Aug
04
La valise, CDG et Air France.

Un voyageur me raconte qu'il a voulu participer à une croisière autour de la Corse au mois de juillet. Embarquement prévu à Nice, vol Paris / Nice avec une arrivée tôt en fin de matinée pour permettre un test PCR avant de quitter le quai à 19h30. Sauf que sa valise en soute n'est pas arrivée avec son avion. Reclamation, déclaration de perte faite sur l'une des trois bornes digitales en ligne à côté des tapis roulants des bagages. Comme quoi, ils ont l'habitude. Renseignements pris, tous ceux qui ont l'habitude de prendre l'avion depuis CDG disent tous la même chose: les bagages s'y égarent régulièrement. J'imagine que l'ADP a ses statistiques et que les responsables peuvent communiquer dessus. Reste qu'il est incompréhensible pour le client lambda de comprendre alors qu'il s'est enregistré avec son bagage, que celui-ci muni de son code barre est également scanné et parti sur le tapis roulant à CDG, il ne se retrouve pas dans la soute de l'avion. On peut penser que le nombre de valises n'est pas vérifié au chargement et que les bagages ne sont pas à nouveau scannés au moment de les mettre en soute. Déjà en cela, alors que l'on nous bassine avec les mesures de sécurité dans les aéroports, on peut, je crois, assez légitimement se poser des questions. En interrogeant un opérateur sur le tarmac, on apprend que pas mal de bagagistes devraient être virés parce qu'il y a un lot assez conséquent de "couleuvres" titularisées et syndiquées qui ont tendance à considérer les intérimaires que l'ADP est obligé d'embaucher pour résoudre la question de la productivité, comme leur substitut, en conséquence de quoi, ils se demandent bien pourquoi ils feraient autre chose que semblant de bosser. Raison pour laquelle, par exemple, des bagages de Cabine qui doivent passer en soute au moment de l'embarquement reste en plan. Donc, qu'une valise reste coincée quelque part ou tombée ailleurs, "qu'en n'a à foutre, hé bouffon". Reste qu'il semble qu'ADP a enfin eu le courage de commencer à en virer quelques uns. Résultat, sous prétexte de protocole de sécurité sanitaire et l'effet des congés annuels sur les effectifs, les titulaires restant déjà peu pressés, sont dé-bor-dés comme des dockers sur le port de Marseille. Et ADP, qui recherche en cette période de pénurie de ressources d'activité à faire des économies, n'a pas l'intention visiblement d'embaucher les intérimaires qui faisaient le boulot avant le Covid.
Mon passager d'Air France me raconte que son vol s'est parfaitement déroulé, l'équipage a vraiment été aux petits soins pour leurs clients. Impeccable aussi au retour. Quelque chose a changé en beaucoup mieux dans notre Compagnie nationale aérienne. Cela m'a été confirmé sur d'autres lignes. Bravo !
Air France a retrouvé la valise égarée qui était restée à CDG. Il y avait largement le temps de mettre le bagage dans les deux vols suivants. Mais non, et personne ne peut expliquer pourqoi. Finalement la valise arrive à l'Aéroport de Nice à 18 h. Et là, personne n'est disponible pour faire parvenir le bagage au Port avant 19h30 , soit 20 minutes de trajet. Personne. On est bel et bien en France.
Je vous la fait courte, il a fallu remonté dans la hiérarchie d'Air France grâce à l'agence de voyage, pour que la valise soit livrée à Bastia le lendemain au lieu de Bonifacio trois jours plus tard. Mais là encore, alors que la valise est arrivée à Bastia à 14 h, personne n'était disponible pour la faire parvenir à 23 km de là, soit 25 mn de voiture, à Saint-Florent alors que le navire devait quitter le quai avant 17 h.
Là encore, la hiérarchie a dû intervenir pour que ses troupes se bougent, à moins qu'un protocole, aux nomes ISO ou autre, soit la cause de cette inertie. En tous les cas, je constate qu'Air France a fait le job.
Le coût pour Air France du défaut de sérieux dans l'efficacité de l'ADP au départ ne doit pas être léger. J'imagine que CDG est assuré, ce qui doit avoir des incidences sur le coût des taxes aéroportuaires. Parce qu'en définitive, c'est le client sous une forme ou une autre qui paie.
Et le voyageur de terminer son récit aérien ainsi: " Au retour, une heure passée de retard au décollage de Nice pour Paris. Les deux vols suivants décalés davantage sont arrivés simultanément beaucoup plus tard à Nice. Il y avait officiellement un retard accumulé du fait de l'encombrement de CDG consécutif aux départs en vacances, avec tout de même deux fois moins a minima d'avions qu'avant le Covid... Donc, à l'arrivée, CDG a envoyé mon vol se garer au bout des pistes. Nous avons attendu 20 minutes pour avoir une passerelle puis les bus. Ils nous ont lâché le plus loin possible dans le terminal F2 qu'il a fallu parcourir sur toute sa longueur"
Bien sûr, il y a certainement des explications à ces déconvenues. Reste à savoir si elles n'ont pas leur source dans un état d'esprit et quelle est la part des problèmes connus qui relèvent des ressources humaines sur les pistes. En tout état de cause, tout cela milite pour la privatisation d'ADP. Le souci du rendement et de l'efficacité va de paire avec la responsabilité de ses fins de mois. De toute évidence, les intérimaires payés en fonction de leurs missions et donc de leur sérieux pour être à nouveau requis, sont ceux qu'il faut faire travailler. Partout, les statutaires doivent être virés. Le cadre salarial n'est plus adapté pour répondre à l'exigence d'efficacité. Seul les auto entrepreneur ou les professionnels libéraux cochent toutes les cases. En attendant cette révolution libérale, qu'ADP choississent au moins de faire travailler ceux qui font leur preuve au boulot. Ils existent, ils sont intérimaires. Seule la précarité fait travailler.

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