Jul
19
La réponse de Gutenberg à la dématérialisation...

Nous avons vu que l'accès à la justice est de moins en moins gratuite mais la dématérialisation est un moyen également de transférer la charge de son fonctionnement sur le barreau et en définitive sur les justiciables. Non seulement l'accès à chaque plate-forme d'échanges dématérialisés est payant mais en plus les travaux qui relevaient de la compétence des greffes comme la saisie des données tendent, si le barreau ne bouge pas, à incomber matériellement aux avocats.

En plus la dématérialisation n'empêche pas la nécessité d'adresser un dossier de plaidoirie aux magistrats ou juge sur support papier, sachant que les greffes des TGI n'impriment pas les conclusions récapitulatives des parties. En plus les magistrats et les juges voient dans la dématérialisation qui est un moyen de communication un procédé pour fixer un calendrier leur permettant de ne plus venir au Palais ou au moins d'alléger les audiences de mise en état.

Il y a un moment où il faut prendre un peu de recul et se poser les bonnes questions en n'oubliant pas les fondamentaux: Les juges doivent dire le droit, assurer la mise en état, et les greffes ouvrir les dossiers et tenir à jour les minutes. en se rappellant la réponse de Gutenberg à Mac Ulhan...surtout en songeant que ce que les greffes et juges ne font plus est à la charge de nos Cabinets. C'est un tour de passe-passe à nos dépens...non compris dans l'article 699 du CPC !

Commentaires

C'est avant tout une question de cout des rames de papier et des cartouches d'encre.

Je crois que c'est plus que cela. Jepersiste et signe : Les greffiers ne veulent plus faire les saisies des données, les magistrats et juges souhaitent ne plus tenir d'audience et veulent se décharger de la mise en état des procédures sur les avocats. Les juges ne disent plus le droit: ce sont aux avocats de le faire. L'arrêt Cesareo prouve que les magistrats ne veulent plus s'encombrer des notions de causes et d'objet. Je ne me pose pas la question de savoir "Ou va-t-on ?"; je réponds: "on y est" !

Vous avez très bien observé l'évolution des choses et compris que jamais, je dis bien JAMAIS, les avocats n'ont été soumis à une telle pression !

Merci du compliment. Cependant il semble d'une part que les Ordres et le CNB n'en n'ont cure et que même individuellement les confrères sont peu réactifs. Savez-vous ce qui rend les avocats si frileux ?

Vous avez raison. Nous nous faisions la même réflexion ce midi avec mon associée.

Pire encore (si c'est possible...) : les délais et les écueils "Magendie" de tous ordres qui vont faire exploser le contentieux.

Là encore, le CNB s'en fout... Or, ce qu'a fait un décret de m..., un décret peut le défaire.

Bon le constat étant fait devons -nous imaginer que rien ne changera tant que l'un des membres du barreau prenne un fusil d'assaut et tire dans le tas au milieu d'un Palais de justice ?

Je vois déjà les réactions :

-"Ben, qu'est-ce qui se passe ?..."

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