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La sélection, naturelle et économique.

La sélection est un vilain mot. Évitons de noter. Gros débats au sein de l'Éducation nationale et plus de 80% d'élèves obtiennent le Bac.
Depuis des lustres, la médecine se bat contre la sélection naturelle. La peste, le choléra, la grippe espagnole sont restés dans les mémoires comme d'atroces fléaux. Les progrès de la science ont prolongé notre durée de vie en bonne santé et encore plus proportionnellement en mauvais état. La vaccination et l'hygiène nous ont mieux protégé. La sélection naturelle ne concerne plus que le monde aminal. De plus en plus de personne naissent avec des pathologies congénitales que l'hérédité permettra de transmettre aux générations à venir. Là on approche des tabous. Sauf que les progrès de la science permettront de traiter les maladies génétiquement transmissibles.
Capables d'une plus grande rapide adaptation nous sommes en voie d'éradiquer le monde animal. Reste le monde végétal qui doit subir comme nous-mêmes, les catastrophes naturelles auxquelles toutefois il n'a aucune possibilité d'échapper. Ce qui fait toute la différence. Reste que chaque tempête et autres cataclysmes sont régénérateurs de la flore. La sélection naturelle de la faune, peu importe les causes, permet son adaptation, son développement et ceux de son patrimoine génétique. Nous nous sommes libérés de cette condition. Il reste une forme de déterminisme social que la période d'absence de croissance affirme. Mais si la tempête fait tomber les branches mortes, les arbres les plus faibles et nettoie l'air, qu'en est-il pour nous des effets d'une crise économique ? La pandémie du Covid-19 arrête l'activité. 1 milliard d'humains sont confinés. Ils ont reçu des consignes strictes de ne pas se déplacer et beaucoup n'ont pas accès au télétravail et cette pratique pour d'autres activités n'est d'aucun secours. Beaucoup de professionnels libéraux qui travaillent habituellement 10, 12 voir plus d'heures par jour, plutôt six jours sur sept que moins, n'ont pas voulu se doter chez eux du matériel informatique qu'ils possèdent à leur bureau afin de scinder clairement leur vie professionnelle et leur vie privée. Il y aussi des activités intellectuelles pour lesquelles le télétravail est sans intérêt. Ils ne peuvent pas déménager leur dossiers sans compter que la poste (qui "passe toujours" -Wells & Fargo) fonctionne quasi normalement. Et, aussi soyons honnêtes., tout le monde n'est pas éligible à travailler en ligne de chez soi. Discipline et autonomie, compétences qui le permettent ne sont pas toujours au rendez-vous. On ne peut pas, me dit-on, vérifier en permanence que le travail est fait et surtout bien fait. "Déjà qu'en étant au bureau on y arrive difficilement." De toute évidence, le concret des PME et les visions ministérielles ne naviguent pas dans les mêmes considérations.
Il a été dit également que l'activité économique ne devait pas s'arrêter. On est arrivé à un stade où les ministres sont en contradiction. Le Président et son ministre de la Santé appelle au confinement et à la responsabilité de chacun pour ne pas sortir de chez soi, le PM et ministre de l'économie laissent à penser que ceux qui pouvaient continuer à travailler ne bénéficieront pas du chômage partiel et que les entreprises qui n'étaient pas interdite d'activité n'auront à s'en prendre qu'à elles. Comme le dit le journaliste économique Pascal Perri, tout le monde va payer directement ou par l'impôt, voir deux fois, les conséquences de la pandémie.
Autrement dit, si nos concitoyens vieillissants sont placés en maison de retraite, va-t-on créer des EPADH pour les canards boiteux de l'économie qui ne subsistaient que dans des situations précaires ? A travers Paris, vous pouvez voir des magasins fermés et barricadés dans la craintes de pillages et sur les raisons sociaux la peur de mettre, contraints et forcés, la clé sous la porte, exprimée par beaucoup de petits entrepreneurs parmi lesquels des professions liberales qui n'ont pas la trésorerie suffisante pour un arrêt d'activité de deux mois, délai que la loi de sécurité sanitaire annonce.
Que va-t-il se passer ? La BCE, l'U.E. et ses membres, vont-ils donner à chacun des aides, les entreprises en difficulté pourront-elles survivre avec le seul report d'échéances ? Va-t-on une nouvelle fois injecter de l'argent dans le réseau bancaire pour sauver les Établissements financiers au lieu d'aider leurs clients à payer leurs dettes et leurs prêts ? Comment résorber l'inflation vénézuélienne que générera immanquablement la manne financière ?
Corrélativement les taux vont remonter et étrangleront les finances publiques.
On ne pourra pas sauver tout le monde. Mais qui seront les sacrifiés et dans quelles conditions au bout de la récession ? Les secours économiques arriveront-ils assez vite pour faire la jonction avec la reprise ?
Sachons que nous n'accepterons pas une sélection par les effets du confinement. Sous aucune forme. Que ferons-nous ?

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