'a pas d'avenir certain. Beaucoup de revenus dans notre profession sont bas et beaucoup de femmes dans notre métier sont les premières en charge de l'aide Juridictionnelle. Qu'il y avait un problème d'inégalité au détriment des femmes dans l'exercice de notre métier. Ajoutons pour prendre la mesure du côté inadmissible des déclarations du Président de la République qu'il a dit que toutes les simulations "C'est de la flûte" parce que la définition de la valeur du point n'est pas fixée. "On va en discuter aussi". Et cela jusqu'en janvier. Horrible.
Pour terminer, je me souviens qu'il a dit aussi que les droits acquis ne seront pas remis en cause. Tout cela est clairement inadmissible. D'autant qu'il a osé faire la comparaison de l'évolution de notre démographie professionnelle avec celle des agriculteurs dépendants aujourd'hui pour leur retraite de la solidarité nationale. Nous allons redescendre dans la rue. Personnellement, j'ai bien aimé la Place de l'Opéra..
En effet, tout aussi clairement, les réactions militantes sur twitter sont sans équivoque: "on ne lâchera rien". La profession ne se remettra pas en cause. Elle ne s'interrogera pas sur ses modes d'exercice, ni sur son futur, son statut social et sa pérennité de son modèle économique. L'appel à l'immobilisme face à l'innovation technologique, la concurrence et la nécessité de l'excellence que même les chauffeurs de taxi ont maintenant compris, est en marche. Lors des derniers États Généraux de la Profession, les absents étaient les gros Cabinets. Ceux qui ont pris la parole ont défendu un avocat qui n'existe déjà plus. L'idée d'une adaptation de notre profession à un nouveau mode de production n'est même pas envisagée alors que les médecins, qui sont réputés pour leur conservatisme, ont sauté le pas des nouvelles technologies du 21e siècle.
"La réforme des retraites, c'est une réforme aussi de notre rapport au travail et son organisation." Il est évident que le message est révolutionnaire.
Je connais la réponse de nos militants politiques des forces de progrès:
"Tous ensemble, tous ensemble, tous !" contre tout ce qui bouge.
Je n'oublie pas que qu'ils se sont battus depuis 1976 contre le divorce sans juge, entre autres choses, notamment et pas seulement.
Qu'ils ne s'y trompent pas: je les aime bien nos opposants militants pour leur intérêt général à l'immuabilité. Nos institutions aussi. Et ça n'a rien de condescendant. C'est bel et bien le sort de notre métier qui est en jeu.

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